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Oscar Pistorius condamné en appel pour "meurtre", il risque désormais 15 ans de prison

Condamné en appel pour "meurtre", Pistorius risque désormais 15 ans de prison
Par Maxime Dupuis via AFP

Mis à jourLe 03/12/2015 à 11:00

Publiéle 03/12/2015 à 09:54

Mis à jourLe 03/12/2015 à 11:00

Publiéle 03/12/2015 à 09:54

Par Maxime Dupuis via AFP

Oscar Pistorius, qui était jugé en appel par la cour suprême d'Afrique du Sud, a été reconnu coupable de meurtre et non plus d'homicide involontaire. Une nouvelle peine sera fixée mais l'athlète paralympique risque désormais au moins 15 ans de prison.

La Cour suprême d'appel sud-africaine a tranché. Pour elle, Oscar Pistorius est coupable d'un "meurtre" sur la personne de sa compagne, Reeva Steenkamp. Il y a quatorze mois, l'athlète paralympique avait été condamné en premirère instance à cinq ans de prison pour "homicide involontaire". Le parquet avait alors fait appel de la sanction, parlant de "la choquante légèreté" de la peine. La Cour suprême l'a suivi, ouvrant la voie à une peine de prison d'au moins 15 ans.

L'accusé est "coupable de meurtre, ayant eu des intentions criminelles" au moment des coups de feu, a déclaré le juge Eric Leach, précisant que l'affaire était "renvoyée à la juridiction de première instance pour revoir la sentence". Ceci n'implique pas un nouveau procès, mais simplement une nouvelle délibération pour modifier la peine de prison.

Oscar Pistorius (28 ans) était sorti de prison en octobre, après avoir bénéficié d'une libération anticipée en résidence surveillée au sixième de sa peine, ce qui est permis pour tout condamné à un "homicide involontaire" en Afrique du Sud. Il résidait dans la somptueuse propriété de son oncle et était soumis à des travaux d'intérêt général.

" Il est inconcevable qu'une personne raisonnable ai pu penser qu'il était autorisé à tirer avec une arme de gros calibre"

Pistorius avait été condamné pour avoir tué sa petite amie de quatre coups de feu tirés à travers la porte des toilettes de sa maison de Pretoria, dans la nuit de la Saint Valentin 2013. La Cour d'appel n'a pas remis en cause la version de l'accusé, affirmant qu'il croyait qu'un cambrioleur s'était introduit dans la maison, et qu'il ignorait que son amie ne se trouvait plus dans le lit au moment où il a fait feu. Mais elle a retenu le fait que Pistorius, en tirant quatre balles de gros calibre à hauteur d'homme dans la porte d'un étroit cabinet de toilette, ne pouvait pas ignorer qu'il risquait de tuer quelqu'un, qui que soit la victime.

Oscar Pistorius
Oscar Pistorius - AFP

"Je n'ai aucun doute, a martelé le juge, que l'accusé, lorsqu'il a tiré les coups de feu mortels, doit forcément avoir prévu, et a prévu, que la personne derrière la porte, qui qu'elle soit, risquait de mourir (...) l'identité de la victime n'est pas pertinente pour juger de sa culpabilité". Et pour bien enfoncer le clou, Eric Leach a pris l'exemple de l'auteur d'un attentat à la bombe, qui ignore l'identité de ses victimes, mais est évidemment coupable de meurtre car il a l'intention de donner la mort.

Par ailleurs, a rappelé le magistrat, Pistorius a dit lui-même qu'il n'avait eu aucun contact visuel ou vocal avec le présumé cambrioleur. Il a tiré parce qu'il avait entendu du bruit. L'accusé "ne savait absolument pas si cette personne constituait une menace", a-t-il noté. Dans ces circonstances, "il est inconcevable qu'un homme raisonnable ai pu penser qu'il était autorisé à tirer avec une arme de gros calibre". C'est pourquoi, a-t-il dit, Oscar Pistorius "n'aurait pas dû être condamné pour homicide involontaire, mais pour meurtre".

La mère de Reeva impassible

June Steenkamp, la mère de la victime, était présente dans les travées du tribunal de Bloemfontein. Elle est restée impassible à l'énoncé du verdict, l'une de ses proches la serrant dans ses bras. Son époux, resté dans sa ville de Port-Elizabeth, a déclaré à une télévision sud-africaine qu'il était "satisfait" de ce nouveau verdict.

Oscar Pistorius, avant la nuit fatale de la Saint Valentin 2013, était une icône du sport mondial. Amputé des deux jambes en dessous du genou, il courait sur des prothèses de carbone souples qui lui ont valu le surnom de "blade runner" (le coureur aux lames). Plusieurs fois champion paralympique en athlétisme, il a connu l'apogée de sa gloire aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, lorsqu'il a été autorisé à s'aligner sur 400 mètres avec les valides, atteignant la demi-finale.

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