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Montpellier : le jeu… et le mental !
30/04/2012 - 10:39

Montpellier : le jeu… et le mental !

Week-end presque crucial pour Montpellier qui gagne à Toulouse (1-0) quand Paris perd à Lille (2-1). Et au petit jeu du « mental vainqueur » ce n’est pas le MHSC, réputé moins fort, qui a craqué…

Il y a deux jours pourris dans la semaine : le lundi, le « merdredi » et le vendredi 13. Oui, je sais, ça fait trois, je sais compter, merci... Donc, le vendredi 13, même s’il est floqué 27 comme il y a trois jours. Ce soir-là, à l’heure de l’apéro, Montpellier est allé taper Toulouse chez lui (1-0). Ce vendredi 27 au matin Antoine Kombouaré était nommé aux Trophées UNFP dans la catégorie « meilleur entraîneur de L1 2011-12 »… Antoine a juste fait une demi-saison, démis officiellement le vendredi 30 décembre. Encore un vendredi ! Neuf jours plus tôt, après une victoire à Sainté (1-0), « son » PSG était champion d’automne, leader avec 3 points d’avance sur Montpellier. Antoine avait ramassé 40 points en 19 matches. Ce matin, le Paris d’Ancelotti est deuxième, avec 67 points et à 5 unités des Héraultais : même en gagnant ses quatre derniers matchs (donc 79 points au final), le Paris d’Ancelotti ne fera donc pas mieux que celui d’Antoine (39 points contre 40)… Ceci dit, si Paris est champion, on oubliera ces chiffres. Mais ils sont là : pas encore la preuve irréfutable de l’échec du Paris d’Ancelotti, mais un sérieux indice du bon boulot de Kombouaré. On verra si « Coach Kanak » sera distingué le dimanche 14 mai par l’UNFP face à Pantaloni, Girard et Garcia...

Montpellier « in » !

On connaissait la supériorité collective de Montpellier sur Paris, illustrée entre autre avec sa démonstration au Parc (2-2). Mais on doutait surtout du mental de la bande à Girard à bien finir la saison. Perso, je doutais aussi un peu du moral du MHSC mais j’insistais aussi sur le fait que Paris n’offrait pas non plus de grosses garanties sur le plan psychologique. C’est pour ça que je ne me suis jamais « imaginé » Paris champion. Ce week-end, ça s’est encore vérifié. Ce sont bien les « petits » Montpelliérains jouant souvent avant le PSG qui ont encore mis une pression destructrice sur les « grands » Parisiens, soi-disant blindés d’expérience. En cette fin d’exercice c’est bien Paris qui s’est le plus désuni dans le jeu et dans l’esprit. Pas Montpellier. Parce que Montpellier grandit vite, mûrit vite. Rien à voir avec le Montpellier encore « juvénile » d’il y a quelques semaines quand Bédimo et Bocaly montaient souvent et joyeusement dans les couloirs ou quand Yanga-Mbiwa apportait le surnombre devant. Fini ! Montpellier est en mode « gestion de fin de championnat », carburant au 1-0 sec (le 10e de la saison à Toulouse). Le beau jeu intégral, la longue possession-laminage qui faisait craquer l’adversaire passée l’heure de jeu ont laissé place à une maîtrise plus cynique sitôt l’avantage acquis. Contre VA et surtout à Toulouse (après ouverture du score précoce) la discipline tactique et comportementale a impressionné : zéro flamboyance mais 100 % concernés sur le contrôle du jeu. Même les stars Belhanda et Giroud bossent comme des malades pour le collectif…

Montpellier est meilleure défense avec Toulouse (31 buts encaissés) mais personne n’oserait affirmer que Montpellier est une équipe défensive : quel plus bel hommage pour cette équipe qui le prouve en étant aussi troisième meilleure attaque (61 buts, à trois petites unités de Lille et Paris) ? Après tout pour être champion, il faut toujours être à la fois cigale et fourmi… Le mental des Héraultais tient bon parce que leur « métamorphose » tactique a d’abord bien fonctionné. Sans parler de plan B, Montpellier a su se réinventer en calmant un peu ses audaces. Henri Bedimo cite en référence le match aller… contre Paris (0-3 à la Mosson) : « Ce jour-là on a compris des choses dans la gestion d’un match. On s’est recadré. » L’élève montpelliérain aurait donc dépassé le maître parisien ? En tous cas, le calendrier impitoyable fait encore jouer le MHSC avant le PSG : mardi Evian vient à la Mosson, 24 heures avant que Sainté ne débarque au Parc. Pression à suivre. Le mardi, encore un jour pourri pour Paris ?

Paris « out » ?

