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Carl Lewis : "Notre sport est en train de mourir"

Lewis : "Notre sport est en train de mourir"
Par AFP

Mis à jourLe 09/03/2016 à 15:11

Publiéle 09/03/2016 à 12:28

Mis à jourLe 09/03/2016 à 15:11

Publiéle 09/03/2016 à 12:28

Article de AFP

ETATS-UNIS - Carl Lewis s'est montré particulièrement inquiet sur l'avenir de l'athlétisme, "en train de mourir" selon lui. Le nonuple champion olympique craint également pour les performance de la sélection américaine d'athlétisme aux prochains Jeux Olympiques de Rio.

Carl Lewis, légende du tartan, n'est pas tendre pour son sport et pour ses successeurs de l'équipe américaine: selon lui, l'athlétisme est tout simplement en train de mourir, et ses compatriotes ne triompheront aux jeux Olympiques 2016 de Rio de Janeiro.

"King Carl" n'est pas encore rentré complètement dans le costume d'ambassadeur de la candidature de Los Angeles à l'organisation des JO-2024. A cinq mois des JO de Rio, alors que le Comité olympique américain réunit cette semaine à Los Angeles ses principales chances de médaille à Rio, il a livré un état des lieux peu reluisant et dénué de tout patriotisme.

"Notre sport est en train de mourir. Quand Michael Johnson, moi-même, Jackie Joyner-Kersee et Edwin Moses avons pris notre retraite, l'athlétisme était au sommet", a-t-il rappelé, quelques instants après avoir participé au lancement officiel de la commission des athlètes de Los Angeles 2024, dont il est l'une des figures de proue.

"Depuis, son déclin est régulier: tout le monde dit que ce sport va bien, mais il faut se souvenir que pour les Mondiaux de Rome (en 1987) ou d'Helsinki (en 1983), il y avait 60.000 spectateurs dans les tribunes", a poursuivi le nonuple champion olympique. "Maintenant, il y a 25.000 personnes pour des Mondiaux, 60% des meetings au calendrier il y a vingt ans ont disparu et les sponsors sont partis", a-t-il martelé.

" Regardez, lors des Mondiaux-2015, on n'a quasiment rien gagné chez les messieurs."

A portée d'oreille des dirigeants du mouvement olympique américain, dans un grand hôtel de Los Angeles, Lewis prédit même une campagne décevante pour l'athlétisme US dans les épreuves masculines des JO de Rio.

"Regardez ce qu'il s'est passé lors des Mondiaux-2015 (de Pékin), on n'a quasiment rien gagné chez les messieurs", a regretté celui qui a remporté huit titres mondiaux et un total de 10 médailles en quatre Championnats du monde, en référence aux quatre titres américains décrochés en Chine, dont un seul en sprint (4x400 m).

Un échec qui, selon lui, a pour origine le manque de qualification et de formation des entraîneurs dans les écoles et lycées. "Quand je vois des jeunes athlètes dans les compétitions universitaires, il y aurait tant de choses à changer dans leur façon de courir. L'entraînement (les premières années) n'est pas du tout ce qu'il devrait être", a-t-il regretté.

"La longueur ? Affreux, pathétique"

Mais ce qui désole encore plus Lewis, c'est le niveau actuel de sa discipline de prédilection, le saut en longueur, sur laquelle il a régné sans partage au niveau olympique de 1984 à 1996.

" La longueur est la discipline qui est dans le pire état au niveau mondial, c'est affreux."

"Avec son record personnel datant d'il y a 80 ans, Jesse Owens aurait été 3e du concours des jeux olympiques de Londres en 2012", a-t-il noté, en référence à son illustre prédécesseur, vainqueur de quatre titres olympiques à Berlin en 1936. "Est ce que vous voulez vraiment voir des concours gagnés avec des sauts à 26 pieds (7,92 m) ? Ils ne savent pas sauter, mais comme ils gagnent quand même, ils n'essaient pas de s'améliorer. A mon époque, quand je sautais 26 pieds, je demandais à ce qu'il ne soit pas mesuré", a-t-il fulminé.

A Londres, lors des JO-2012, le Britannique Greg Rutherford a remporté le titre olympique avec un saut à 8,31 m, très loin du record du monde de l'Américain Mike Powell (8,95 m) établi en 1991 lors d'un duel épique avec Lewis durant les Mondiaux-1991."Mike et moi, nous sautions régulièrement à 28 pieds (8,53 m, NDLR). La génération actuelle ? Rutherford ? Je suis désolé mais c'est pathétique, il ne devrait pas gagner comme cela", a conclu le roi des JO-1984 de Los Angeles.

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