Si les champions d'Europe espagnols savent occuper les espaces sur le parquet, ils savent aussi occuper l'espace médiatique. Conscients que les soupçons allaient s'exprimer publiquement après cette défaite "malencontreusement" concédée face au Brésil à la suite d'un horrible dernier quart-temps (16-31), qui les éloigne de la moitié de tableau des Etats-Unis, les joueurs de la "ÑBA" n'ont laissé à personne le soin de faire du bruit autour de ces questions. Tous se sont drapés derrière leur honneur. "Ceux qui doutent de nous sont ceux qui ne connaissent pas notre équipe, a écrit Rudy Fernández dans la nuit. Nous avons toujours honoré nos valeurs, sur le parquet et en dehors. Je vais dormir parce que certains commentaires me rendent tristes." La star de l'équipe Pau Gasol, élude : "Cette équipe ne jouera jamais pour perdre, il n'y a rien à spéculer."
Les médias espagnols, le matin venu, avaient épousé la cause de leur équipe et préféraient disserter sur les inquiétudes que suscite le niveau de jeu de l'équipe, qui aura perdu face à la Russie et au Brésil au cours de cette première phase. Jesus Sanchez, le blogueur basket de Marca, a écrit cette chronique : "Ce qui est suspect, ce sont huit des douze derniers quarts-temps joués par l'Espagne. L'Espagne, pour telle ou telle raison, joue mal. Contre le Brésil, les joueurs ont essayé mais n'ont simplement pas pu. (...) Le jeu intérieur de la ÑBA est si fort qu'on a fait de cette équipe une unijambiste qui souffre d'un retard de croissance dans les autres secteurs de jeu."
"Match amical dans le quatrième quart-temps"
"Tous ceux qui veulent suspecter l'Espagne le feront en trouvant des arguments, éditorialise le quotidien As. (...) Mais l'Espagne n'est pas bien. L'équipe a des problèmes qui doivent être réglés urgemment et les Etats-Unis n'ont rien à voir avec eux." Le journal Sport souligne que "l'Espagne s'est présentée sur le parquet pour gagner, mais que le match s'est transformé en partie amicale dans le quatrième quart-temps". "L'implication pour la victoire, l'esprit olympique et la sincérité du sport ont été clairs dès le début, ajoute-t-il. Mais les dix dernières minute étaient déconcertantes."
El Mundo Deportivo est un peu plus prudent et invite le CIO et la Fiba à réfléchir aux conditions qui ont permis à cette polémique d'éclater : "Le problème, c'est la compétition elle-même, quand la troisième place est plus enviable que la deuxième. On ne peut pas dire que l'Espagne voulait perdre, mais gagner ne présentait pas d'intérêt particulier." El Pais prend aussi un peu de distance : "Apparemment, l'Espagne ne souhaitait pas spécialement perdre, même si on peut spéculer sur la profitabilité de la défaite." Pau Gasol invite tous les suiveurs à penser à l'avenir plutôt qu'au présent.
"Il nous a été impossible de finir la première phase avec une victoire, a-t-il twitté. La seule chose à faire est de nous concentrer sur le futur adversaire en quart de finale." La France en l'occurrence, qui espère prendre acte de cette baisse préoccupante du niveau de jeu dès mercredi soir.
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