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Irving sur le départ, LeBron bientôt libre… Les Cavaliers sont prêts à exploser !

Irving sur le départ, LeBron bientôt libre… Les Cavaliers sont prêts à exploser !

Le 25/07/2017 à 17:09Mis à jour Le 25/07/2017 à 19:53

NBA - Entre les envies de transfert de Kyrie Irving et les rumeurs d'un départ prochain de LeBron James, les Cavaliers sont programmés pour s'autodétruire très rapidement.

Quand Kevin Durant a pris la décision de rejoindre Stephen Curry (mais aussi Klay Thompson et Draymond Green) aux Golden State Warriors, les supporters des Cleveland Cavaliers ont rabâché sans cesse les mêmes arguments pour tempérer l’enthousiasme grandissant autour de l’armada californienne.

A coup de débats télévisés ou sur la toile, les détracteurs et les sceptiques ont répété qu’il n’y avait évidemment qu’un seul ballon sur le terrain, qu’autant de superstars ne pouvaient pas évoluer correctement ensemble sans faire naître de la frustration et que, finalement, cette association de talents finirait mal. Ils étaient convaincus que les egos des uns et des autres feraient la peau à leur envie de gagner. Peut-être cherchaient-ils simplement à se rassurer devant la menace terrifiante – surtout pour le suspense – que représentent les Warriors ?

Kyrie Irving veut être Batman, pas Robin

Il ne veut pas seulement être le boss de sa propre équipe. Toutes les destinations préférentielles supposées du joueur (San Antonio, Miami, New York et Minnesota) sont des franchises qui possèdent déjà au moins une star. Où qu’il aille, "Uncle Drew" devra se préparer à partager la gonfle, que ce soit avec Kawhi Leonard, Kristaps Porzingis ou Jimmy Butler. Il n’est pas question de faire une Russell Westbrook collection 2016-2017.

LeBron James et Kyrie Irving lors du match 5 entre Cleveland et Boston

LeBron James et Kyrie Irving lors du match 5 entre Cleveland et BostonGetty Images

Il ne veut juste plus avoir à subir les exigences permanentes de LeBron. Un homme qui réclame toute la lumière et qui attire tous les projecteurs vers lui. Logique, il s’agit là de l’un des trois meilleurs basketteurs de tous les temps. Mais il prend énormément de place à Cleveland. Trop de place. Il est bien trop central pour qu’un joueur aussi talentueux qu’Irving, qui se dit fier d’adopter la mentalité de Kobe Bryant, puisse exister librement. Autant sur le parquet qu’en dehors. James tient à ce que tous les systèmes reposent sur lui. Tout est construit autour de lui et lui seul. Son jeune lieutenant a beau prendre plus de tirs, il se sent donc laissé de côté. Cantonné à un rôle de finisseur qui lui sied pourtant parfaitement.

Mais l’influence du natif d’Akron dépasse largement le cadre des terrains. En coulisses aussi, tout passe par lui. Il a son mot à dire sur toutes les décisions ou presque. Ses acolytes ont investi le staff de l’organisation et ses amis voyagent avec l’équipe en déplacement. Des traitements de faveur qui auraient aussi fini par pousser Irving à vouloir mettre les voiles.

Un propriétaire qui reprend le pouvoir

Il n’est pas le seul à chercher à se détacher de l’emprise du triple champion NBA. Dan Gilbert, propriétaire excentrique des Cavaliers, a mené une campagne pour reprendre sa franchise en main depuis le début de l’été. D’ordinaire assez impliqué dans la stratégie sportive de l’équipe, le milliardaire a dû apprendre… à la fermer. Il lui a fallu faire profil bas pour convaincre James de revenir dans l’Ohio quatre ans seulement après la lettre incendiaire du propriétaire frustré par le départ de son prodige vers le Miami Heat.

Depuis 2014, Gilbert se tait. Il a laissé sa superstar prendre le contrôle. Il a raqué pour payer une blinde les amis proches du joueur (Tristan Thompson et J.R. Smith, qui partagent le même agent que LeBron). Il a payé pour licencier David Blatt, un coach qu’il avait pourtant choisi. Il a ensuite sorti le chéquier pour nommer Tyronn Lue sur le banc, un autre membre de l’entourage de James représenté par Rich Paul. Et en plus de ça, il devait aussi encaisser les critiques à peine masquées du quadruple MVP en cours de saison.

Dan Gilbert, propriétaire des Cleveland Cavaliers.

Dan Gilbert, propriétaire des Cleveland Cavaliers.Getty Images

Comme Irving, il en a eu marre. Gilbert a commencé par virer David Griffin, dirigeant pourtant compétent, au plus mauvais moment. Juste avant le début du marché des transferts. LeBron n’a évidemment pas été consulté et il s’est dit déçu. Dans la foulée, le proprio a essayé de mettre Chauncey Billups, l’un de ses associés, au pouvoir. Ce dernier a refusé. Les Cavaliers se sont donc retrouvés sans manager lors de la période la plus stratégique de l’intersaison. Borné, Gilbert a donc mené lui-même le recrutement.

Et le résultat est catastrophique. Cleveland a choppé des "noms" mais pas des basketteurs capables de combler le fossé évident qui se creuse avec les Warriors. José Calderon a fait une excellente carrière. Mais à bientôt 36 ans, il lui sera difficile de faire mieux que le fantomatique Deron Williams en sortie de banc. C’est dire. Kyle Korver est un shooteur fabuleux mais, à 37 piges, il n’apporte plus rien d’autre sur un terrain. Et le signer plus de 7 millions la saison pour trois ans garantis, jusqu’à ses 40 balais, est tout sauf un choix judicieux. Jeff Green est cuit depuis 2014. Derrick Rose depuis 2012.

Et si le vrai départ était celui de LeBron James ?

C’est typiquement le recrutement d’une équipe en fin de cycle qui joue le tout pour le tout. Etrange pour une franchise qui vient pourtant de disputer les trois dernières finales. Alors pourquoi ce sentiment d’urgence permanent ? Pourquoi cette absence de sérénité ? Peut-être parce que Dan Gilbert et Kyrie Irving cherchent à anticiper le départ de LeBron. Si les rumeurs concernant les envies de transfert du meneur agitent en ce moment la toile, elles ont aussi relancé celles d’un futur déménagement de James. Il sera libre de signer où bon lui semble en 2018.

La perspective de former une nouvelle "superteam" aux Los Angeles Lakers avec Paul George est alléchante. Une franchise mythique, un nouveau défi, un état démocrate pour un basketteur politisé, un marché plus grand pour un businessman qui n’a jamais caché son désir de devenir milliardaire, un climat ensoleillé toute l’année… c’est tout de même plus excitant que la grisaille de Cleveland, la cohabitation avec un Gilbert pro-Trump avoué et surtout une équipe vieillissante et dysfonctionnelle.

Une page est en passe de se tourner devant nos yeux. Les Cavaliers tels que nous les connaissons ont enflammé la NBA pendant trois ans mais ils sont programmés pour l’autodestruction. Que ce soit dans une semaine, un mois ou un an. Finalement, l’avenir de la franchise dépendra pour beaucoup de ce qu’elle pourra récupérer en échange de Kyrie Irving. La fin d’une époque, assurément.

LeBron James lors de Boston - Cleveland en finale de Conference Est de NBA le 17 mai 2017

LeBron James lors de Boston - Cleveland en finale de Conference Est de NBA le 17 mai 2017Getty Images

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