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AMSTEL GOLD RACE - Ils ont joué et ils ont gagné

Les organisateurs ont joué et ils ont gagné

Le 16/04/2017 à 19:19Mis à jour Le 16/04/2017 à 21:03

En modifiant le parcours de l’Amstel Gold Race cette année, avec la suppression du Cauberg dans le final, les organisateurs de la classique néerlandaise avaient pris des risques pour tenter de redonner du piment à l’épreuve. Quitte à mécontenter plusieurs stars du peloton. Mais force est de constater que le changement de parcours a bien poussé les coureurs à offrir une course de mouvement.

Tout le monde était sceptique concernant le pari des organisateurs. Ce "pari", c’était de changer totalement de configuration le final de l’Amstel Gold Race, en enlevant dans la dernière boucle le passage par le Cauberg, où la course s’était jouée ces vingt dernières années. Cela était censé permettre d’éviter une course de côtes, les favoris attendant bien souvent cette dernière ascension pour s’expliquer. "Nous espérons une course plus ouverte", avait expliqué l'organisateur Leo Van Vliet. "Ce sont les coureurs et les équipes qui font la course. Mais il est clair que le Cauberg sera moins décisif". Du coup, le changement proposé par les organisateurs, plus facile sur le papier, avait déçu les principaux candidats à la victoire.

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De Van Avermaet ("Je n'aime pas trop les changements mais ce sont les coureurs qui font toujours la course") à Gilbert ("C'est vraiment dommage. Le but de ce changement de parcours m'échappe. Cela rend la course plus facile") en passant par Valverde ("C’est un bon parcours pour moi. Ce n’est pas aussi sélectif que cela l’était avec le finish au sommet du Cauberg"), beaucoup se posaient des questions sur la réelle difficulté de ce nouveau parcours. Nul doute que Van Avermaet et Valverde ont dû bien changer d’avis depuis, n’ayant pas réussi à finir avec les meilleurs. Mais les deux hommes n’ont pas lâché dans le Cauberg, comme cela pouvait arriver avant. Cette fois, tout s’est joué à près de 40 kilomètres de l’arrivée. Dans le Kruisberg.

Un sprint favorisé, oui. Inévitable, non.

Obligé de prendre leurs responsabilités de loin, les favoris ont pourtant tardé après la mise en route des BMC. On a cru un moment que le changement de parcours n‘inspirerait pas les grands du peloton. Les sprinters ont cru à leur chance mais, à l’arrivée, cela n’a pas suffi. Si le groupe des "finisseurs", qui s’est joué la 8e place, était relativement fourni (35 coureurs), cela témoignait moins d’un sprint favorisé par le parcours que de sprinters éreintés par la bagarre déclenchée de loin.

Car, au final, les Matthews, Colbrelli et autre Coquard n’ont jamais été en mesure d’espérer jouer la gagne dans les trente derniers kilomètres. Lorsque la course s’est déclenchée en soi. Les directeurs sportifs voyaient un sprint quasi massif, à 60-70 coureurs ? On en était loin. Ce dimanche, le 72e a terminé à 9’21’’ !! Que ce soit dans les chiffres ou visuellement, difficile de ne pas souligner la réussite des organisateurs. Car la dernière heure de course a été emballante. Clairement plus que les années précédentes.

Sur les dix dernières années, seul l’édition 2013 avait vu un vainqueur sortir loin de l’arrivée avec Roman Kreuziger, alors sous bannière Astana, qui était parti dans l’avant-dernière ascension du Cauberg. Si le suspense avait duré jusqu’aux dernières hectomètres de la course, on avait été loin de la passionnante fin de course à laquelle on a eu le droit ce dimanche.

Bien sûr, ce n’était pas non plus digne du spectacle proposé sur les Flandriennes. Mais on était loin de l’ennui de 2014 lorsque tout s’était joué dans le Cauberg. Comme cette année-là, c’est Philippe Gilbert qui s’est offert l’Amstel Gold Race. Preuve que le changement de parcours n’empêche pas la victoire d’un champion. Et d’un puncheur. Et, ça, c’est déjà un succès pour les organisateurs.

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