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PSG : l'enjeu du jeu
12/02/2013 - 11:02

PSG : l'enjeu du jeu

Le PSG débute ce mardi soir à Valence une aventure sans filet, celle qui dira si toute la pression qu'il s'est mise à force d'investissements massifs a une chance de porter ses fruits dès cette saison en Ligue des champions. De par la stature de son adversaire, très respectable, mais hors cadre des poids lourds européens, le PSG n'a pas le droit à l'erreur. Tout ce qu'il entreprendra sur le continent jusqu'en mai sera jugé à l'aune du résultat. Pas grand chose ne lui sera pardonné, notamment hors de France, s'il est éliminé par autre chose qu'un Barça, un Bayern ou un Manchester United. Mais au-delà de la lecture sèche du résultat, le contenu de cette phase à élimination directe en dira long sur la façon dont le PSG conçoit l'empreinte qu'il laissera dans la reine des compétitions. Pour parvenir à ses fins, le club de la capitale doit choisir quels moyens, on veut dire "quel projet de jeu", il emploiera pour franchir ce tour, et les autres. Il a l'embarras du choix. C'est une chance autant qu'une fragilité.

D'évidence, la C1 arrive à un moment parfait pour lui. Le PSG semble déjà s'être mis à l'abri en Ligue 1. L'inconsistance collective qui avait plombé quelques soirées d'automne a été chassée depuis une victoire contre le FC Porto, lors de la 6e journée de la Ligue des champions. Une équipe est en train de naître. En train seulement, et il est possible que les matches-couperets arrivent un peu tôt pour elle. La Ligue des champions s'offre rarement, sinon jamais, aux équipes en train de trouver leurs repères. La dernière en date doit être le Liverpool de 2005.

L'Inter et Chelsea ont montré que la prudence avait de l'avenir

Au-delà du degré de maturité des prétendants, la reine des compétitions européennes offre une sujet de méditation épineux à Carlo Ancelotti. La C1 a incontestablement assuré, ces dernières années, la promotion du jeu vers l'avant. Elle récompense au plus juste les équipes passées maîtres dans l'art de posséder le ballon, d'en priver l'adversaire, de dicter le tempo du match et de faire craquer l'opposant grâce à une qualité technique supérieure dans les trente derniers mètres : du Milan de 2007 porté par Kaka  (sous la direction d'un certain Ancelotti Carlo), aux Barça de 2006, 2009 et 2011, en passant par le Manchester United version Cristiano Ronaldo en 2008, les clubs qui ont dompté la Ligue des champions au XXIe siècle l'ont fait avec un lot éblouissant de maîtrise technique.

Deux exceptions au tableau, et non des moindres : deux des trois derniers vainqueurs, l'Inter en 2010 et surtout Chelsea en 2012, ont offert deux alternatives aux techniciens européens. Si l'Inter de 2010 est souvent caricaturé sur le souvenir de sa demi-finale contre le Barça, Chelsea a été une preuve inattendue qu'un plan de jeu plus restrictif pouvait se hisser au sommet de l'Europe. Le club londonien a aussi su, pour cela, s'appuyer sur un attaquant exceptionnel (Drogba). Le PSG en possède un lui aussi (Zlatan), même s'il n'a jamais brillé au-delà de la première phase. Toutes proportions gardées, Paris peut s'inspirer de ce précédent s'il le souhaite.

Encore handicapé pour "faire le jeu"

Car si le PSG est déjà plus riche que le Chelsea de l'an passé dans son mode opératoire, il est évident qu'il n'a pas encore les moyens de partir à l'abordage et de presser haut sans une très haute prise de risque. Carlo Ancelotti et Leonardo s'accordent depuis leur arrivée sur la nécessité d'un PSG charismatique, emballant et spectaculaire. Mais l'identité technique que le PSG a construite en Ligue 1 reste plutôt celui d'une équipe de contre, "giclante", capable de transpercer les lignes. La victoire à Toulouse en fut la démonstration la plus éclatante (0-4). Mais dès la semaine suivante, contre Bastia (3-1), face à une équipe qui a eu l'idée élémentaire de ne pas craquer dès la quatrième minute, le club de la capitale a montré combien "faire le jeu", jouer haut, combiner dans les intervalles restait quelque chose de laborieux pour son manque de vécu et le profil de ses hommes. Quel plan de jeu adopter contre Valence ? Ancelotti promet qu'il ne vient pas à Mastella avec sa balance d'épicier (1). Mais l'Italien sait aussi combien il serait risqué de défier le FC Valence avec une approche héritée des usages de la Liga : son équipe n'en a ni l'habitude, ni les ressources, ni fondamentalement l'intérêt.

La donne est particulièrement  complexe car le FC Valence vaque lui aussi d'une identité technique à une autre depuis le début de la saison. La "plus française des équipes de Liga" avait, sous la direction de Pellegrino, les us et coutumes d'une équipe de Ligue 1 : présence physique, milieu renforcé, principes de jeu réalistes. Il est redevenu une équipe offensive, qui garde le ballon et porte haut le label "made in Spain".

Le PSG a vu, lors de la première phase, combien il était en souffrance contre une équipe technique et maîtresse du milieu. C'était contre le FC Porto (1-0), où il n'avait pas vu le jour.  Mais au retour, en mettant de l'intensité dans les duels et en introduisant du liant collectif dans ses idées, le PSG s'est imposé au même adversaire, au point de boucler la meilleure première phase de tout le plateau, tel un vieux briscard de la C1. Il n'en est pas encore là. Mais ce bilan a ouvert son appétit et chassé quelques complexes potentiels. Ce match a marqué le coup d'envoi de l'utilisation d'une organisation (4-4-2) beaucoup plus rare qu'à une certaine époque en Europe, assez inattendu, mais qui correspond aussi aux premières amours parmesanes de Carlo Ancelotti. 4-4-2 contre 4-2-3-1 valencien : le duel des organisations est programmé. Celui des philosophies de jeu reste à cette heure une éventualité. Osons un pari : c'est la plus probable.

(1) "Notre objectif c'est de bien jouer, de produire notre football et d'imposer notre jeu. C'est ce qu'on veut faire ici, avoir le ballon, jouer. Si on est capable de faire ça ici demain ce sera très bon pour nous et très important."

Cédric ROUQUETTE
Twitter : @CedricRouquette

 
 
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