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Chris Froome, Michal Kwiatkowski, Marcel Kittel… Neuf coureurs pour une saison

Froome, Kwiato, Kittel… Neuf coureurs pour une saison

Le 11/10/2017 à 13:11

De Chris Froome à Tom Dumoulin en passant par Michal Kwiatkowski et Alberto Contador, de nombreux coureurs se sont distingués par leurs performances au cours d’une saison qui a désormais livré tous ses enseignements. Notre sélection.

Pour le peloton, 2017, c’est fini, ou presque. Les Tours de Turquie et de Guangxi peuvent encore légèrement affecter le classement World Tour, il reste également à disputer un rendez-vous historique comme le Grand Prix des Nations… Mais il n’y a pas là de quoi bousculer les enseignements à tirer après des mois de compétition enthousiasmants. Pour faire le bilan, voici une sélection de neuf coureurs qui, chacun dans leur rôle, me semblent avoir dominé la saison. À l’image d’une équipe de Fantasy, j’ai choisi de remplir neuf cases, chaque coureur venant remplir une fonction précise. Ça permet de distinguer certains hommes de l’ombre, et entraîne également quelques absences de marque.

Un leader absolu : Chris Froome

32 ans, Team Sky

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : le doublé historique Tour-Vuelta

Froomey a enfin réussi son pari et c’est tout le cyclisme moderne qui s’en retrouve affecté. Oui, il est possible d’enchaîner des succès coup sur coup au Tour de France et à la Vuelta. Au moins pour un homme, le Britannique, le premier coureur à signer le doublé depuis que la conquête de l’Espagne cycliste a été repoussée à la fin de l’été. S’il a moins gagné cette année (pas une victoire avant de s’emparer du classement général du Tour), Froome a écrit quelques pages d’histoire : 4 victoires en juillet, plus de 50 jours en jaune en carrière, dominateur sur la Vuelta comme peu l’ont été avant lui (19 jours en rouge, vainqueur des classements par points et combiné…). Pourtant, Froome est apparu moins supérieur individuellement, certainement la conséquence de sa volonté d’arriver plus frais en fin de saison. Mais il a parfaitement su s’appuyer sur ses équipiers pour les mener à sa victoire. C’est aussi là qu’on retrouve la marque des grands leaders.

Chris Froome plus que jamais maitre de la Vuelta

Chris Froome plus que jamais maitre de la VueltaGetty Images

Son lieutenant : Michal Kwiatkowski

27 ans, Team Sky

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : MVP de San Remo à Paris

Chris Froome en a fait son “MVP” du Tour, le coureur le plus précieux à ses côtés. Il faut dire qu’en juillet, Kwiato a tout fait : porteur de bidons intraitable face aux pièges de la Grande Boucle, inépuisable en montagne, il avait encore les ressources pour flirter avec la victoire sur le chrono de Marseille. Le Polonais est apparu usé cet automne ? Son printemps fut étincelant, sublimé par la leçon donnée à Peter Sagan dans les rues de San Remo. Il a buté sur un autre roi du printemps à l’Amstel, Philippe Gilbert le privant d’un deuxième succès sur la classique néerlandaise, mais il s’est bien rattrapé à San Sebastian. Sa rivalité avec Sagan fut l’un des fils rouges de la saison mais la sienne était déjà une immense réussite bien avant de se présenter aux Mondiaux.

Une bête à rouler : Tom Dumoulin

26 ans, Team Sunweb

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : maillot rose et arc-en-ciel

Un sprinteur : Marcel Kittel

29 ans, Quick-Step Floors (Katusha en 2018)

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : intouchable sur le Tour

Avec l’exclusion (trop sévère à mon goût) de Peter Sagan, l’abandon de Mark Cavendish et la méforme de quelques grosses cuisses, l’écrasante domination de Marcel Kittel sur les sprints de juillet en a laissé certains de marbre. Dommage. Ses performances auraient certes gagné en ampleur face à plus forte concurrence mais l’Allemand peut se targuer d’avoir évité les pièges dans lesquels ses rivaux se sont enferrés. Et ce n’est pas comme si le sprinteur aux 14 succès en 2017 (personne ne fait aussi bien) avait l’habitude de s’effondrer face à la concurrence : il a dominé 14 des 30 sprints massifs auxquels il a participé sur le Tour depuis sa première participation en 2012. Lorsque le Cav’ n’est pas là pour signer le sprint parfait, Kittel est incontestablement au-dessus du lot.

