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Le vent se lève
19/03/2012 - 01:51

Le vent se lève

Roger Federer numéro un mondial dans les six mois? C'est plus que jamais une hypothèse crédible. Depuis septembre 2011, le Suisse a remporté pas moins de six titres et il a engrangé beaucoup plus de points que Djokovic et Nadal. Et il en aura beaucoup moins à défendre d'ici l'US Open…

Novak, tu ne sens pas comme un souffle sur ta nuque? Ce n'est pas encore une bourrasque. Juste une petite bise de printemps. Fraiche et pas encore trop désagréable. Mais d'ici la fin de l'été, la tempête pourrait gronder. En tout cas, le vent est en train de se lever au sommet du tennis mondial. Il est, surtout, peut-être, en train de tourner. Bien sûr, Djokovic est encore un confortable leader, avec 2500 points d'avance sur Rafael Nadal et plus de 3000 sur Roger Federer après Indian Wells. Mais la lecture du classement ATP est aujourd'hui trompeuse. Nole est clairement sous la menace. Et, pour lui, le principal danger ne vient pas d'Espagne, mais de Suisse.

Cela peut sembler difficile à concevoir, dans la mesure où Djokovic a remporté quatre des cinq derniers tournois du Grand Chelem, que Nadal reste sur un titre et trois finales dans cette catégorie de tournois, alors que Federer, lui, n'a joué depuis deux ans qu'une finale, perdue qui plus est, dans les quatre majeurs. Seulement voilà, le classement ATP ne raisonne pas. Il calcule, un peu bêtement, sur 52 semaines. Point barre. Et Federer a beau n'être que numéro trois à ce jour, il est bel et bien un patron en puissance. A vrai dire, je ne serai pas du tout étonné de voir ce bon vieux "Rodgeur" trôner à nouveau tout en haut du classement. Son horizon, c'est l'US Open. Je m'explique.

En un seul tournoi, à Indian Wells, Federer a réduit de 25% son retard sur Djokovic. Il a marqué 640 points de plus qu'en 2011 (la différence entre une demi-finale et une victoire), le Serbe subissant un débours du même montant (-640). L'écart entre les deux hommes s'est donc réduit de 1280 points en une semaine. Il reste aujourd'hui 3320 points à combler pour le Bâlois. Cela peut sembler beaucoup. En réalité, c'est très peu si on considère ce qui attend les deux champions dans les six prochains mois. D'ici la fin de l'US Open, Djokovic va ainsi remettre en jeu 9320 points. Et Federer? 3540. Presque 6000 de moins. S'il veut et peut redevenir numéro un mondial, c'est au cours de cette période. Certes, il y a aussi Nadal. Mais le rapport de forces est semblable: plus de points pris par Federer depuis septembre 2011 et beaucoup moins à défendre d'ici septembre 2012.

Si l'on prend comme point de départ l'après US Open 2011, soit une période de six mois et demi, personne n'a autant scoré que Federer. Jugez plutôt (uniquement avec ceux qui ont cumulé plus de 2000 points):

1. Federer 5810 points
2. Murray 3200 points
3. Ferrer 3110 points
4. Djokovic 2740 points
5. Tsonga 2690 points
6. Nadal 2240 points
7. Berdych 2220 points

Au plan comptable, la force de Federer, c'est d'avoir engrangé de gros points sur les temps faibles (voire les temps morts) de ses deux principaux adversaires. Djokovic et Nadal ont peu joué pendant les trois derniers mois de 2011. Federer, lui, a réussi un carton plein au cours de cet automne, engrangeant 3000 points à Bâle, Bercy et au Masters. Ce dernier trimestre de la dernière saison risque de peser lourd à moyen terme. En pleine bourre physiquement, le Suisse a beaucoup joué depuis six mois: huit tournois, contre cinq pour Djokovic et Nadal. Et comme sur ces huit tournois, il a cassé la baraque (victoires au Masters, à Indian Wells, Bercy, Bâle, Rotterdam et Dubai, demi-finales à Doha et à l'Open d'Australie), il a creusé un gros écart. Ça ne veut pas dire qu'il sera numéro un d'ici septembre et encore moins à la fin de l'année, car il aura ces fameux 3000 points à défendre. Mais s'il garde un rythme similaire ou approchant au cours des six mois qui vont nous amener jusqu'à la fin de l'US Open, la première place est accessible. Il n'en a même jamais été aussi près depuis un an et demi.

Deux bémols, toutefois. Sur la période évoquée (septembre 2011 – mars 2012), il n'y a eu qu'un seul tournoi du Grand Chelem, la Masters Cup et trois Masters 1000. D'ici septembre, trois tournois du Grand Chelem sont au programme, plus six Masters 1000 (la moitié sur terre battue), sans oublier les Jeux Olympiques, eux aussi richement dotés. La seconde moitié de l'année glissante qui mène de septembre 2011 à septembre 2012 est donc beaucoup plus importante que la première. D'autre part, Federer n'a plus gagné de tournoi du Grand Chelem depuis deux ans. J'ai du mal à croire que sa (re)prise de pouvoir puisse ne pas s'accompagner d'une victoire majeure. Et, pour l'heure, même s'il est plus fort et plus constant qu'il ne l'a été depuis deux ans, il n'a pas trouvé le moyen de gagner sept matches au meilleur des cinq sets en quinze jours depuis janvier 2010. C'est un vrai problème. Une vraie limite. Il n'empêche. Pour l'instant, Federer tient la corde. Et pas sur trois ou quatre semaines, mais sur six mois.

Pour lui, retrouver le fauteuil de numéro serait tout sauf anecdotique. En cédant sa couronne au lendemain de Roland-Garros en 2010, il est resté aux portes du record du nombre de semaines passées à la première place mondiale. Il en  est à 285. Pete Sampras à 286. La reconquête du pouvoir après deux années (et même un peu plus) de vacance, à plus de 30 ans, ajouterait encore à sa légende.

Laurent VERGNE
twitter.com/LaurentVergne

 
 
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