La nouvelle, presque surréaliste, est tombée samedi. Christophe Bassons a été suspendu un an par la Fédération française de cyclisme pour ne pas s'être présenté à un contrôle antidopage. C'était à Langon, en Ille-et-Vilaine, le 1er septembre dernier, lors du Championnat de France VTT de marathon. Il a été entendu jeudi par la commission disciplinaire de la Fédération française, dont les membres ont donc décidé de lui infliger cette sanction. Une décision que l'intéressé juge "complètement disproportionnée".
Interrogé par nos confrères de France Info, Bassons, 38 ans, a donné sa version des évènements. Victime d'une hypoglycémie, il a "abandonné à une heure de l'arrivée, a-t-il expliqué. J'étais en Bretagne, loin de ma famille qui était à Bordeaux. J'ai mis le vélo dans la voiture, je me suis douché rapidement et j'ai quitté les lieux avec l'idée d'acheter quelques cadeaux pour les enfants et de retourner manger avec ma famille." Trois heures plus tard, alors que l'épreuve s'était achevée, il recevait un coup de téléphone lui signifiant qu'il devait se présenter à un contrôle antidopage. Bassons était déjà loin de Langon. Il ne s'est donc pas soumis à ce contrôle, se plaçant de fait en infraction avec le règlement. Mais entre la lettre et l'esprit, il juge que la commission a manqué de discernement.
"J'aimerais avoir des explications"
S'il admet avoir "fait l'erreur de ne pas vérifier s'il y avait un contrôle antidopage sur cette épreuve", il ne s'attendait pas à une telle sanction. "Ça ne m'est même pas venu à l'esprit. Au final, on m'inflige une suspension d'un an. Tous les gens avec qui je travaille dans la lutte antidopage trouvent ça complètement disproportionné. J'aimerais avoir des explications, a-t-il ajouté. Je n'ai pas l'impression de la mériter, c'est juste un manque à un règlement sportif et pas du tout à un règlement antidopage." Si cette décision fait beaucoup de bruit (sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités du milieu ont fait part de leur stupéfaction et de leur colère), c'est que nous sommes en pleine affaire Lance Armstrong et que Bassons, fervent dénonciateur du dopage, a été le premier à se mettre en travers de la route de l'Américain il y a plus de dix ans. Aujourd'hui, il occupe une partie de son temps à lutter contre le fléau du dopage
Visiblement écoeuré, le Tarnais préfère encore manier l'ironie. "J'aurais battu Armstrong au moins une fois", dit-il, avant de s'expliquer: "la décision de l'UCI concernant Armstrong doit tomber le 22 octobre. Nous sommes le 20. Je l'aurais battu de deux jours." Plus sérieusement, cet épisode fâcheux et inattendu est de nature à remettre en cause son engagement. "C'est peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui va me faire stopper tout mon investissement dans la lutte antidopage", confie-t-il. Il ignore pour l'heure s'il va faire appel ou non de cette sanction. "J'aurais tendance à dire non, poursuit-il, incertain. J'assume mon erreur de ne pas avoir vérifié, ils assument la leur. D'un autre côté, je ne suis pas d'accord avec eux : si je ne fais pas appel, ça veut dire que j'accepte cette sanction qui me parait injuste. Mais ça changera quoi?"



AFP
























