Son travail à Arsenal, depuis 1996, a fait de lui l’un des managers les plus respectés et les plus recherchés du monde du football. Champion de France avec Monaco en 1988, trois fois finaliste d’une Coupe d’Europe, deux fois titré au Japon lors de son expérience à Nagoya, Arsène Wenger possède une connaissance encyclopédique du jeu et un sens du management qui a fait de lui le révélateur de très grands talents.
Van Persie est un rêve d'entraîneur
Robin Van Persie est un joueur exceptionnel au sens propre du terme. On ne rencontre pas souvent dans sa vie des joueurs comme ça. Il a tout ce que vous rêvez d’avoir chez un joueur. Il est racé, élégant, classe dans sa première touche, intelligent dans ses déplacements, tueur dans son âme, concentré pendant 90 minutes.
Il a une forme d’amour fou pour le foot, il regarde des matches chez lui, il analyse tout. Il est tellement rare d’avoir un tel souci de perfection allié au talent et à la classe. C’est une chance, une exception. Il a passé huit ans avec moi, il s’est constamment développé, on n’aurait jamais imaginé qu’il deviendrait le joueur qu’il est aujourd’hui. Cela fait mal de le voir sous un autre maillot quand il est au paroxysme de son talent.
Il est exigeant mais pas difficile à gérer. Van Persie est hyper pro. Un gars comme ça est facile à gérer car il est chez lui tous les soirs. Vous l’appelez à 22 heures, et il est chez lui, en train de regarder un match ou de se préparer pour le prochain match. Avec ces bases, il est facile à gérer. Il peut y avoir des différences de points de vue. Il a de la personnalité, il exprime ses options, comme les Hollandais ont l’habitude de le faire quand il s’agit de football, mais il est facile de le gérer. Il essaie de faire chaque mouvement, chaque geste à la perfection.
Maintenant qu’il est parti, il ne faut pas demander aux fans de comprendre l’incompréhensible, même moi je ne comprends pas alors que je suis au cœur des décisions. Il faut l’accepter, c’est la vie. Nous sommes là pour aider les gens à exprimer leur talent. Quel que soit le club où il est, un entraîneur doit avoir une influence positive sur le cours de la vie du joueur. Quand il a fait ça, il a rempli son contrat. Tant mieux s’il le fait pour son club. Mais dans l’absolu, s’il donne du plaisir aux gens qui le regardent, c’est très bien.
J’aurais préféré qu’il aille à l’étranger, qu’il ne nous rencontre pas plusieurs fois dans la saison, mais c’est un challenge pour nous, de montrer qu’on peut faire face à un départ comme celui-là, lutter pour le titre, marquer des buts et survivre à tout.
Van Persie et Rooney ont tout pour jouer ensemble. Parfois, les gens qui ont faim de buts et qui jouent ensemble ne marchent pas, mais sur le plan de l’analyse technique, ça fonctionne. Il faudra de la complicité technique et affective. Leur réussite individuelle séparée va leur permettre de renforcer ces liens. S’ils existent et qu’ils marquent tous les deux, ce sera très fort.























