Son travail à Arsenal, depuis 1996, a fait de lui l’un des managers les plus respectés et les plus recherchés du monde du football. Champion de France avec Monaco en 1988, trois fois finaliste d’une Coupe d’Europe, deux fois titré au Japon lors de son expérience à Nagoya, Arsène Wenger possède une connaissance encyclopédique du jeu et un sens du management qui a fait de lui le révélateur de très grands talents.
L'Espagne et la Croatie vont jouer à fond
Les Espagnols jouent toujours sur une autre planète. Leur niveau technique est tellement supérieur à toutes les autres équipes du monde. Pour moi, ils restent donc les super-favoris de cet Euro. Mais ils ont tout de même quelques faiblesses, notamment défensives, qui peuvent être liées aux absences de Villa et de Puyol. Sur l'ensemble, ils ont tellement de qualités. Quand vous regardez l'équipe d'Espagne qui débute un match, et que vous regardez ce qu'il y a sur le banc, vous enviez vraiment Del Bosque.
Fabregas peut jouer numéro neuf. Mais en fait, c'est plus un génie de la passe. Il est tellement intelligent dans ses courses et dans les trente derniers mètres, qu'il peut occasionnellement jouer ce rôle-là. Je ne pense pas que ce soit un rôle de longue durée pour lui. Ils ont remis Torres contre l'Irlande. Ils ont encore Llorente et Negredo. Il y a de quoi occuper l'axe et quoi mettre Fabregas ailleurs. L'incertitude de l'Espagne est dans sa solidité défensive. Ça ne vient pas de la qualité de ses défenseurs : pour moi, Ramos et Piqué sont extraordinaires. Ils sont parmi les meilleurs défenseurs au monde. Ça vient surtout de leur style de jeu, extrêmement entreprenant, qui presse très haut. Les défenseurs sont souvent livrés à eux-mêmes sur une moitié de terrain. C'est difficile à gérer.
"L'image de cet Euro, c'est celle du public irlandais"
Mais les Italiens ne devraient pas être suspicieux. L'Espagne et la Croatie ont assez d'honneur pour savoir qu'il faut jouer un match à fond et accepter le résultat. La première question qu'on peut se poser, c'est : "Que se passera-t-il si dans les dernières minutes, il y a 0-0, 1-1 ou tout autre match nul ?" La deuxième question qu'on peut se poser tout de suite après, c'est : "Où commence la triche ? Et où elle s'arrête ?" C'est une vraie question, parce que si l'intérêt de la compétition est de faire en sorte que le résultat soit nul, parfois, les équipes ne vont plus au bout de leurs actions dans les vingt dernières minutes. Ça, c'est le risque qu'il peut y avoir. Mais je ne pense pas qu'au départ, les deux équipes vont s'arranger et se dire : "Bon, on va faire un 0-0". Quand on arrive dans les vingt dernières minutes et qu'on sait qu'on est qualifiés, on ne prend plus de risques inconsidérés. La nuance est vague, je le reconnais. Il vaut mieux donc jouer pour gagner. Et puis, advienne que pourra.
L'Italie sera favorite contre l'Irlande. Mais Trappatoni aime toujours faire des croche-pieds à ses "partenaires" et amis. Traditionnellement, l'Irlande a un cœur énorme, de la fierté et un sens de l'honneur extrêmement aiguisé. Ils vont se battre jusqu'au bout. Pour moi, l'image de ce championnat d'Europe, pour l'instant, c'est celle du public irlandais. Je regrette que les médias n'aient pas assez insisté sur la leçon de comportement qu'ont donnée les supporters irlandais lors du match contre l'Espagne. C'est quelque chose de remarquable. Dans ces moments-là, les médias ont une responsabilité : ils doivent montrer comment les supporters devraient se comporter avec leur équipe. La façon dont les Irlandais ont chanté, alors qu'ils étaient menés 4-0, est remarquable. On devrait dire aux gens : "Regardez, c'est ça, un vrai supporter". L'Irlande gagne énormément en crédit que ses supporters se comportent ainsi.























