Son travail à Arsenal, depuis 1996, a fait de lui l’un des managers les plus respectés et les plus recherchés du monde du football. Champion de France avec Monaco en 1988, trois fois finaliste d’une Coupe d’Europe, deux fois titré au Japon lors de son expérience à Nagoya, Arsène Wenger possède une connaissance encyclopédique du jeu et un sens du management qui a fait de lui le révélateur de très grands talents.
Nasri n'est pas un fauteur de troubles
Il y a eu des incidents autour de l'équipe mais il y en a partout. Ce qui caractérise le football moderne c'est le moindre petit incident qui est tourné en gros événement et en tant qu'entraîneur, vous ne maitrisez plus ce qui se passe dans le vestiaire. J'ai déjà vu des incidents dix fois plus graves que ceux qui se sont déroulés dans le vestiaire de la France. C'est devenu un événement national mais c'est finalement un événement d'un commun... Il n'y a pas de quoi en faire une histoire. Ce qui est difficile pour un entraîneur c'est qu'une fois l'événement publique, il est dix fois plus difficile à gérer.
Est-ce que les joueurs doivent se taire ? Mais tout le monde a la capacité de se taire ! Ce qui est le plus difficile à trouver dans le football, ce sont les gens qui ne parlent pas. On souffre plus de gens qui parlent trop que de ceux qui se taisent. Il m'est arrivé des incidents assez forts dans un vestiaire. Cela peut être rendu public après car le joueur peut en parler à sa famille, à son agent...
"J'ai déjà vu des incidents dix fois plus graves"
Cette histoire avec Nasri a été disproportionnée parce que des joueurs ayant eu ce genre de réactions, il y en a eu plein. Il a eu le malheur d'être filmé au moment où il l'a dit mais il n'aurait pas dû le dire. Nasri est un garçon intelligent et il va se rectifier. Ce n'est pas un fauteur de troubles. Il paie le prix de l'élimination de la France mais ce n'est pas lui qui en est le responsable. L'incident a été magnifié car il a eu lieu avec la presse. Le sport est un monde de rapport de force, c'est un monde où on se dit parfois brutalement les choses, ce n'est pas politiquement correct. On ne veut pas avoir un discours lisse à l'américaine, il faut se dire les choses, il faut que la colère sorte mais il n'aurait pas du le faire.
Fallait-il ressortir l'affaire avec William Gallas ? Non. En 30 ans comme entraineur, j'ai vu des joueurs se battre en étant quand même des amis. L'avantage il y a 10-15 ans, c'est qu'un incident comme celui là restait dans le vestiaire, aujourd'hui cela devient un événement national où tout le monde donne son avis. C'est donc beaucoup plus difficile à réparer.
Il faut le sanctionner mais pas nécessairement en le suspendant mais en le sanctionnant par une amende financière. Il faut marquer le coup. Quand un joueur ne respecte pas le comportement adéquat, il faut le sanctionner. Ce qui est important c'est que Nasri tire les leçons de ce qui lui est arrivé et que la prochaine fois il se maîtrise. Il ne faut pas que la presse décide de ce qu'il va lui arriver. Ce n'est pas le rôle de la presse.























