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Vincent Collet : "C'est clairement la défaite la plus décevante de ces dernières années"

"C'est clairement la défaite la plus décevante de ces dernières années"
Par AFP

Le 09/09/2017 à 22:14

Le sélectionneur Vincent Collet n'a pas caché sa déception après l'élimination de l'équipe de France par l'Allemagne (84-81) en huitièmes de finale de l'Euro. Il a estimé que les Français n'avaient "pas assez défendu" pour aller loin dans cette compétition.

Quelle est votre analyse du match ?

Vincent Collet : Notre entame de match a été la meilleure de tout le tournoi. On semblait avoir enfin compris ce qu'il fallait faire. On était plus patient et plus constructeur dans le jeu offensif et surtout plus concerné par l'envie de faire des stops. Ca nous a permis de prendre le contrôle du match. Malheureusement on n'en a pas profité quand on a eu dix points d'avance dans le deuxième quart-temps et qu'on a eu plusieurs bons tirs qu'habituellement on met. Ca nous a empêché de faire un gros break et au contraire on est retombé dans nos travers. Hormis à la toute fin du match on n'a plus jamais vraiment stoppé cette équipe d'Allemagne. Dès le début de la deuxième mi-temps on a senti qu'on n'avait plus la même intensité, la même agressivité. Dans le quatrième quart-temps, alors qu'ils avaient été peu adroits, les Allemands se sont mis à mettre des tirs en rafale. C'est ce qui a provoqué le décrochage. On s'est battu jusqu'au bout.

Est-ce la défaite la plus décevante de ces dernières années ?

V.C. : Oui, clairement. Je savais que ce serait difficile d'aller au bout mais il y avait la place de faire mieux. On n'a pas su passer de la préparation à la compétition. Ce qui pouvait être notre talon d'Achille l'est clairement devenu, à savoir un manque de dureté défensive, de sacrifice dans ce secteur de jeu qui est rédhibitoire au très haut niveau. Il faut empêcher les adversaires de jouer. Aujourd'hui, on prend encore 50 points en deuxième mi-temps, dans un match couperet. On était dans les clous pendant quinze minutes puis on a de nouveau péché par cette insuffisance défensive. On n'a pas assez défendu pendant cet Euro. Dans les matchs qui vont venir, il n'y aura pas beaucoup de matchs à plus de 80 points de chaque côté. Les années précédentes, quand on marquait 81 points on gagnait. Quand je vois l'agressivité qu'on met quand on est en perdition à -9 à deux minutes de la fin... Il ne faut pas attendre d'être dans le mur pour être agressif. Mais ce n'est pas dans l'ADN de cette équipe. C'est quelque chose qu'on doit reconstruire. Il y a une époque où on avait des difficultés d'attaque importante, mais on existait par la défense. Puis on a progressé en attaque en gardant notre socle défensif. Aucune équipe ne peut se permettre de ne pas avoir de socle défensif.

Vincent Collet

Vincent ColletGetty Images

L'équipe de France est désormais dans le creux de la vague ?

V.C. : Cela montre surtout que ce que l'on a fait ces dernières années, les bons résultats, ce n'était pas anodin, c'étaient des exploits. Le basket français n'avait jamais fait ça, j'espère qu'on pourra le rééditer. On n'a pas pris assez vite la mesure de la difficulté, même si c'était mieux dans le contenu aujourd'hui. (Sur les absences) Je préfère ne pas en parler car c'est trop facile, mais les équipes ont toutes besoin de toutes leurs forces. Il n'empêche qu'avec ce groupe, on devait gagner ce soir, on avait la capacité d'aller en quarts. Le risque maintenant, c'est que la reconstruction prenne du temps.

" Notre élimination montre que nos bons résultats ces dernières années étaient des exploits."

Cet échec aura-t-il des conséquences pour le groupe et pour vous ?

V.C. : Pour moi, ce n'est pas à moi d'en parler, c'est encore trop tôt. Ce sont les dirigeants qui vont s'exprimer. J'attends sereinement, j'ai fait le maximum, j'étais réellement déterminé mais j'accepte la sentence du jeu et du terrain. On a été battu par une belle équipe d'Allemagne. Certains ont dit +modeste équipe+ mais elle avait déjà montré en poule qu'elle avait de la qualité. Elle est adossée à son meneur de jeu (Dennis Schröder) qui est aujourd'hui le joueur le plus proche de Tony Parker. Autour, ils ont des joueurs de qualité qui sont valorisés par ce joueur d'exception. Si on a fait pendant longtemps un beau travail sur lui, il a quand même fini par déclencher beaucoup de situations favorables pour son équipe. Je pense que ce qu'on avait mis en place ce soir n'était pas un mauvais plan de jeu, mais ça n'a pas suffi. (le staff) fait partie de cette responsabilité, je l'assume totalement, mais je ne pense pas être le seul responsable.

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