A 26 ans, Sylvain Chavanel aborde un nouveau chapitre d'une carrière qui ne demande qu'à prendre de l'envergure. "J'ai fait toutes les classiques du ProTour depuis le Tour de France", a expliqué le Poitevin après sa course de Zurich dimanche. Malgré des conditions météo difficiles, il s'est battu jusqu'au bout pour prendre la 12ème place. D'après lui, cette persévérance lui a fait "franchir un cap", ne serait-ce que dans l'apprentissage des courses de longue distance.
Coureur au talent reconnu, le champion de France du contre-la-montre a payé jusqu'à présent un manque de volume dans les grandes classiques, ce que les spécialistes appellent un manque de foncier. Surtout après 230-240 kilomètres, le seuil qui détermine une sélection inévitable. A Zurich, Chavanel a joué les premiers rôles derrière l'Italien Paolo Bettini, intouchable en cette froide et pluvieuse journée d'automne.
Erreur de jeunesse
Il a évolué pratiquement au niveau du Luxembourgeois Frank Schleck, qui allait prendre deuxième place, à tout le moins du prometteur suédois Thomas Lovkvist (8e). Une fringale dans les derniers kilomètres lui a couté une place d'honneur qui aurait été hautement significative compte tenu du parcours et de la météo. "Une erreur de jeunesse en somme", estime Lionel Marie, qui dirigeait l'équipe Cofidis dans l'épreuve suisse.
Chavanel a-t-il changé ? "Il est devenu père de famille, il a mûri, répond son directeur sportif. "Cette saison, il est passé à des charges de travail plus conséquentes tout en gardant le même esprit". Encore inexpérimenté à ce niveau, malgré ses six années de professionnalisme derrière lui, celui qui possède le plus grand potentiel du peloton français découvre l'univers du très haut niveau, aussi bien les courses que les adversaires.
Une grande espérance
Paris-Tours, dès dimanche, et le Tour de Lombardie, six jours plus tard, se présentent à l'horizon du coureur de Cofidis, désormais conscient de pouvoir jouer un rôle dans ces grandes épreuves. "Il s'est rendu compte que c'était réalisable", remarque Lionel Marie qui dresse le portrait d'un coureur sensible, attentif, réfléchi. "Il a progressé aussi dans la conduite de la course, ajoute le responsable. "A Zurich, il est resté bien placé, pas trop loin de Bettini, malgré les conditions très particulières".
A l'arrivée, le premier Français était logiquement partagé entre la déception d'avoir raté une place dans les tout premiers, qui aurait été son meilleur résultat de l'année dans une classique pour le cyclisme national, et le sentiment d'avoir accompli une belle course malgré l'épuisement. Avec, surtout une grande espérance: "On commence à me voir dans le final de ces courses-là."
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