Le Français Mahiedine Mekhissi, médaille d'argent du 3000 m steeple des jeux Olympiques de Londres, dimanche soir, comme il y a quatre ans à Pékin, n'était pas "du tout frustré" par le résultat, estimant que "c'est exceptionnel de faire deux podiums".
"Je suis satisfait. Pas du tout frustré parce que j'ai donné tout ce que j'avais. C'est le meilleur qui a gagné. Chapeau Monsieur Kemboi", a souligné le Rémois.
Q: Aucun regret d'avoir manqué l'or?
Q: "Je suis satisfait. Pas du tout frustré parce que j'ai donné tout ce que j'avais. C'est le meilleur qui a gagné. Chapeau Monsieur Kemboi. Et gagner une médaille olympique, ce n'est pas rien. Alors en gagner une seconde quatre ans après... C'est exceptionnel de faire deux podiums."
Q: la chute de Brimin Kirputo vous a-t-elle gêné?
R: "Il tombe tout seul en fait. Comme quoi, rien n'est anodin. Aux Championnats du monde (en 2011, à Daegu), il me prive de ma médaille d'argent et voilà, cette fois, c'est lui qui tombe. Moi aussi, j'ai failli tomber, j'ai senti qu'il accrochait mon pied et le choc sur mon genou droit. Cela m'a perturbé et, pendant un tour, je fais comme ça (il tend et replie la jambe concernée). Mais je ne vais pas chercher d'excuse, ça fait partie de la course. Sur le coup, je me suis dit: +Heureusement que tu n'es pas tombé+."
Q: Vous ne pouvez pas répondre au démarrage de Kemboi...
R: "Sur cette course, tu n'as pas le doit d'avoir d'absence et moi j'en ai eu une, sur la dernière haie. Je me concentre sur le franchissement et là Kemboi est parti. À ce moment-là, j'étais 4e et j'ai tout donné. Tu n'as pas le droit de te manquer à ce moment-là, tu donnes tout ce que tu as. Je suis allé chercher la deuxième place. Je ne dirais pas que je suis à ma place, mais Kemboi a mérité son titre."
Q: Vous attendiez-vous à une entame aussi lente?
R: "Plus qu'une appréhension sur la tactique des Kényans, c'était une question. J'ai vite compris que ça allait être une course tactique. Mais c'est aussi la spécificité du 3000 m steeple. Il faut être un renard, bien placé en franchissant les barrières surtout avec un train lent. Il y a beaucoup de bousculades et on perd beaucoup d'influx nerveux. J'ai été plus à l'aise quand le rythme s'est accéléré."
Q: Pourquoi les Kényans n'ont-ils pas choisi l'option course rapide?
R: "Je pense q'ils se disaient: si on part vite, il est capable de nous suivre. Et cela ne m'aurait pas dérangé. J'ai eu l'impression qu'ils couraient contre moi, Kemboi ne m'a pas lâché. C'est un renard. Mais c'est ça le 3.000 m steeple, c'est le plus rusé, le plus intelligent qui l'emporte."
Q: et finalement vous prenez le vainqueur dans vos bras
R: "Quand tu vois ce qu'il a fait dans sa carrière. On se parle un peu dans les meetings. Il m'a sauté dans les bras après l'arrivée."
Propos recueillis en zone mixte

























