Basketball - Mondial 2010
08/09/2010 - 23:10 - Mis à jour le 08/09/2010 - 23:36L’Espagne, juste un accroc

L'Espagne, tombée de haut face à la Serbie (92-89) en quarts de finale du Mondial, a tourné une page après des années de succès. Un simple revers ou la fin d'une époque ? Lors des deux prochains étés, la sélection espagnole semble avoir les armes pour rebondir avec le retour de Pau Gasol.
L'Espagne a pris un sacré coup sur la tête. Dans la péninsule ibérique, on rêvait d'un doublé inédit Coupe du monde de football-Mondial de basket pour cet été 2010. Le rêve s'est envolé dès les quarts de finale en Turquie. C'est la jeune Serbie qui a douché les ambitions espagnoles (92-89). Et aujourd'hui, une question s'impose : est-ce la fin de cette génération dorée ibérique, qui rate le dernier carré d'une grande compétition internationale pour la première fois depuis les Jeux d'Athènes en 2004 ? Certes, Milos Teodosic a planté un shoot incroyable pour offrir la victoire aux siens à trois secondes de la fin. Mais la Serbie n'a pas volé sa victoire, loin de là. On avait d'ailleurs senti venir la chute de l'ogre espagnol depuis le début du tournoi.
Battue par la France (66-72) puis par la Lituanie (71-76), l'équipe de Sergio Scariolo n'a jamais semblé aussi sereine en Turquie que lors de ses dernières sorties internationales. L'état d'esprit espagnol ne semblait pas aussi irréprochable que dans le passé. Et la défense a parfois manqué d'agressivité. "Nous avons manqué de concentration. Et ça nous a coûté cher", reconnait Felipe Reyes dans El Mundo après le revers serbe. Un peu de suffisance ou de lassitude après tant d'années de succès ? En 2009, les Ibères, champions du monde en titre, avaient déjà signé un départ cahin-caha à l'Euro avant de passer la vitesse supérieure pour aller au bout dans le sillage d'un Pau Gasol, revenu au sommet de sa forme.
Gasol-Calderon, ça change tout
L'absence du pivot des Lakers est bien entendu l'une des explications de cet échec en Turquie. Sans le meilleur joueur européen 2009 et le champion NBA, les Espagnols n'ont pas la même force de frappe même si son frère Marc a montré de belles choses (13.4 pts, 6.1 rbds). "Parler de Pau maintenant serait un manque de respect pour les joueurs présents, ils ont fait leur maximum. Pau est notre meilleur joueur mais ce n'est pas le moment de parler de lui, car on a fait un grand match de basket", s'est contenté d'expliquer Sergio Scariolo à la fin de la rencontre face aux Serbes. Il n'empêche son ombre a pesé. Et son retour devrait changer la donne même si la concurrence progresse à l’image de la jeune Serbie. Il y a d'ailleurs fort à parier qu'il faudra encore compter sur la Roja lors des prochains étés avec les Jeux de Londres comme point d'orgue.
Les Pau Gasol, Felipe Reyes, Juan Carlos Navarro, champions d'Europe Juniors 1998 puis du monde en 1999, ont bien sûr tous dépassé la trentaine. Mais ils ont montré cette saison qu'ils ont encore de beaux restes. Et si la Seleccion ne change pas beaucoup de visage depuis plusieurs années, José Manuel Calderon, le chef d'orchestre qui a manqué pour blessure les deux dernières campagnes, devrait faire son retour dès l'été prochain pour apporter sa science du jeu et son leadership. Surtout, Rudy Fernandez (25 ans), Sergio Llull (22) et Marc Gasol (25) ont encore de belles années devant eux. Et du haut de ses 20 ans, la pépite Ricky Rubio, pas toujours au rendez-vous en Turquie (4.9 pts, 5.7 pds, 3.3 rbds), possède une marge de progression énorme. "Nous avions échoué au même stade au Mondial 2002 à Indianapolis, et ensuite, nous avons gagné de nombreux titres. Il y a beaucoup de talent dans cette équipe. Et, nous allons gagner le prochain tournoi (ndlr : Euro 2011)", conclut Rudy Fernandez. L'avenir n'est pas si noir... Enfin au moins pour les deux prochains étés.















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