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Sois insolent de réussite!
Jo-Wilfried Tsonga va jouer plus qu'un match vendredi. Il va jouer pour franchir un nouveau cap dans sa carrière. Le Français aime vraiment le gazon ? Eh bien, il va falloir qu'il le prouve en allant décrocher cette première finale à Londres. Jo pourrait se sentir "chanceux" de ne pas avoir l'un des trois meilleurs joueurs du monde de l'autre côté du filet, mais avoir Andy Murray comme adversaire est loin d'être un cadeau.
D'abord parce qu'il n'a jamais battu l'Ecossais sur herbe. Ensuite parce qu'il n'aura pas qu'un joueur face à lui, il aura tout un royaume, qui fait défiler ses futures têtes couronnées dans les tribunes du court central depuis une semaine. Les Britanniques attendent depuis les années 30 d'avoir un sujet de Sa Majesté en finale de Wimbledon. Tim Henman s'y est cassé les dents à quatre reprises, Murray trois fois de suite ces trois dernières années. L'attente est là, presque insoutenable. La pression, forcément conséquente, sera palpable comme jamais. Et pour cause : Murray se dit, aussi, que pour une fois il n'aura pas l'un des trois meilleurs joueurs du monde face à lui.
Tout ce que j'espère, c'est que Tsonga ne manquera pas ce rendez-vous, pris dans un symbole fort. Lui qui cherche à se rapprocher du Top 3 mondial va avoir l'occasion de le faire en s'attaquant au dernier rempart qu'il le sépare encore du gotha. Entendons-nous : s'il venait à remporter ce match, voire Wimbledon dans une euphorie totale, Tsonga n'en deviendrait pas N.4 pour autant, mais il comblerait énormément l'écart qui le sépare de cette place. Et psychologiquement, ce serait un acte très fort. Lui qui a été numéro cinq mondial un temps, avant que David Ferrer ne lui repasse devant la semaine dernière, va avoir la possibilité de montrer à Andy Murray que la quatrième place mondiale n'est plus si loin que ça.
Avant celle-ci, Tsonga a joué trois autres demi-finales de Grand Chelem dans sa carrière. Toutes face à des joueurs différents, et pas n'importe lesquels : Nadal, Federer et Djokovic, dans cet ordre. Les deux premières à l'Open d'Australie et la troisième à Wimbledon l'an passé. Il n'en a remporté qu'une jusqu'ici : la toute première face à Nadal à Melbourne en 2008. Un match incroyable que le Français, encore inconnu du plus grand nombre, a remporté avec un détachement et une réussite totale, pour ne pas dire insolente.
Le Français a quasiment reproduit cela le mois dernier lorsqu'il est passé malheureusement à un petit point de la victoire face à Djokovic à Roland-Garros. C'est avec cette même attitude qu'il pourra franchir ce cap, celui qu'il devra passer s'il veut encore monter au classement et montrer qu'il n'a pas encore atteint ses limites. Avec une expérience renforcée, des matches références derrière lui, une surface où son jeu de puncheur s'exprime bien et un physique sous contrôle, Jo a tout en main pour aller en finale de Wimbledon, quinze ans après Cédric Pioline. Il le peut. A lui de le vouloir.
Sébastien PETIT
@SP_eurosport























