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Ces Bleus ont écrit l'histoire en plus de se promettre un avenir radieux

Ces Bleus ont écrit l'histoire en plus de se promettre un avenir radieux

Le 14/08/2017 à 01:37Mis à jour Le 14/08/2017 à 01:46

MONDIAUX 2017 - La France craignait ces championnats du monde londoniens un an après des JO réussis. Mais les athlètes tricolores ont répondu présent au-delà de toutes les espérances et ramené cinq médailles, dont trois en or. Un cru historique pour les Bleus en forme de belle promesse pour l'avenir.

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Facétieux jusqu'au bout, Pierre-Ambroise Bosse a savouré en modifiant les paroles de la Marseillaise. Kevin Mayer, lui, a été débordé par l'émotion quand l'hymne a retenti. Le troisième champion du monde français des Mondiaux, Yohann Diniz, avait libéré ses émotions en passant la ligne. Une joie incroyable et communicative pour fêter son premier titre mondial. Trois médailles d'or, trois émotions, et un cru historique pour la France, quatrième nation mondiale de ces Mondiaux 2017. Pour la première fois de l'histoire des championnats du monde, les Bleus ramènent trois médailles d'or en individuel (cinq au total). En 2003, trois médailles d'or avaient aussi été remportées mais les relais avaient plus que joué leur part (deux titres). Alors qu'elle pouvait craindre un cru moyen entre méforme et blessures après des JO de haut vol, l'équipe de France d'athlétisme a répondu présent de fort belle manière.

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Pour se donner une idée de la portée de cette moisson dorée à Londres, il faut rembobiner les derniers championnats. Entre 2005 et 2015 : six éditions et… trois médailles d'or pour le clan français. En dix jours, les athlètes de 2017 en ont ramené autant qu'en dix ans. Cela place cette édition parmi les meilleures. Elle rejoint celle, à domicile, de 2003 (trois titres également). Si le total des médailles est moindre en 2017 (cinq contre huit), celles en or ont une portée différente. Là où, il y a 14 ans, les Bleus avaient brillé collectivement lors des relais, c'est individuellement que les Français ont été sacrés à Londres. Pierre-Ambroise Bosse, Kevin Mayer et Yohann Diniz ont rejoint le cercle très restreint des Bleus champions du monde en individuel composé avant eux de Marie-José Pérec (x2), Stéphane Diagana, Eunice Barber (x2), Ladji Doucouré et Teddy Tamgho.

Trois médaillés de Londres l'étaient à Rio

Le total de cinq médailles est, de son côté, le troisième meilleur de l'histoire (à égalité avec 2013 où Teddy Tamgho avait ramené la seule médaille d'or). Cette performance est d'autant plus remarquable que les Bleus n'avançaient pas avec une sérénité étouffante. Le DTN n'affichait même pas d'objectif précis. Les JO 2016 avaient été grands pour l'athlétisme français avec six médailles en tout. Mais un an après, ses leaders faisaient plutôt pâle figure entre méformes, blessures voire même absences au moment d'aborder le rendez-vous londonien. Tous ou presque ont finalement répondu présent. De Kevin Mayer qui a abordé le décathlon avec un nouveau statut à assumer à Renaud Lavillenie, en souffrance tout le début de saison, mais assez orgueilleux pour aller accrocher le podium de la perche sur un saut de la dernière chance.

Renaud Lavillenie

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Trois des médaillés de Londres l'étaient d'ailleurs déjà à Rio. Bosse finissait frustré au pied du podium au Brésil, il repart d'Angleterre la tête dans les étoiles. Diniz connaissait une terrible défaillance, il décroche enfin ce titre mondial qu'il convoitait. Mekhissi, une des valeurs sûres de ces dernières années, a lui loupé le podium londonien d'un cheveu sur 3000m steeple. Bascou, en bronze à Rio, n'en était pas mais Garfield Darien (4e) a montré que le 110m haies français était très solide. Christophe Lemaitre n'a pas pu rééditer son exploit sur 200m et contrairement à d'autres, son retard pris en raison de blessures avant ces Mondiaux, n'a jamais pu être rattrapé. Son compère du sprint, Jimmy Vicaut, a encore une fois tenu son rang sur 100m en ralliant la finale. Mais, là aussi, une préparation tronquée, ne lui a pas permis de se mêler aux meilleurs. C'est de loin qu'il a vu Usain Bolt se faire détrôner.

" Ça allait manquer de femmes sur la photo de famille"

Le noyau est là, solide, pour l'athlétisme tricolore. Et à ces athlètes, il faut sans doute ajouter Teddy Tamgho (28 ans), qui espère toujours revenir au plus haut niveau après les blessures, et Pascal Martinot-Lagarde (25 ans), deux fois quatrième d'un rendez-vous majeur. Le seul bémol de cette liste de nom vient du peu de femmes présentes. "Ça allait manquer de femmes sur la photo de famille et je me suis dévouée", a d'ailleurs ironisé Mélina Robert-Michon devant les micros après sa médaille. Antoinette Nana Djimou a rétrogradé cette année (11e à Rio, 16e à Londres). Il faut peut-être aller chercher vers des athlètes plus jeunes pour espérer briller un peu plus chez les femmes lors des prochaines années. Alexandra Tavernier (23 ans) fait bien sûr partie des candidates mais doit se retrouver et Floria Guei (27 ans) a encore de belles années devant elle.

Les graines semées à Londres pourraient continuer à porter leurs fruits. C'est ce que veut croire le DTN, Patrice Gergès : "C'est un excellent bilan qui peut étonner beaucoup de personnes. Les athlètes français ont tous été jusqu'au bout et ont cru en eux et on a des jeunes en demi-finales, donc ce sont d'excellents Mondiaux." Yohann Diniz (39 ans) et Mélina Robert-Michon (38 ans) ne sont plus tout jeunes mais se bonifient dans leur discipline. Renaud Lavillenie (30 ans) reste un formidable compétiteur. Kevin Mayer (25 ans) a, lui, pris une belle option pour plusieurs années s'il est épargné par les blessures. Pierre-Ambroise Bosse (25 ans) et son incroyable bagou devraient continuer à faire parler d'eux. Cette année post-olympique faisait peur à l'athlétisme français. Il a confirmé son dynamisme, préparé au mieux l'avenir et s'est trouvé deux nouveaux leaders jeunes et performants qui peuvent tirer tout un groupe vers le haut.

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