19h05, heure de Paris. Le buzzer vient de retentir dans l'O2 Arena de Londres. L'aventure s'arrête brusquement pour la bande à Tony Parker. "La frustration me submerge". En une seule phrase, Vincent Collet résume parfaitement le sentiment de son groupe à l'issue d'un quart de finale face à l'Espagne que la France a laissé filer dans le dernier quart-temps (66-59). "Ce match était à notre portée", regrette Florent Pietrus. "C'est nous qui leur avons donné le match. On a eu les tirs qu'il fallait pour passer à +3, puis +1. On ne les a pas mis. On menait tout le match et on a eu une grosse panne d'adresse à la fin," confie un Tony Parker un peu dépité. Un sentiment partagé par Nicolas Batum. "C'était un match à la vie à la mort. C'est frustrant, déclare le joueur des Blazers. On ne peut pas perdre en ne prenant que 66 points. L'année dernière, on en avait pris 98. On se rapproche, on n'est plus loin."
Car les hommes de Vincent Collet ont tenu tête à l'armada espagnole, certes moins virevoltante que dans les compétitions précédentes. "Pour la première fois depuis quelques années, on les a mis en difficulté, analyse l'entraîneur français. Mais ce qui me fait rager, ce sont ces petites choses qui nous empêchent de concrétiser la performance immense qu'on a réalisée ce soir." Car pour Collet, ses joueurs ont fait "le match qu’il fallait", "un match de très haut niveau, on était là où on voulait être dans l’intensité." A commencer par une maladresse certaine aux tirs (33% sur le match) qui a atteint son paroxysme dans le dernier quart-temps (6-15). "On avait envie de faire un bon match. On a fait avec nos armes, souligne Florent Pietrus. Encore une fois, on a manqué de réussite sur des moments-clés." Pour Boris Diaw, le meilleur Français du match (15 pts, 6 rbs, 5 pds), "il n'y a pas d'explication particulière". "Ils ont fait une zone qui était un peu différente de ce qu'on avait l'habitude de voir. On a continué à développer notre jeu. On a tous eu des shoots ouverts qu'on a ratés à la fin", analyse-t-il.
"Ce groupe est capable de jouer avec les meilleurs"
Cette équipe de France va sans doute nourrir longtemps des regrets teintés d'amertume. "On pouvait rêver de beaucoup de choses, ça fait très mal. Pour certains, c'était le match d'une vie, souligne Collet. On sait que les Espagnols nous respectent moyennement, c'est pour ça qu'on avait très envie de les battre". Alors qu'a-t-il manqué aux Bleus pour franchir ce cap ? "Avec des si on peut refaire le monde, explique Parker. Tu peux dire qu'on était fatigué, que la préparation nous a rattrapés. Tu peux dire plein de choses. Personnellement je n'ai pas mis les tirs qu'il fallait pour aider mon équipe à gagner le match. On n'a jamais été aussi prêt de les battre. C'est pour ça que c'est décevant "
"On doit s'en servir pour la suite". Vincent Collet veut rester positif malgré la déception et "l'envie de se cacher dans un coin pour (la) ravaler". "Ce groupe a confirmé son état d'esprit et sa capacité à jouer avec les meilleurs", se félicite le sélectionneur qui sait aussi que "Certains comme Boris et Tony ne sont pas sûrs de revenir un jour disputer un quart de finale des JO". En 2016 à Rio, ils auront près de 34 ans... Et maintenant alors? "C'est rageant de repartir dans rien car on avait vraiment une équipe pour ramener quelque chose", analyse Batum. "Après toutes les déceptions, il y a toujours une réaction. L'année prochaine, ce sera un nouveau challenge", promet Flo Pietrus qui estime qu'il n'y "a pas grand-chose à regretter". Et Batum de renchérir: "A nous de repartir la saison prochaine et d'aller chercher un titre au prochain Championnat d'Europe !" Une bataille perdue certes. Mais pas la guerre. Reste à savoir avec qui elle reprendra.



AFP





















