Les Braqueuses, surnom ramené de leur campagne à l'Euro 2009, sont en train de réussir leur plus beau coup. Les Françaises sont en finale des Jeux Olympiques et vont ramener pour la première fois une médaille olympique au basket féminin tricolore. Alors forcément, les superlatifs ne manquent pas dans la bouche des filles de Pierre Vincent. "C'est grandiose, que dire de plus. On dit la même chose à chaque match, mais là, ça l'est réellement, puisqu'on joue la finale, c'est-à-dire que la médaille la plus pourrie qu'on peut avoir c'est l'argent. On a fait quelque chose d'extraordinaire", s'enthousiaste Jennifer Digbeu après la victoire face aux Russes en demies (81-64). "C'est indescriptible. C'est plus qu'un rêve ! Vous vous rendez compte ? Non, vous ne vous rendez pas compte (rires)", renchérit Florence Lepron.
Aux anges, d'une joie communicative et rafraichissante, les Françaises ne sortent pas de nulle part non plus. L'été dernier, elles avaient ramené une médaille de bronze de l'Euro 2011. Et il y a trois ans, elles s'étaient offert le titre européen en Lettonie. Mais cette aventure est d'une autre dimension : "C'est plus fort qu'en 2009. Là on ne parle pas d'un Championnat d'Europe au fin fond de la Sibérie. On est aux Jeux Olympiques, c'est juste énorme", confirme Emilie Gomis, qui a dédié cette victoire à Tony Parker and co, sortis en quarts par l’Espagne. "Les gars sont sortis d'une façon nulle par rapport à plein de choses, l'arbitrage, a ajouté Jennifer Digbeu. J'étais énervée parce qu'il y avait des tonnes d'injustices dans ce match-là. C'est aussi pour eux qu'on l'a fait."
Les Etats-Unis intouchables ?
Si on ne les attendait pas en finale, les Françaises démontrent une maitrise surprenante. Après avoir arraché leur qualification pour Londres au tournoi de qualification olympique, elles ont renforcé leur collectif après être arrivées sur les bords de la Tamise avec seize matches dans les jambes depuis le début de l'été. Résultat, elles signent tout simplement un sans-faute sur les parquets londoniens. Jeudi en demies, elles ont ainsi laissé une belle impression pour battre les Russes (81-64), championnes d'Europe en titre. Solides en défense, elles ont mis un place un jeu léché en attaque et ont brillé à l'adresse, contrairement à leurs dernières campagnes. "Quelle maîtrise ! Le match qu'on a fait ! Les Russes n'ont rien vu", s'emballe Lepron. "Les braqueuses c'était extraordinaire, on sera toujours les braqueuses. Mais là on ne les a pas braquées. Elles ont tout perdu dès le début, c'est juste magnifique."
Si leur tournoi est déjà une réussite, les Françaises vont maintenant s'attaquer à l'ogre américain. Quadruple tenante du titre, les Etats-Unis n'ont plus perdu aux Jeux depuis Barcelone en 1992 et semblent intouchables. Mais les Bleues, emmenées par une Céline Dumerc impériale depuis le début des Jeux, sont elles sur un nuage et joueront crânement leur chance. "On a tous à coeur de faire une bonne prestation pour ce dernier match (la finale) et d'aller à chercher ce qu'il y a à aller chercher", confirme Endéné Miyem. Histoire de réaliser leur plus beau braquage.
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