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Roland-Garros, premier aperçu des têtes d'affiche
A moins d'un mois du début de Roland-Garros, après deux Masters 1000 très importants remportés par Rafael Nadal à Monte-Carlo et Rome, nous vous proposons de nous donner votre top 10 des joueurs susceptibles de marquer l'édition 2010 des Internationaux de France. Pour vous aider, voici notre sélection :
NOTRE TOP 10 DES JOUEURS SUSCEPTIBLES DE REUSSIR A ROLAND-GARROS
(Entre parenthèses les joueurs classés malgré l'absence ou le peu de résultats cette saison)
1. Rafael Nadal
2. Fernando Verdasco
(3. Roger Federer)
4. David Ferrer
5. Novak Djokovic
(6. Juan Martin Del Potro)
(7. Nikolay Davydenko)
8. Juan Carlos Ferrero
9. Stanislas Wawrinka
10. Robin Söderling
A suivre :
. Ernests Gulbis
. Jo Wilfried Tsonga
. (Gaël Monfils)
L'INEVITABLE
RAFAEL NADAL n'est pas encore invincible, mais ses performances à Monte-Carlo et Rome l'ont évidemment réconforté. Efficace en coup droit, quoi qu'en dise Ernests Gulbis, à l'aise en contre en revers, avec un jeu légèrement plus fluide et une première balle plus variée et plus puissante, Nadal a réussi un tournoi de Monte-Carlo parfait (14 jeux perdus seulement) et un tournoi de Rome tout en contrôle. Favori à Roland-Garros ? Bien entendu. Il faudrait une catastrophe, ou une nouvelle blessure à Madrid pour en douter. Et son choix de faire l'impasse sur Barcelone permet de juger de ses intentions : reconquérir Paris.
LES VALEURS SÛRES DU MOMENT
A force de les voir briller sur toutes les surfaces, on en oublierait que les Espagnols sont des terriens aguerris. Derrière un Rafael Nadal, qui redevient progressivement ce qu'il a été de 2005 à mai 2009, -le leader absolu sur terre battue-, on trouve aux premières loges : Fernando Verdasco et David Ferrer. Le premier a dit lui-même qu'il a réussi jusqu'ici la meilleure saison sur terre de sa carrière.
Après un début de saison frustrant, FERNANDO VERDASCO a connu deux défaites de suite devant Tomas Berdych à Indian Wells et Miami avant de lâcher enfin son formidable bras à Monte-Carlo et Barcelone. Avec deux défaites en 14 matches (face à Nadal à Monaco et Ferrer à Rome), il a prouvé à la fois sa valeur du moment et touché ses limites. Faire comme Nadal, c'est physiquement difficile, Fernando le confirme. Mais le gêner s'il reste en pleine possession de ses moyens, c'est possible. Avec un tableau favorable, il est pour l'instant l'outsider N.1 pour Roland-Garros.
DAVID FERRER est un cas plus difficile à cerner. Pendant quelques saisons, David a été brillant sur dur et plus laborieux sur terre. A Roland-Garros, il a connu autant de coups d'éclat (battre Gaston Gaudio en 2005) que de lourdes déceptions (se faire sortir par Robin Söderling l'an passé). Adepte d'un tennis épuisant pour lui comme pour ses adversaires, il lui manque juste un peu de puissance au service et un peu plus de facilité à la volée pour se mesurer avec les meilleurs. On a senti cependant cette saison qu'il pouvait donner encore un peu plus de volume à son jeu. De quoi étouffer n'importe quel joueur hésitant.
L'EXCEPTION
Laurent Vergne en a parlé ici (Questions pour un champion), ROGER FEDERER est dans l'expectative. "Je ne suis pas inquiet, juste impatient d'être au prochain tournoi pour pouvoir enfin enchaîner quelques matches", a-t-il déclaré après sa défaite au 2e tour à Rome devant Ernests Gulbis. Pour avoir décidé de faire l'impasse à Monte-Carlo, le Suisse a privilégié la fraîcheur au rythme. Et les Masters 1000 à Roland-Garros. Ce n'est pas nouveau, cela fait deux, voire trois saisons que cela dure et c'est assumé. Il faut donc attendre Madrid, où il s'était imposé l'an passé en dominant un Nadal épuisé et blessé pour faire le point. Le Suisse espère relancer la machine tranquillement à Estoril, comme en 2008 (il avait remporté le titre). Grande exception à la règle, à tous les niveaux, Roger Federer pourrait gagner Roland-Garros sans avoir bien joué sur les Masters 1000 de préparation.
PEUT MIEUX FAIRE
NOVAK DJOKOVIC : "J'espère bien faire un bon résultat à Roland-Garros". Venant de l'actuel N.2 mondial, cela semble peu ambitieux. Djokovic sait que ses résultats ne correspondent pas à son statut. A Monte-Carlo, tout allait très bien, avec des victoires de choix sur Stanislas Wawrinka et David Nalbandian avant ses défaites devant Fernando Verdasco (6-2, 6-2 à Monaco et 7-6, 3-6, 6-4 à Rome). Le Serbe, qui ne fait pas l'impasse sur Belgrade, a évoqué un problème d'allergie pour signifier ses contre-performances des derniers mois. Il estime cependant revenir en forme au bon moment. Djokovic est un joueur incontournable sur terre. On attend encore cependant qu'il livre un très grand match sur cette surface.
