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Coupe du monde 2014 - France - Serbie, Antisèche : Les Bleus n'ont joué qu'une moitié de demie

Les Bleus n'ont joué qu'une moitié de demie

Le 13/09/2014 à 01:11

L'équipe de France pourra longtemps regretter sa première mi-temps, hors sujet, lors de cette demi-finale de Coupe du monde. Les jeunes Bleus ont mis trop de temps à se réveiller. Au final, ils le payent cash malgré leur belle réaction. Notre antisèche.

Le match :

La France a montré deux visages. Un calamiteux en première période. Un tout autre, superbe, après la pause. Malheureusement, le réveil a été trop tardif. Hors sujet dans l'intensité en début de rencontre, les Français ont laissé la Serbie imposer son rythme et développer son jeu. Le score s'est envolé et les Serbes ont même compté jusqu'à 18 points d'avance (25-43, 17e). Ensuite, on a retrouvé la France. Plus agressifs, coupant les lignes de passes, les Bleus ont enfilé les paniers primés dans le dernier quart-temps pour revenir à deux points (82-84, 40e). Mais la Serbie n'a pas craqué et a su conserver son avance au tableau d'affichage.

Le MVP français : Nicolas Batum

Forcément. On ne peut pas passer à côté de sa performance. S'il n'a pas toujours réussi à briller offensivement dans ce tournoi - il tournait à 9.9 points de moyenne avant ce match -, Nicolas Batum a signé une prestation d'exception pour cette demi-finale. Il a bien défendu sur Milos Teodosic après les 18 premières minutes mais l'habituel lieutenant de Tony Parker s'est surtout offert une orgie offensive grâce à une adresse impressionnante. Il termine avec 35 points (dont quasiment la moitié dans la dernière période), son record en sélection, grâce à un étourdissant 8 sur 12 à trois points. Et dire qu'avant cette demi-finale, il n'avait réussi qu'un seul de ses 16 tirs longue distance sur les quatre derniers matches… Une performance de très haut niveau. Mais cela n'a pas suffi.

Nicolas Batum face à Milos Teodovic lors de la Coupe du monde 2014

Nicolas Batum face à Milos Teodovic lors de la Coupe du monde 2014AFP

La stat : 9

Dans le dernier quart-temps, les artilleurs français ont mis le feu, comme jamais. Grâce à Nicolas Batum bien entendu mais aussi à Boris Diaw, Thomas Heurtel et Evan Fournier, les Tricolores ont marqué neuf paniers à trois points dans les dix dernières minutes. Et avec une adresse diabolique puisqu'ils ont tenté leur chance derrière l'arc à seulement 13 reprises, dont le tir de l'autre bout du parquet de Batum à la sirène. Au final, les Français ont d'ailleurs tenté plus de tirs à trois points (15 sur 33) qu'à deux points (14 sur 30) dans cette demi-finale !

Le facteur X : Milos Teodosic

Difficile de ne pas parler du talent de Milos Teodosic pour évoquer cette rencontre. Bien épaulé par Bogdan Bogdanovic en fin de rencontre, le chef d'orchestre de la Serbie a signé une partition presque parfaite en première période pour guider les siens. Auteur de 18 points en 16 minutes en première mi-temps, il termine avec 24 points à 9 sur 12 aux tirs dont un 5 sur 7 à trois points, 3 rebonds et 3 passes décisives. Quand il joue à ce niveau, il est difficile d'arrêter la Serbie...

Le tweet :

La déception est énorme. La France ne sera pas en finale de cette Coupe du monde contre les Etats-Unis. Mais la réaction des Bleus a été belle. Et comme le souligne Leo Westermann, il faut absolument effacer cet échec pour rebondir face à la Lituanie samedi à 18h00.

La décla : Boris Diaw (capitaine de l'équipe de France) au micro de Canal+ Sport

"Il y a forcément de la déception. On avait vraiment l'occasion de remporter ce match. On n'est pas rentré dedans de la bonne façon. On méritait pas de gagner ce match. Les Serbes l'ont mérité, ils ont joué plus dur. C'est un match perdu. On peut s'en vouloir qu'à nous-mêmes. On n'a pas su répondre présent. L'objectif c'est la médaille. Il faut que l'on reste concentré sur le prochain match de toute façon."

La question : Et si les Bleus s'étaient mis plus de pression que face à l'Espagne ?

Clairement. La France n'a pas abordé cette demi-finale comme elle avait su prendre son quart de finale face à l'Espagne. Ce n'est pas un hasard. La pression était peut-être plus importante pour cette rencontre où les Français avaient plus à perdre que face à la Roja. Face à Pau Gasol and co, tout le monde les annonçait perdant d'avance. Deux jours après leur exploit mémorable, les Bleus n'ont ainsi pas su repartir sur le même rythme. Du coup, les champions d'Europe ont été méconnaissables pendant une mi-temps. Leur agressivité défensive – leur marque de fabrique – a été inexistante durant les 20 premières minutes où ils ont vu les Serbes imposer leur tempo.

Finalement, on peut se demander si la France n'a pas payé la jeunesse d'une partie de son groupe. Ce n’est pas anodin si Boris Diaw et Nicolas Batum ont longtemps été les seuls à surnager. Pour leur première demi-finale d'une Coupe du monde, il y a forcément des regrets après un tel match. Car après la pause quand ils ont retrouvé leur hargne, les Tricolores ont fait jeu égal avec les Serbes avant de les bousculer. Ils auraient joué avec cette intensité toute la rencontre, l'histoire aurait sûrement été toute autre. Mais avec des si…

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