RONNY TURIAF, vous venez terminer votre première saison NBA, quel bilan faites-vous ?
R.T. : Ma saison a été très positive dans l'ensemble. J'ai eu des hauts et bas. J'ai joué certains matches mais j'ai été obligé de rester sur le banc lors de d'autres rencontres. En tout cas, je suis vraiment fier d'être revenu aussi vite pour pouvoir jouer au basket. Malgré mes soucis de santé du début d'année, j'ai pu prouver à tout le monde que j'avais ma place en NBA.
Justement, après une telle expérience (il a été opéré à coeur ouvert au mois de juillet dernier), vous sentez-vous plus fort mentalement ?
R.T. : Oui et non, tout dépend de la situation. Mais vous savez, j'étais très costaud avant ce coup dur. En tout cas c'est vrai, qu'après une opération comme celle-là on se sent plus fort, presqu'invincible. Aujourd'hui, il n'y a plus rien qui me fasse peur. Désormais, la seule chose que je crains c'est de perdre un membre de ma famille. Donc c'est sûr, que je me sens plus fort d'un certain côté.
Vous avez goutez aux playoffs NBA. Que retenez-vous de cette expérience ?
R.T. : Une chose est claire : les playoffs c'est dur. C'est vraiment très intense. Chaque seconde passée sur le parquet est usante. Pour pouvoir jouer des matches couperets comme ceux-là, il faut être au top physiquement. Chaque erreur se paye "cash". C'est pour cette raison, qu'il faut travailler énormément pour être prêt. C'est vraiment des matches particuliers qu'on ne peut pas vivre ailleurs. Le public répond plus présent. Les tribunes sont pleines donc on se donne à fond. Ç'est vraiment à l'opposé de l'ambiance de la saison régulière. D'ailleurs je pense que l'expérience de playoffs va être très importante pour la suite de ma carrière.
Après vos années en NCAA, la vie d'un rookie est vraiment différente ?
R.T. : Non, pas vraiment ! Il faut savoir être concentré et avoir de la discipline. Il faut savoir que notre heure peut venir à tout moment. C'est pour cette raison que la patience est un atout déterminant durant cette année.
Depuis votre arrivée aux Lakers, Kobe Bryant vous a pris sous son aile. Il a souvent une image plutôt négative de l'extérieur. On le prend pour une superstar. Quel est votre avis ?
R.T. : La presse et le public ont une mauvaise image de lui. Il est perçu de cette manière par les gens qui sont hors de l'équipe. Personne ne sait comment cela se passe dans notre groupe. C'est quelqu'un de bien. Par exemple, il prend soin de moi. Il a fait attention pour que tout se passe bien pour moi. Pour que ma transition de l'université à la NBA se déroule dans de bonnes conditions. Je l'en suis reconnaissant.
Votre avenir, vous le voyez aux Lakers ?
R.T. : Oh ! Vous savez, je vis au jour le jour. On verra bien ce qui se passe dans le futur. Pour l'instant, je suis aux Lakers pour les deux prochaines années mais tout peut arriver. Vous savez dans le basket tout peut aller très vite. Mais je me sens bien à Los Angeles alors il n'y pas de raisons que je parte.
Quels joueurs vous ont marqué durant cette première saison NBA?
R.T. : Je n'ai pas eu la chance de défendre sur Shaquille O'Neal. Par contre j'ai rencontré, Yao Ming. Il est fort mais les deux joueurs qui m'ont vraiment impressionné sont Tim Duncan et Kevin Garnett. Ils sont très mobiles et toujours bien placé. Défendre sur eux est très enrichissant.
Revenons maintenant sur l'équipe de France, c'est un rêve pour vous d'aller au Mondial ?
R.T. : Ça c'est sûr ! Je joue en équipe de France depuis des années. Je suis passé par toutes les catégories jeunes depuis mes 14 ans. Je ne veux vraiment pas laissé passer une chance comme celle de participer aux Championnats du monde. C'est pour cette raison, que j'ai tout fait pour que les Lakers me laissent partir. Mes dirigeants souhaitaient me garder cet été pour me faire travailler mais j'ai réussi à les convaincre. Le mondial se serait vraiment une expérience grandiose alors je vais tout faire pour y être. Mais si je ne suis pas pris, je vais respecter les choix du sélectionneur.
Que comptez-vous montrer avec l'équipe de France A' ?
R.T. : Je veux leur prouver que j'ai ma place en équipe de France A. Mon but avec les A' est de démontrer que je sais jouer contre des Européens. Les gens restent sur l'idée que j'ai seulement joué en NCAA et que maintenant je suis en NBA. Depuis une année, je joue contre les meilleurs mais je dois montrer au staff de l'équipe de France que je peux évoluer contre les meilleurs intérieurs européens.
D'après vous, quels sont vos atouts pour évoluer avec les Bleus ?
R.T. : Je joue dur, je sais défendre. Je prends des rebonds mais je peux aussi marquer. En gros, je peux un peu tout faire sous les panneaux. Ça Claude Bergeaud le sait. Donc maintenant, c'est à moi de montrer ce que je peux apporter sur une longue compétition comme le Championnat du monde.
La concurrence nouvelle au poste d'intérieur, ne vous inquiète-t-elle pas ?
R.T. : Non ! Moi, je n'ai pas peur. Sur un parquet de basket, je ne crains personne. Je fais ce que j'ai à faire. Les gars devant moi comme Cyril Julian, Frederic Weis ou "Bobo" (Boris Diaw, ndrl), ce sont des joueurs accomplis. Je les connais tous mais je sais aussi que j'ai ma chance. Et c'est pour cette raison que je respecte le choix du sélectionneur.
Vous êtes très amis avec Tony Parker et Boris Diaw, les deux piliers de l'équipe de France aujourd'hui. Pensez-vous que c'est un avantage ?
R.T. : Bien sûr. On se connait depuis qu'on a 14 ans. On a évolué ensemble auparavant pendant des années à l'INSEP. On a des affinités que d'autres n'ont pas. On a l'habitude de jouer ensemble et on sait comment l'autre va réagir. Je pense que c'est un plus pour nous et aussi pour moi. Ça peut peut-être pencher dans la balance au moment du choix de Claude Bergeaud.
Pour conclure, un petit mot sur la réussite de Boris Diaw cette année en NBA ?
R.T. : Pour moi, ce n'est pas une surprise. Je connais le potentiel de Bobo depuis longtemps. On savait de quoi il était capable depuis des années. Je suis vraiment content pour lui et j'espère qu'il va pouvoir continuer comme cela pendant des années.



Imago





















