Montpellier, nouveau Dortmund ? (suite)
20/02/2012 - 11:30

Montpellier, nouveau Dortmund ? (suite)

Hier soir, 2-2 au Parc contre Paris mais c’est Montpellier qui a remporté les « 3 points du match nul ». Paris champion ? C’est pas gagné. Montpellier champion ? Why not…

J’avais pronostiqué une victoire de Montpellier au Parc. Pas par réflexe de classe (les « riches » contre les « pauvres »). Mais tout simplement parce que je pensais que les Héraultais étaient meilleurs que les Parisiens. Je n’ai pas découvert Montpellier depuis la trêve (MHSC invaincu). En septembre dernier, j’avais déjà signé un article très discuté avec le même titre, « Montpellier, nouveau Dortmund ? ». J’y exposais non pas le profil du futur champion de France (comme le jeune Dortmund, champion d’Allemagne « surprise » en 2011) mais plutôt une force impressionnante qui ferait durablement de Montpellier un candidat au titre. A la base, un truc évident : Montpellier est l’équipe la mieux vertébrée de L1. Jourdren-Hilton-Belhanda-Giroud, soient les quatre bons numéros (le 1, le 5, le 10 et le 9) pour toucher le quarté, au moins dans le désordre. Le reste de l’équipe-type n’étant pas mal non plus. Autre point de supériorité de Montpellier : la meilleure expression collective de L1. Même dans ce domaine, son seul concurrent lillois déroule moins bien que sa saison passée. Autre considération, mais plus subjective : mon admiration pour Giroud, que depuis la saison dernière je voyais rejoindre les Bleus. Dont acte (sélectionné contre Belgique et USA). Et tout comme lui, je n’ai toujours pas digéré son but extra refusé contre Paris à l’aller : le but de l’année annulé pour un hors-jeu imaginaire… Forts de ces deux atouts (« quatre majeur » et expression collective supérieure) je voyais donc les Pailladains l’emporter contre le PSG. Leur ferme décontraction les jours d’avant match, ainsi que la crainte qu’ils inspiraient aux Parisiens s’ajoutant à ma conviction de départ.

Les « Oranje et Bleu »…

Hier soir, prise directe à la gorge de Parisiens par des jeunes Montpelliérains plus mâtures que leur âge : 3 corners dans les cinq premières minutes. D’entrée aussi, leur milieu bouffe le midfield d’Ancelotti : à quoi sert un milieu à trois récupérateurs, censé contenir l’adversaire et blinder devant la défense ? Belhanda fait voler tout ça en éclats. Le rusé Girard a fait peser le danger sur Bisevac, pas latéral de métier : les montées alternées de Bédimo et Utaka provoquent l’hémorragie sur son flanc. Pressing haut et récup agressive au milieu du terrain étouffent Thiago Motta, démarreur du jeu parisien. Le marquage serré à deux, voir à trois, du porteur du ballon neutralise Nenê (complètement éteint hier soir) et Ménez. Montpellier déroule clairement et Paris court après le ballon... Alex ouvrira le score sur coup franc, contre le court du jeu mais Belhanda égalisera juste avant la mi-temps. En seconde période, Paris refait surface avec un Thiago Motta enfin plus incisif. Mais c’est Montpellier qui marquera à nouveau, avant de se faire reprendre à la 88ème (2-2).

Impression générale : Montpellier a été supérieur. Dans le jeu et dans l’esprit : beaucoup voyaient les jeunes Héraultais craquer dans ce match crucial. Malgré un engagement parfois limite, ils ont bien tenu au mental et dans le combat physique ils ont répondu comme peu d’équipes le feront face aux costauds du PSG. On note l’entrée de l’étonnant Stambouli, comme celles de Marveaux et Cabella qui n’altèrent pas le contenu du jeu des Sudistes. Preuve que Montpellier fonctionne parfaitement : même chahuté, les Orange et Bleu peuvent se reposer sur une identité de jeu claire dans laquelle chacun trouve automatiquement sa place. A Montpellier, le fameux bloc-équipe est plutôt mouvant : déployé au milieu et en mouvements dans les phases offensives : profondeur avec Giroud et appels sur les côtés de Utaka-Bedimo et Bocaly pour étirer le « bloc » adverse. En phase défensive, repli ultra rapide en bon ordre et réduction des espaces. Les Montpelliérains ont tout pour être champion. En sont-ils assez convaincus ?

