Eurosport
 WTCC : Circuit Paul RicardRegarder 
 
  • header rouquette
 
Le PSG reste le seul "vrai" candidat au titre
05/11/2012 - 02:02

Le PSG reste le seul "vrai" candidat au titre

Le week-end de L1 s'est achevé sur une impression plutôt désagréable. Après sa première défaite domestique en L1 et de l'une de ses prestations les plus vilaines de la saison, le Paris-Saint-Germain reste plus que jamais le seul candidat crédible à la succession de Montpellier, qu'il retrouvera dimanche pour une sympathique curiosité plus que comme un match au sommet. On peut - comme je l'ai fait samedi sur twitter - se méfier de ce qu'un mois de novembre va réserver au PSG. La crise, l'effondrement, le psychodrame, l'irrationnelle pente savonneuse ne peuvent jamais être écartées d'un revers de la main avec un club à l'ADN si spécial. On n'en est pas là. Il reste à cette heure hautement probable que le club de QSI parvienne à se soustraire d'une réelle concurrence cette saison. C'est l'idée qui s'impose en observant ce qui s'est passé depuis la victoire des Verts au Parc, même si l'OM est virtuellement leader avec son match en retard contre Lyon.

Ce manque apparent de concurrence, Carlo Ancelotti aurait de sérieuses raisons de le regretter car il est à l'origine des maux qui ont permis la défaite de samedi. L'entraîneur italien a mis des termes un peu diplomatiques sur la thèse que nous avons défendue à chaud, sur ce site, et qui a heurté certains fans du PSG, mais il l'a défendue aussi : l'équipe parisienne a joué en marchant, trop peu concernée par les événements et la cause collective, tout simplement parce que supériorité individuelle à tous les postes (ou presque) le lui permet généralement en championnat. Ne doutons pas que l'équipe parisienne resserrera les boulons après ces moments désagréables. Ne doutons pas qu'elle sera amenée à gérer ses efforts, consciemment ou pas, d'autres fois, plus tard dans la saison, face à la même tentation, et pour les mêmes raisons.

Toulouse ne fera pas "une Montpellier"

Avec Marseille, Lyon, voire Toulouse, on aurait aimé, ce dimanche, sentir un petit frisson autour du grand patron de la L1. Comme un regroupement général au classement, sublimé par une forte impression collective capable d'émettre le doute. C'est le contraire qui s'est produit.

Commençons par Toulouse. Je suis tombé de l'armoire, dimanche, en voyant que les télévisions commençaient à s'interroger sur la capacité du TFC à réussir "une Montpellier", c'est-à-dire à être champion de France à la surprise générale, si on a bien compris. Il est regrettable que l'équipe d'Alain Casanova ait été rattrapée, contre Bordeaux (défaite 1-0), par on ne sait quel vieux réflexe alors que la transformation de son jeu vers quelque chose de plus offensif est une réalité qui se construit pas à pas depuis dix-huit mois. Mais son excellent début de saison ne justifie pas qu'on propose au club d'Olivier Sadran de faire mieux que ses inespérés exercices 2006-2007 (3e) et 2008-2009 (4e). Pour une raison simple : la saison réussie par Montpellier en 2011-2012 était une exception absolue. Le MHSC a été l'un des champions les mieux élus de l'histoire, avec un total de points stratosphérique (84 points). Je ne parierais pas ma chemise sur le fait que le PSG de cette saison ira à cette hauteur-là...

Le potentiel de l'équipe toulousaine est indéniable, mais il lui manque encore une alchimie aussi puissante que celle qui avait poussé Belhanda et Giroud à évoluer à un si haut niveau la saison dernière. Dans le genre gros collectif et large palette individuelle, Saint-Etienne me semble peut-être mieux armé : un énorme gardien, deux attaquants performants et complémentaires, notamment un Aubameyang qui est train de trouver son identité technique, une énorme discipline collective, beaucoup d'instinct (Hamouma), pas mal de métier (Cohade). Mais on parle ici de l'hypothèse d'un Top 5. Pas d'une rivalité pour le titre.

L'OL et l'OM ont gagné, certes...

Lyon et Marseille ont mieux assumé que Toulouse leur ouverture vers le haut du classement après la défaite du PSG. Ils ont gagné. A Lyon, on a eu le spectacle en prime. Mais on reste loin de l'idée que les deux équipes ont les moyens de concurrencer le PSG pour le titre. Sans aller jusqu'à rappeler que l'équipe-type de l'OM a été battu par un PSG-bis cette semaine en Coupe de la Ligue (2-0), l'équipe d'Elie Baup évolue sur un fil trop étroit pour justifier un enthousiasme débridé. Son impact offensif dépend trop de Valbuena et des inconstances des autres (les frères Ayew, Remy, Gignac). Son équilibre défensif reste aussi très précaire. On sent l'équipe habitée d'un besoin de reconnaissance très sain, mais dans son expression collective, cela reste fragile. Atteindre la trêve sans trop de dégâts serait déjà une franche réussite pour une équipe qui a beaucoup donné depuis cet été.

