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L’antisèche après France - Allemagne : Non, tout n’est pas à jeter

L’antisèche : Non, tout n’est pas à jeter

Le 09/09/2017 à 18:26Mis à jour Le 09/09/2017 à 19:42

EUROBASKET – Samedi, la France a subi une terrible claque en prenant la porte dès les huitièmes face à l'Allemagne (84-81). Pour leur première compétition depuis la retraite internationale de Tony Parker, les Bleus ont souffert. Et ce n'est pas si surprenant. On savait depuis longtemps que cette campagne serait très compliquée même si on ne pensait pas qu'elle prendrait cette tournure.

Le match : Et pourtant, les Bleus ont commencé du bon pied

Cette fois, la France a pourtant bien débuté. Appliqués et agressifs en défense, les Bleus ont pris le match par le bon bout. Mais ensuite, les vieux démons ont pointé le bout de leur nez. Juste avant la mi-temps, le match a tourné. Les protégés de Vincent Collet ont commencé à perdre de nombreux ballons et n'ont plus réussi à contrôler le tempo. Plus adroits, les Allemands sont revenus avant de repasser devant puis de se construire un petit matelas. Et si Evan Fournier a pris les choses en mains comme un beau diable, la France n'a pas réussi à revenir.

Le joueur : Evan Fournier

Il avait été montré du doigt lors du dernier match de poule pour son expulsion. Il a répondu de belle manière. Bien sûr, ça n'a pas été suffisant. Mais son envie, sa hargne et son activité dans le dernier quart temps sont à souligner. Evan Fournier a planté les 13 derniers points tricolores et 18 de ses 27 points dans le dernier quart-temps. On a un regret : qu'il n’ait pas pris le dernier shoot de la rencontre.

La stat : 0 sur 4

Nando De Colo a raté le dernier shoot après une action mal gérée. Mais la star du CSKA Moscou a surtout raté son huitième de finale dans son ensemble. Jamais dans le coup et maladroit, De Colo a rendu une feuille de stats indigne de son statut : 6 points à 3 sur 11 aux tirs et 4 passes. Au final, il n'a pas mis un panier à trois points sur les trois derniers matches. Un vrai manque pour cette équipe de France.

La décla : Kevin Séraphin

" Ça nous montre qu'il y a beaucoup de choses à travailler. C'est le début d'une génération. La génération de Tony (Parker) ne s'est pas construite en une compétition. C'est le début d'un processus."

La question : Pourquoi ce flop qui ne doit pas tout remettre en question ?

C'est une grosse claque. Un vrai flop. Voir les Bleus sortir dès les huitièmes de finale et en plus contre l'Allemagne est une terrible désillusion. On parle quand même d'une équipe qui était montée sur le podium des trois précédentes éditions, en 2011 (argent), 2013 (or) et 2015 (bronze). La première compétition après la retraite de Tony Parker se solde bien par un échec. Mais si les Bleus n'ont pas su construire un collectif et s'arracher en défense, il ne faut pas tout remettre en question au sein du groupe de France. Vincent Collet n'avait en effet pas beaucoup de certitudes avant cet Euro.

Les absences de Nicolas Batum et de Rudy Gobert ont clairement diminué sa formation. Avec l'intérieur d'Utah, la France n'aurait jamais autant souffert en défense. C'est ainsi bien connu, il faut posséder un pivot apte à protéger son cercle pour exister au niveau international. La France n'a pas pu s'appuyer sur cet atout majeur. Si cette équipe avait quelques talents à l'extérieur (Fournier, De Colo, Heurtel…), Batum a lui aussi un profil qui aurait fait un bien fou. Or, il n'y a pas de raison que les deux ne reviennent pas dans le futur, lors de la Coupe du monde 2019 par exemple.

En attendant, il y a d'autres échéances. Il va falloir se concentrer sur les qualifications pour la Coupe du monde qui plongent tout le monde dans l'inconnu et ne sont pas compatibles avec le calendrier NBA. L'équipe n'aura rien à voir avec celle entrevue cet été. Mais pour réussir cette mission, il faut permettre au staff des Bleus de travailler sereinement. Et ne pas tout balayer. Exister sans une star de la dimension de Tony Parker dans le basket international n'est en effet pas chose aisée. Surtout quand deux de tes principaux atouts ont également choisi de ne pas venir. Il faut bien en être conscient et laisser du temps pour grandir à cette nouvelle génération.

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