Paris est statique !

L’arrivée d’Ancelotti nécessitait quelques matchs pour se faire une idée. Les matchs de L1 (victoires contre TFC et Evian 3-1 et à Brest 1-0) m’avaient laissé une impression mitigée : une grosse équipe du PSG aux pieds d’argile, capable de dominer son sujet mais de subir de longs temps faibles et d’encaisser des buts (deux identiques hier soir, « dans le dos des défenseurs » !). Gros point noir : l’absence de projet collectif. Ca va mieux avec Tiago Motta, régulateur « de derrière », capable d’initier des mouvements cohérents et clairs. Mais Paris dépend encore d’un exploit de Nenê, d’un coup de génie de Ménez (comme hier sur l’égalisation de Hoarau, 2-2), d’un coup franc d’Alex (superbe mine des 30 mètres, 1-0) ou d’une tête de Lugano sur corner. Et puis le grand Sirigu, pas complètement innocent sur les deux buts hier, n’accomplira pas toujours de miracles. Comme avec Kombouaré, pas la peine d’accabler Ancelotti : les deux hommes ont eu chacun à leur tour à gérer des effectifs chamboulés par des transferts, voulus ou non par eux…

En jouant l’assurance, Maître Carlo a donc adopté un schéma en « arbre de Noël » censé lui offrir une bonne base défensive. Un secteur toujours défaillant mais en voie de perfectionnement. Il ne manquerait plus qu’un élément pour compléter le trio basique en charnière (défense et milieu) où se détachent Sakho et Thiago Motta. Au milieu, le retour de Bodmer à la place de Matuidi pourrait apporter plus de liant entre les lignes. Il faudra aussi trouver une place à Pastore (le joker de fin de saison ?) dans un système qui reste à élaborer : Carlo n’est pas obtus, il pourra sans problème reléguer son 4-3-2-1. Devant, Hoarau a marqué des points en égalisant et en offrant des déviations bienvenues, en l’air ou à terre (passe judicieuse à Pastore à la 77ème). Gameiro est au plus mal ? Oui, si l’on considère ses deux frappes avortées en position favorable et son manque d’implication dans le jeu offensif. Reste qu’il n’est pas toujours servi dans le bon timing : à la 37ème, en appel bien démarqué sur le côté, il a été scandaleusement « oublié » par Ménez qui a choisi la solution individuelle. Gameiro doit grandir, mais les amoureux du ballon Nenê et Ménez doivent mûrir aussi.

J’émets toujours les mêmes doutes sur ce PSG. OK, Paris favori... Mais il possède plus le profil de champion grâce à son avance au classement (1 point de plus que Montpellier, 9 de plus que Lille mais un match en moins : attention aux Dogues !), grâce à ses individualités et grâce à sa volonté authentique d’assumer un statut de futur champion plutôt que par un fond de jeu en béton. Pas sûr non plus que psychologiquement cette équipe soit bien armée pour bien  résister à toutes les turbulences. Comme pour Lille, l’an passé, on suivra donc Paris test après test pour s’assurer qu’il finira bien champion. Après l’examen montpelliérain tiré par les cheveux, le calendrier offrira Lyon et Lille à l’extérieur et Bordeaux, OM, St-Etienne et Rennes au Parc. Vous êtes prêts à signer pour des victoires à tous ces rendez-vous ? Pas moi.

Chérif Ghemmour

 
 
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