Sur ce plan-là (l'équilibre défensif), on pourrait en dire bien davantage de l'OL. Lyon prend un moyenne d'un but par match et a perdu le rempart (Lloris) qui avait rendu tous les écart soutenables ces deux dernières saisons. A côté, l'équipe de Remi Garde possède la force de frappe offensive la plus crédible de L1 derrière le PSG avec Lisansdro, Gourcuff, Gomis, mais aussi Grenier et Lacazette, deux vrais talents qui peuvent grandir très vite en quelques mois. Lyon a déjà été un champion de France déséquilibré avec une équipe penchant vers l'avant, en 2008, sous Alain Perrin. Mais l'équipe sortait de six titres de champion. Elle en imposait. Le contexte a totalement changé et je reste sur l'impression que l'OL est actuellement plus proche de ce qu'il était à la fin des années 90 qu'au coeur des années 2000. A la limite, si une équipe ressemble à cet OL 2008, celui de Benzema et Ben Arfa, c'est le PSG actuel : du talent devant, un bloc globalement défaillant, mais une force individuelle qui fait la différence.

En plus, c'est malheureux à dire, mais l'OL et l'OM souffriront l'un et l'autre de la Ligue Europa, s'ils souhaitaient nourrir le rêve de la reconquête du titre de champion. Leur effectif a été trop allégé pour qu'il puisse soutenir toute la saison deux lièvres aussi exigeants. Je regarderais très certainement leur cas différemment s'ils n'avaient que la L1 à poursuivre, comme Montpellier la saison dernière. A ce titre, leur élimination en Coupe de la Ligue cette semaine est une excellente nouvelle pour eux.

Lille, pourquoi pas...


Finalement, s'il fallait, en grattant un peu trouver un rival au PSG pour le titre, on retombe sur le même qu'au mois de juillet : Lille. Le LOSC reste sur trois victoires. Cela ne garantit rien pour l'avenir sinon qu'il n'a pas totalement décroché, comme on pouvait le craindre. Il s'apprête à retrouver le régulateur de son jeu, Rio Mavuba. Il s'inscrit dans le schéma classique de montée en puissance automnale qui avait fait la griffe de ses deux précédentes saisons. Enfin, son retard sur le PSG reste "raisonnable" à 27 journées de la fin : cinq points, c'est encore un fossé que les événements peuvent combler.

Parmi ces événements, il y aurait une série de résultats négative pour Paris. Est-elle possible ? Samedi soir, Mamadou Sakho a lâché : "Seul le PSG peut battre le PSG". Il est vraisemblable que le défenseur pensait simplement à la L1. Si le club de la capitale avait été battu par bien meilleur que lui à Porto en Ligue des champions (1-0), un scénario qu'on risque de revoir cette saison, sa responsabilité est beaucoup plus engagée dans la déroute face à Saint-Etienne. En onze journées, le club de la capitale avait donné le bâton pour se faire battre au moins cinq fois sur la scène domestique. Ses adversaires ne l'avaient pas saisi. L'un d'entre eux vient de le faire. Le PSG sait désormais en-deça de quel niveau de sérieux et d'implication il ne peut pas descendre en Championnat. C'est une information précieuse pour lui s'il sait l'utiliser à bon escient. C'est peut-être même la seule qui lui manquait avant de lancer pour de bon son cavalier seul. Ne pas être en mesure de la méditer serait inquiétant pour lui.

Cédric ROUQUETTE
twitter : @CedricRouquette

 
 
À ne pas manquer
  • Découvrez Le Mag Eurosport

    Parce que sport rime aussi avec Lifestyle, Culture et High-tech, Eurosport vous garde au top des tendances avec son nouveau site LeMag.

  • Le BUZZ Eurosport

    Pas de score ni de compte-rendu de match, mais des succès, des chutes, des classements, des filles sexy... Retrouvez ici l'actu décalée du sport !

  • Regardez Eurosport où vous voulez, quand vous voulez

    Avec Eurosport Player, vivez et revivez tous les grands événements sportifs sur vos écrans. Accédez en illimité aux chaînes Eurosport et aux contenus exclusifs, en Live et à la demande.

Suivre Eurosport.com
 
Sur Facebook
 
Sur Twitter
 
Sur Mobile
 
Google Plus