Marcel Kittel winning a sprint

Marcel Kittel winning a sprintGetty Images

Un poisson-pilote : Maximiliano Richeze

34 ans, Quick-Step Floors

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : présent dans 19 des 52 succès Quick-Step cette année

La science du sprint de Maximiliano Richeze fait merveille pour les autres. Cette année encore, l’Argentin a fait gagner ses coéquipiers, notamment la jeune fusée Fernando Gaviria. Sur les dix succès du Colombien cette année, un seul a été obtenu loin du patronage de son aîné argentin, à Tirreno-Adriatico, et ses quatre succès sur le Giro (son premier Grand Tour) doivent beaucoup à Richeze. Dimanche encore, l’Argentin était parfait en protection de Matteo Trentin dans le final de Paris-Tours, avant de prendre lui-même la 5e place de l’autre classique des feuilles mortes. Richeze n’a levé les bras que deux fois, en tout début de saison sur la Vuelta a San Juan. Mais il a été une pièce essentielle du dispositif qui a fait de Quick-Step l’équipe la plus victorieuse cette année.

Un clasicoman : Greg Van Avermaet

32 ans, BMC Racing Team

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : vainqueur de Paris-Roubaix, son premier Monument

La réussite l’a à nouveau fui sur le Tour et sur la fin de saison. Mais au printemps, Greg van Avermaet volait sur les pavés. Au point de signer un triplé historique : Het Nieuwsblad - E3 - Wevelgem. Et de compléter le tout en décrochant sur Paris-Roubaix son premier Monument, ces sommets des classiques sur lesquels son talent butait depuis toujours. Peut-être même pouvait-il revenir sur un grand Philippe Gilbert si Peter Sagan n’était pas parti à la faute dans le final du Tour des Flandres… Même quand il ne gagne pas, GVA fait preuve d’une régularité extrême sur tous les terrains : 32 top 10 cette année, 12e à Liège ! Avec un Sagan frustré jusqu’à Bergen et un Valverde sur la touche dès juillet, il a offert les meilleures garanties tout au long de la saison pour être le vainqueur incontestable du World Tour.

Vidéo - Van Avermaet sacré après un final de folie sur le vélodrome : l'arrivée de la course

02:30

Un bouffeur de vent : Thomas De Gendt

30 ans, Lotto-Soudal

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : attaquant inlassable, pas toujours en vain

J’ai fait les comptes avec Dimension Data sur le dernier Tour : sur 3.540km, Thomas De Gendt en a couvert 36% dans une échappée. Le reste du temps, on a souvent vu la carcasse du Belge tirer de longs bouts droits sans jamais être récompensé par un succès de son sprinteur (Greipel). Les internautes l’ont bien désigné combatif du Tour, mais le jury a tranché en faveur de Warren Barguil. Le Belge, qui tient les comptes de ses offensives, a franchi en juillet la barre des 2.000km d’échappées en 2017. Et ce n’était pas fini, avec de nouvelles échappées multiples sur la Vuelta pour finalement ajouter une victoire d’étape espagnole à celles déjà décrochées sur le Tour et le Giro. Parfois, on a du mal à comprendre - pensait-il vraiment rivaliser avec Contador et Lopez dans la Sierra Nevada ? Mais on ne peut que s’incliner.

Un vétéran : Alberto Contador

34 ans, Trek-Segafredo

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : une sortie en héros sur l’Angliru

Vidéo - Contador est entré seul dans Madrid : les adieux d'un géant

00:53

Un jeune qui monte : Egan Bernal

20 ans, Androni

Ce qui rend sa saison exceptionnelle : brillant au Tour de l’Avenir comme au milieu des pros

Peter Sagan, Philippe Gilbert, Warren Barguil, Romain Bardet, Alejandro Valverde, Vincenzo Nibali, Matteo Trentin, Thibaut Pinot, Benoît Cosnefroy, Christian Knees…. Et vous, quels acteurs de l’année 2017 auriez-vous intégré à cette sélection ?

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