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La mémoire sélective de Vettel et Alonso
28/11/2012 - 11:50

La mémoire sélective de Vettel et Alonso

Vettel a pris une nouvelle dimension à Sao Paulo. Il y a remporté un titre de plus, et s'est surtout payé la tête de Ferrari. Le luxe suprême ! Sûrement trop bien élevé, l'Allemand n'avait jusque-là jamais mordu sur l’institution. Dimanche, il a regretté les incessantes manœuvres de déstabilisation de l'écurie italienne. Dans le viseur : Domenicali, Alonso and co. En juin dernier, il avait opposé le silence à la rengaine du directeur de la Scuderia quant à une possible cohabitation avec Alonso en 2014. Un mois plus tard, le président Montezemolo en avait remis une couche ; le garçon s'était poliment dit "honoré" par de tels compliments. Le 15 octobre, au lendemain de sa prise de pouvoir au championnat au détriment de l'Espagnol, il avait comme par hasard appris de la BBC sa signature chez Ferrari en 2014… Rien que ça ! Montezemolo avait fini par calmer le jeu, signifiant son refus d'abriter "deux coqs dans le poulailler".

Et en arrivant en Inde, fin octobre, le garçon avait dû se justifier, une fois de plus."Je n'ai rien signé du tout avec Ferrari et je ne comprends pas comment de telles rumeurs peuvent se propager", s’était-il offusqué. Si, il comprenait très bien. "J'imagine que certains supposent que cela pourrait nous déstabiliser, en brisant la confiance entre Red Bull Racing et moi. Mais je souligne que je suis très heureux chez Red Bull et 100% avec eux, comme eux sont 100% avec moi."

Mauvaise foi

Dimanche, l’intox a encore tourné à plein régime. Comme à son habitude, Alonso a pris la terre entière à témoin en direct - donc la FIA - en se plaignant de débris sur la piste, au 22e tour. Au passage suivant, la voiture de sécurité était effectivement déployée. Une coïncidence ? Une "blague" selon Force India. Et hop, 50 secondes gagnées pour Nando ! Et d’un coup, des fuyards (Hülkenberg et Button) qui n’en étaient plus. De bonne guerre. On n’empêchera jamais Vettel d’avoir fait le rapprochement. Pour autant, il ne pourra se plaindre de la direction de course qui classa sans suite, logiquement, son dépassement sur Kobayashi au virage 10 du neuvième tour, mais qui n’a pas remarqué sa manœuvre illicite de Vergne sous drapeau jaune au virage 4 du quatrième tour. La presse espagnole s’en émeut à juste titre aujourd’hui mais les résultats sont officiels, donc sans appel. Vettel a eu beau jeu de dénoncer les "coups bas" maranelesques. Au sens où c’est finalement de la politique et que ça lui échappe. Mais il doit reconnaître que tout le paddock pointe la mauvaise foi budgétaire de Red Bull, hors la loi du RRA (réduction des coûts) depuis plusieurs années, et qu’il en profite directement. L’Allemand oublie aussi qu’il roulait déjà sur les traces de Schumacher à Monza lorsqu’il a subtilement envoyé Alonso paître à 300 km/h. Drive through à l’appui.

A l’arrivée, Alonso a entendu parler de ce dépassement de Vettel sur Kobayashi sous un régime de drapeau jaune qui n’en était pas un. En revanche, c’est dommage qu’il ait mis son échec planétaire sur le dos de Grosjean. Le raccourci était un peu facile, il n’y résista pas, sous le coup de l’émotion. En vérité, il faut distinguer les causes extérieures de ses propres erreurs ou de celles de son équipe. Alonso a perdu gros à Spa mais Vettel a aussi laissé pas mal de points en route à cause d’un vulgaire alternateur. Il a oublié de dire qu’il en avait pas mal profité à Valence, là-même où Grosjean lui avaot donné sept points supplémentaire à cause de la même malfaçon. Hamilton, victime collatérale dans les Ardennes, a aussi eu son lot d’impondérables, et pas plus tard que dimanche. Sans cela, Alonso n’aurait pas eu un, mais deux rivaux à Sao Paulo. Il faut le rappeler qu’il s’est fabriqué son propre malheur en forçant le passage sur Räikkönen à Suzuka. Il s’était frotté de la même manière à Grosjean à Monaco, en toute impunité. Il pense qu’il aurait dû avoir le monopole de la baraka mais on ne peut pas le suivre sur ce terrain-là.

Alonso a ébloui par son implication, sa ténacité sans limite cette année. A tel point qu’il ne se sent pas capable de faire mieux en 2013. La marge se situe bien au plan technique, comme l’a (encore) reconnu Montezemolo. Ses échecs sur le fil de 2010 et 2012 ne feront que relever son mérite et ce sentiment de justice qui prévaudra lorsqu’il décrochera le titre.

Stéphane VRIGNAUD

 
 
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