La veille du match à Lille, Nenê pointait une grosse scorie du jeu parisien : « notre erreur, cette saison, c’est qu’on a tendance à lever inconsciemment le pied après avoir marqué, comme à Auxerre ». Bien vu, Nenê ! Sauf que cette sale manie de Paris de « baisser de pied » (moi, je voyais plutôt « Paris qui recule » presque systématiquement après avoir marqué), ça fait des années que ça dure. J’appelle même ça le « mal parisien ». Et pourtant… Après avoir ouvert la marque contre Lille, hier soir, par Pastore (48ème), le PSG a bel et bien maintenu sa pression offensive et bouffé le milieu lillois. Paris n’a pas « baissé le pied », n’a pas « reculé ». Enorme temps fort. Gestion à l’italienne mastoc avec Sissoko-Matuidi-Motta, dure et fluide à la fois. A ce moment précis, qui n’a pas entrevu ce Paris-là champion ? Même quand Gameiro a raté le break (63ème)… Après le 6-1 cannibale contre Sochaux, Paris éteignait Lille et abordait la grande explication finale, « enfin seuls » avec Montpellier. Et puis tout s’est enrayé en 9 minutes avec le péno insensé concédé par Sakho, expulsé illico sur accrochage de Nolan Roux (1-1, transformation de Hazard, 71ème) et avec ensuite une tête victorieuse de Roux (2-1, 80e).

Que de symboles autour de cette égalisation lilloise… Le relâchement coupable pas seulement de Sakho, battu par la trajectoire du ballon en profondeur de Cole, mais de tout le bloc parisien pas assez vigilant sur le réveil tactique lillois. Avec l’entrée de Cole plus Roux, soit quatre attaquants (avec De Melo et Hazard), Rudi Garcia avait changé la donne avec une sorte de 4-2-4. Sakho est donc expulsé. Sakho était à l’évidence le maillon faible du PSG, cette saison : le compromis bâtard entre un club attaché à son identité francilienne et formatrice et le réalisme froid et impitoyable d’un coach de calibre international. Deux cultures opposées : bien qu’attaché à l’identité des clubs où il passe, Ancelotti n’a jamais été emballé par Sakho, un jeunot de 22 ans bombardé capitaine, qu’il juge brouillon et immature au plus haut niveau… Mamadou était remplaçant et a suppléé Bisevac, sorti blessé à la 44ème. Sakho est la partie la plus visible de l’accident industriel qatarien qui se dessine… Réduit à 10, c’est Nenê qui est sorti, remplacé par Lugano. Lugano, autre déception du recrutement qatarien. Au fait !… Pourquoi Nenê et pas Pastore ? Pastore, autre déception cette saison du recrutement qatarien, n’avait pas vraiment fait d’étincelles, hormis son but… En sortant tête basse, Nenê perdait symboliquement son duel à trois du week-end (et de la saison ?) avec Belhanda et surtout Hazard : les deux ont marqué et ont tous les deux été « homme du match » contre Toulouse et contre Paris. Après avoir frappé le poteau, Eden a salué la L1 qu’il quittera au printemps d’un splendide coup du foulard, à l’origine du 2-1 de Nolan Roux…

Epilogue

Paris n’est pas vraiment moins fort que Montpellier et Lille. Comme ses deux concurrents, le PSG sait qu’il marquera au moins une fois en match. Un atout considérable dans n’importe quel championnat.  Mais à la différence du PSG, ces deux concurrents ont des certitudes dans le jeu, à la base une fois encore de leur mental supérieur. Quand Rudi Garcia aligne quatre attaquants, ce n’est pas exactement le coup de poker desperado : le système de jeu lillois continue de fonctionner à peu près normalement. René Girard pilote aussi un groupe de 15-16 joueurs immédiatement opérationnels : sans Giroud, Belhanda ou Hilton, Montpellier gagne, ou du moins ne perd pas. Ancelotti n’a pas encore le contrôle aussi abouti de son équipe qui se cherche encore. Or, dans le doute, on se rassure en se reposant sur son identité de jeu : Montpelliérains et Lillois rament aussi, concèdent des temps faibles et encaissent même des buts mais ils surnagent grâce à leurs schémas de jeu consolidés en match et à l’entraînement, en plus d’avoir un noyau de joueurs jouant ensemble depuis pas mal de temps. Paris ne se sublime encore que par ses traits de génie individuels plus que par une maîtrise collective qui commence cependant à se mettre en place. Paris n’a même pas l’excuse de la fatigue puisque libéré depuis longtemps des obligations de coupes (Europa Ligue, coupes de France et Ligue)…

C’est une autre fatigue, plus mentale, qui bouffe les Parisiens en manque de repères dans le jeu et pour certains, dépassés par un grand projet mené au pas de charge dont ils ne sont pas sûrs de faire encore partie la saison prochaine. Paradoxe des paradoxes, on dit toujours qu’il vaut mieux être le chasseur que le chassé, que la pression pèse plus lourd sur le leader que sur son poursuivant. Avec Paris et Montpellier (voir Lille qui se rapproche dangereusement à 2 points du PSG), c’est exactement le contraire : non seulement Montpellier ne craque pas mais en plus il se nourrit désormais du stress ultra visible des Parisiens.

Chérif Ghemmour

 
 
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