NE PAS OUBLIER
DAVID NALBANDIAN et JUAN CARLOS FERRERO ne sont pas cuits. Les "vieux", anciens éclopés, ont des réserves et leurs premiers matches sur terre sont prometteurs. Ferrero a prouvé en Amérique du Sud qu'il était encore un des clients les plus sérieux malgré un style de jeu plus académique. Nalbandian, qui revient après une opération à la hanche, va devoir travailler dur pour retrouver le rythme physiquement. Techniquement, il est toujours avec les meilleurs. Son compatriote JUAN MARTIN DEL POTRO n'a pas joué depuis des mois et pense à se faire opérer. Mais s'il se présente à Roland-Garros, sur son talent seul, il peut faire quelques dégâts. Idem pour NIKOLAY DAVYDENKO, en retrait après une fracture du poignet gauche.
ILS PEUVENT SURPRENDRE
ERNESTS GULBIS n'a peur de rien, et surtout pas du coup droit de Nadal. Après avoir bousculé l'Espagnol en demi-finale à Rome, après avoir atteint les quarts à Barcelone. Ce Letton au look et au jeu sauvagement « safinesque » a tout pour devenir la grosse cote du printemps : un premier service qui ne descend pas souvent en dessous de 200 km/h, un coup droit brutal, un revers en béton, et plus globalement, un excellent toucher de balle qui lui permet de varier son jeu et de conclure à la volée.
Comme Safin en son temps, il a également tout pour décevoir : une personnalité versatile (il est réputé pour son dilettantisme), et une impétuosité difficile à contrôler. Il y a deux ans déjà, à 19 ans, seulement, il avait fait forte impression à Roland-Garros (défaite en quarts face à Novak Djokovic). On n’avait quasiment plus entendu parler de lui ensuite, sinon lors d’une douteuse virée nocturne à Stockholm. «S’il se calme un peu, il sera difficile à battre», a rapidement analysé Nadal à Rome.
Si JO-WILFRIED TSONGA se calme, on ne le verra pas en seconde semaine à Roland-Garros. Le Français a obtenu les meilleurs résultats sur terre de sa carrière, et pourtant, cela ne convient à personne. Ni à Tsonga en personne, déçu par ses défaites face à Ferrero (Monte-Carlo), De Bakker (Barcelone) et Ferrer (Rome), ni aux observateurs, qui ont souligné son manque d’expérience sur la surface. Pour réussir à Paris, Tsonga devra s’engager totalement sans se laisser déborder par la frustration inhérente au jeu sur terre.
Physiquement, techniquement, il est au niveau. Mentalement, tactiquement, il doit encore passer quelques épreuves. Il n’a eu de cesse de répéter ces derniers semaines qu’il allait arriver motivé «à bloc» à Paris. On espère surtout qu’il saura déployer son énergie dans les temps forts de chaque match. La patience chez Tsonga ne peut pas passer par des phases défensives, il l’a constaté contre Ferrer. C’est l’équation difficile qu’il devra résoudre.
ON EN PARLE :
Stanislas Wawrinka, c'est une des énigmes de ces dernières saisons. Catalogué grand espoir, disposant d'un tennis remarquable (et d'un revers à une main admirable), le Suisse n'arrive décidement pas à sortir de l'ombre de Roger Federer. Sur terre battue, il possède un fond de jeu assez solide pour gagner des tournois de seconde zone. Cette année, il s'est ainsi logiquement imposé à Casablanca. En Masters 1000, il cale pourtant face aux meilleurs. Après sa finale à Rome en 2008, on attend toujours une autre performance au plus haut niveau sur terre. Gênant, il le sera à Paris. Capable de jouer les premiers rôles ? Je ne crois pas.
Marin Cilic et Fernando Gonzalez sont bien discrets. Les deux joueurs font pourtant partie de ceux qui peuvent briguer les honneurs à Paris. Est-il trop tard pour eux pour espérer bien y figurer ?
Tomas Berdych, c’est un Gulbis qui s’ignore. Grand service, grand coup droit, bon revers, mais une incapacité à sortir de sa propre filière sur terre. Et ça c’est rédhibitoire. Peut-il changer cela en quinze jours ?
Thomaz Bellucci : ce jeune Brésilien se positionne enfin comme successeur potentiel du leadership du tennis brésilien abandonné au milieu de l’Atlantique depuis la dernière victoire de Gustavo Kuerten à Paris en 2001. Un peu tendre dans son jeu vers l’avant, il peut toutefois gêner les meilleurs sur un match cette saison.
Gaël Monfils serait parmi les outsiders à Paris si les blessures ne l’avaient pas éloigner des courts si longtemps cette saison. A Estoril, le Français va tenter d’oublier un poignet douloureux depuis un plongeon en Coupe Davis.
Julien CARRASCO
























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