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Chris Paul, ce "loser" qui va faire gagner les Los Angeles Clippers

Chris Paul, ce "loser" qui va faire gagner les Clippers

Le 21/04/2017 à 23:26

NBA - Considéré comme une superstar incapable de mener son équipe vers le titre en raison de tous ses échecs passés, Chris Paul est pourtant le meilleur joueur de la série entre le Jazz et les Clippers. Et ça va faire la différence.

Le basket a beau être un sport collectif, un seul joueur peut parfois faire la différence quand il est plus fort que tous les autres sur le terrain. D’ailleurs, en playoffs, la coutume veut que l’équipe qui dispose du joueur le plus brillant sur une série finisse par se qualifier. Il existe une situation-type pour reconnaître celui censé assurer le rôle du saveur. Ses coéquipiers lui donne le ballon lors des possessions les plus importantes d’un match. Ces moments où la gonfle circule moins. Voire presque plus. Le jeu devient rugueux. La salle retient son souffle. Comme si le temps s’arrêtait, suspendu et dans l’attente des exploits individuels d’une superstar. Quand une équipe a absolument besoin de marquer, elle tend, presque naturellement, à mettre de côté ses systèmes et ses principes collectifs pour laisser son meilleur élément prendre le dessus sur son vis-à-vis balle en main. Cet homme, sur la série entre les Los Angeles Clippers et le Utah Jazz, c’est Chris Paul.

Les Californiens se sont plantés en ouverture. Ils ont perdu le premier match sur un panier décisif de Joe Johnson au buzzer. Un résultat décevant qui a éclipsé l’excellente prestation de CP3 (25 points, 11 passes, 7 rebonds). A l’exception d’un lay-up de J.J. Redick, il était le seul joueur de L.A. à avoir marqué dans les six dernières minutes. C’est encore lui qui a égalisé à quelques secondes de la sirène, juste avant que Johnson n’achève les Clippers. Une action décisive oubliée.

Une fois sortis du contexte, une fois les matches terminés, ces paniers cruciaux de Paul perdent de leur valeur. Ils ne se repèrent pas toujours mais ils sont pourtant terriblement importants. Des petits tirs à mi-distance, souvent après s’être arrêté en tête de raquette, pour prendre l’avantage. Recoller au score. Ou même conserver un écart. Qui se souvient d’un shoot pour maintenir le score à +6 ou +8 ? Personne. Pourtant, ils ont une influence sur le moral de ses coéquipiers et sur celui de l’adversaire. Il marque dans les moments clés.

Au Jazz, cette mission revient de fait à Gordon Hayward, seul All-Star de l’effectif, ou à l’expérimenté Johnson. Mais aucun des deux n’affiche la même efficacité et la même régularité que le leader des Clippers. Sa production lors des deux premiers matches (25 pts, 7 rbds et 11 pds puis 21 pts, 10 pds et 3 interceptions) est à l’image de ce qu’il fait depuis le début de sa carrière. Il joue parfaitement juste. Mais ça, c’est une habitude pour lui.

Chris Paul, loser malgré lui

Il jouit d’une réputation de loser malgré des performances individuelles de champion. Ses statistiques globales depuis son arrivée en NBA parlent pour lui. Les bilans collectifs nettement moins. Avec 21,1 points à 48% aux tirs, 38% à trois-points, 4,7 rebonds, 9,4 passes et 2,3 interceptions compilés en 71 matches, il est, aussi fou que cela puisse sembler, l’un des meilleurs joueurs de l’histoire en playoffs. Des prouesses glorieuses, il en compte à la pelle. En 2008, à 22 ans seulement, il a presque éliminé les San Antonio Spurs à lui tout seul. 23,7 pts, 4,4 rbds et 10,7 passes mais les New Orleans Hornets avaient été sortis au bout d’une ultime septième manche. Des paniers décisifs, il en a mis des paquets. Contre ces mêmes Spurs, alors champions en titre, pour les éliminer au premier tour des playoffs en 2015 par exemple.

Chris Paul est un crack. Sur le papier, il a tout pour faire gagner son équipe. Il maîtrise tous les aspects fondamentaux du jeu. Il défend dur. C’est un meneur de jeu exemplaire mais aussi un meneur d’hommes. Mais il y a forcément un problème quelque part. Sinon, il aurait déjà passé le second tour. Après tout, les meilleurs joueurs sont jugés sur leur capacité à mener leur équipe vers le titre, non ? C’est bien à cause de son palmarès vierge de toute finale de Conférence que sa réputation de perdant n’est pas forcément injustifiée à défaut d’être complètement vraie.

Est-ce mental ? Sa manière d’aboyer en permanence sur les arbitres, ses adversaires ou ses équipiers a peut-être des conséquences négatives illisibles dans les stats. Est-ce physique ? Depuis la légende Isiah Thomas, aucun joueur de sa taille (1,83 m pour CP3) n’est parvenu à mener une franchise vers le titre. Mais en attendant que ses Clippers se fassent découper au second tour par les Golden State Warriors, s’il y a bien un joueur qui peut leur permettre de passer l’obstacle dressé par le Jazz et entretenir l’espoir d’une campagne héroïque en playoffs, c’est lui. C’est Chris Paul.

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