JASON LAMY-CHAPPUIS, comment avez-vous vécu ce début de Mondiaux à Sapporo ?
J.L-C. : J'avais vraiment hâte de commencer ces mondiaux. Déjà par rapport à l'année dernière où j'ai remporté ma première coupe du Monde ici, donc de me retrouver à Sapporo sur le même tremplin et la même piste m'a remonté de bons souvenirs. Ensuite j'avais (et j'ai toujours) de grosses ambitions. J'ai envie de faire de belles choses ici. Le décalage horaire n'a pas été un problème j'ai tout de suite bien dormi. En revanche, s'adapter à l'alimentation japonaise a été un peu plus long. On a eu deux jours de repos pour se remettre du voyage qui n'étaient pas de trop, puis on a commencé les entraînements de saut sur le grand tremplin. Avec une météo un peu capricieuse mais de toute façon on savait que ça risquait d'être comme ça.
A titre personnel, que vous a-t-il manqué lors du sprint vendredi dernier pour mieux figurer ?
J.L-C. : Je pense qu'il me manquait déjà de la fraicheur physique. Avec le voyage et le décalage horaire j'avais l'impression d'être un peu "mou" depuis le début des entraînements de saut. Il faudra voir avec les entraîneurs ce qu'il s'est vraiment passé mais en tout cas l'année dernière aux JO de Turin je n'avais pas ressenti ça, au contraire j'avais l'impression d'avoir vraiment mon pic de forme le jour J. S'ajoute à ça un manque de chance avec les conditions aérologiques. Ensuite j'étais quand même placé mais pas à la bagarre pour une médaille, c'était déjà un peu fait.
Et concernant le sprint par équipes : L'équipe de France n'a-t-elle pas payé son inexpérience à ce niveau de compétition ?
J.L-C. : D'après les entraînements et la course du sprint on pouvait prétendre avoir le niveau pour jouer une médaille, mais les courses d'un jour comme ça il faut savoir se surpasser. Les Allemands et les Norvégiens ont été impressionnants par rapport à leurs entraînements : ils ont su rehausser leur niveau et nous on n'a pas su le faire. On est encore très jeunes : je pense la plus jeune des équipes. On a été à notre niveau mais il manquait cette expérience qu'avaient les autres équipes, pour pouvoir se surpasser.
Alors que c'est votre point fort (à vous, mais également au reste des Bleus), le saut n'a pas été à la hauteur des espérances. Pour quelles raisons ?
J.L-C. : Pour les mêmes raisons citées précédemment, on n'a pas su se surpasser. On a vu des coureurs comme Haseney ou Ackermann chez les Allemands faire 10 ou 15 mètres de plus à la compétition qu'aux entraînements. Manninen a fait parler son expérience aussi en étant très solide : presque aussi long que moi alors que, d'habitude, il est plutôt loin.
Sapporo reste un bon souvenir pour vous. Votre victoire de l'an dernier vous aide-t-elle à mieux appréhender les courses ?
J.L-C. : Oui bien sûr j'ai de très bons souvenirs ici qui datent de l'année dernière, c'était ma première victoire en coupe du Monde et de revenir à Sapporo m'a donné le sourire, j'étais heureux d'être là. Je pense que ça m'a donné un petit plus au niveau du moral. Après le fait que ce soit un grand rendez vous, c'est quand même différent... Donc j'ai essayé de me baser plus sur mes souvenirs de Turin 2006 pour appréhender les courses.
Comment abordez-vous le Gundersen de samedi ? Quels objectifs vous fixez-vous ?
J.L-C. : Je n'ai pas encore découvert le petit tremplin donc c'est un peu l'inconnu de ce côté-là. En revanche, je connais bien la piste puisque c'est la même que l'an dernier quand j'ai gagné. Le sprint était plus à mon avantage avec le grand tremplin pour faire plus d'écarts et une piste de fond plutôt technique. Ici c'est totalement le contraire avec un petit tremplin et une piste de fond qui demande de la puissance avec de longs plats montants. Je pense que cette course est plutôt pour les costauds en fond, comme Manninen, Gottwald ou Moan. Mais, on ne peut rien dire à l'avance et je pense que je peux être bien samedi : une place dans les six premiers serait une bonne course. Et mieux serait parfait !
Quel est votre programme cette semaine avant la course ? Entraînement ? Repos ? Visite de Sapporo ?
J.L-C. : On va se reposer pas mal. Lundi on est allé faire les magasins à la recherche d'Ipod puisqu'ils ne sont pas chers ici. En fin de journée on a eu la cérémonie de remise des médailles dans le centre ville car les 6 premières équipes étaient récompensées. C'était bien même si on aurait préféré être plus à droite du podium ! Mardi, on a fait une heure et demi de ski de fond tranquille puis l'après midi repos et détente.
Un petit mot sur Manninen, enfin en or dans un grand championnat. Etrange de voir ce grand gaillard verser une larme après son or vendredi, non ?
J.L-C. : C'est un grand champion qui a tout gagné en coupe du Monde mais malgré 10 ans de championnats du Monde et de JO, il n'avait encore jamais eu de médaille individuelle. Je pense qu'il l'attendait depuis longtemps. Le fait d'avoir eu des échecs tout ce temps et d'avoir enfin décroché sa médaille, l'émotion est remontée.
Après deux médailles d'or (sprint + sprint par équipe), Manninen est déjà l'homme de ces Mondiaux, non ?
J.L-C. : En effet. Il est l'homme de ces mondiaux, quoi qu'il arrive lors de la troisième course. Mais il semble tellement au-dessus du lot que je pense qu'il va réussir à faire un gros truc samedi. Il y a juste Moan qui semble en mesure de le battre. D'ailleurs on le voit sur son visage : lui qui est pourtant froid et peu souriant on a l'impression qu'il a la banane tout le temps ici.



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