Armstrong : les aveux et la contre-attaque

Armstrong : les aveux et la contre-attaque - CyclismeDPPI

Selon les médias américains, Lance Armstrong a avoué s'être dopé en enregistrant l'émission qui sera diffusée jeudi. Avec un plan en tête pour amortir sa chute.

Après des années de farouches dénégations, le masque de Lance Armstrong semble être tombé. Selon le quotidien américain USA Today, Armstrong a fait des aveux lors du show télévisé d'Oprah Winfrey, qui sera diffusé jeudi aux Etats-Unis. La teneur exacte de ses propos n'est, en revanche, pas encore connue et il semble, selon le journal, que l'ancien cycliste s'en soit tenu à des propos généraux et ne soit disposé à livrer aucun détail. Peu après cet entretien, Oprah Winfrey a expliqué sur son compte Twitter que la rencontre avait duré plus de deux heures et demie et qu'elle avait eu en face d'elle un Armstrong "PRET" à parler, sans donner plus de précisions non plus. Il s'agit de la première interview d'Armstrong depuis que l'UCI l'a lourdement sanctionné l'automne dernier. Au cours de cet entretien, Armstrong aurait avoué avoir commencé ses pratiques dopantes avant son cancer des testicules, déclaré en 1996, selon des informations publiées dans un deuxième temps. Le quotidien américain affirme qu'il aurait commencé "au milieu des années 90", sans plus de précision.

Même si les conséquences de ces aveux pourraient être lourdes, Lance Armstrong, aujourd'hui âgé de 41 ans, n'a pas perdu sa combativité. Selon l'un des concurrents d'USA Today, le New York Times, l'ex-patron du peloton pense pouvoir amortir sa chute en prouvant que ses pratiques étaient connues et couvertes par les instances dirigeant le cyclisme mondial. "Armstrong a prévu de témoigner contre plusieurs personnages puissants du cyclisme mondial, qui étaient au courant de ses pratiques et ont même pu les faciliter, écrit mardi le journal américain. Armstrong va témoigner contre l'UCI sur son implication dans le dopage dans le cyclisme mondial." En revanche, toujours selon le New York Times, Armstrong n'a pas prévu de témoigner contre d'autre coureur.

Par ailleurs, l'ex-septuple vainqueur du Tour discute avec l'USADA, l'agence qui a précipité sa chute, sur la possibilité d'un "debrief complet". Armstrong et ses conseils réserveraient leur réponse, espérant qu'un tel déballage soit susceptible de déboucher sur des réductions de peine. L'USADA attendrait d'Armstrong qu'il "réponde à toutes les questions, se prononce sur les rapports et relevés d'écoutes téléphoniques, tests d'analyse, tout" a confié une source anonyme au journal américain. Si Armstrong ne récupérera aucun de ses titres, il pourrait attendre de l'agence antidopage un assouplissement de son interdiction à vie de pratiquer le sport en compétition.

Le risque de condamnation pour parjure

Le Texan de 41 ans a été déchu de ses sept titres au Tour de France (1999-2005) et radié à vie après la publication d'un dossier de l'Agence américaine antidopage l'accusant d'avoir contribué à la mise en place du "programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport" au sein de l'équipe US Postal. Depuis les sanctions de la justice sportive, Armstrong a perdu la plupart de ses sponsors et a dû couper les ponts avec Livestrong, la Fondation de lutte contre le cancer qu'il avait créée en 1997 après avoir vaincu la maladie.

Les aveux de celui qui fut pendant sept ans l'impitoyable patron du peloton du Tour de France pourraient avoir de nombreuses ramifications juridiques. Outre l'argent de ses primes de victoire qu'il pourrait devoir rendre, il s'expose à des poursuites pénales qui pourraient le conduire en prison, selon certains juristes. "Le pire qui puisse lui arriver est qu'il soit reconnu coupable de parjure", explique le professeur de droit Michael McCann. L'ancienne athlète Marion Jones, qui avait avoué s'être dopée devant Oprah Winfrey en 2008, avait passé six mois en prison pour avoir menti aux enquêteurs. Et si ces aveux allaient plus loin, Armstrong pourrait être poursuivi pour d'autres motifs. La Fondation Lance Armstrong a levé plus de 500 millions de dollars pour la lutte contre le cancer depuis sa création en 1997. Mais après les révélations de l'automne dernier, l'ancien champion a quitté mi-novembre le conseil d'administration de sa fondation.

Dopage : Lance Armstrong avoue s\'être dopé selon USA Today - Cyclisme 

 

 

 

 

Quelques heures avant l'interview avec Oprah Winfrey, qui a été enregistrée lundi chez l'ancien champion, la star déchue du cyclisme mondial avait présenté ses excuses auprès des membres de sa fondation. "Lance est venu au siège de la Fondation Livestrong aujourd'hui (lundi) pour une entrevue privée avec nos membres et il s'est excusé sincèrement pour les moments pénibles qu'ils ont vécus à cause de lui", a déclaré une porte-parole de l'association de lutte contre le cancer, Rae Bazzarre, sans autres précisions sur la nature de ses propos. Mme Bazzarre a ajouté que l'ancien champion cycliste, lui-même survivant du cancer et qui a créé sa fondation en 1997, avait poussé ses membres "à poursuivre leur excellent travail pour lutter avec les personnes malades du cancer". De nombreux journalistes en quête d'informations avaient pris place lundi matin à Austin sur les trottoirs devant la luxueuse demeure entourée de hauts murs de pierre de Lance Armstrong. Mais ils n'ont rien recueilli.

Après de longues années de longues et viriles dénégations, Armstrong avait eu ces propos, cet été, pour expliquer qu'il n'allait pas contester les révélations de l'Usada. "Il arrive un moment dans la vie d'un homme où il faut dire: Trop c'est trop". La seule déclaration publique, à ce jour, dans laquelle Armstrong a opposé autre chose à ses contradicteurs qu'une affirmation de sa probité. Tout pourrait changer jeudi.