Comme promis, c’est le 5 juillet, en plein Tour de France, que Laurent Jalabert a dévoilé sa sélection de quatre coureurs (*) pour les JO. En mars dernier, lors d’un entretien à l’INSEP, il nous avait confié son envie de réunir, "sur des critères avant tout sportifs", des sprinters et des puncheurs sur un tracé qui exige de "ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier". Le sélectionneur a tenu parole, si l’on met de côté l’imbroglio Mickaël Bourgain, retenu sur route pour pouvoir prétendre à l’or olympique sur le keirin.
"Londres propose un parcours exigeant, qui ne sera pas forcément réservé aux sprinters", estime "Jaja". The Mall verra s’élancer le peloton le 28 juillet à 10h à Londres. C’est aussi sur cette large avenue de près d’un kilomètre de long que sera jugée l’arrivée après 250 km d’efforts. Après avoir traversé la Tamise à Putney Bridge, les coureurs passeront par Hampton Court Palace : "Une première partie en ligne de 70 kilomètres plutôt stressante", selon le sélectionneur, qui rajoute : "ce n’est pas très difficile, mais les nerfs vont être mis à rude épreuve". Jalabert redoute cette section urbaine dangereuse, car "il n’y a pas de bas-côtés, ce n’est pas très large et puis il y a pas mal de changement de directions".
Des difficultés concentrées en 140 km
Ensuite, il y a ces fameux neuf tours, dans le comté de Surrey, sur le circuit de Box Hill, long de 4 km avec une côte de 2,5km. Lors de l’épreuve pré-olympique, dominée par Mark Cavendish, les coureurs n’en avaient effectué que deux. Il y en aura sept de plus. Pas une sinécure. "Là-aussi, c’est très étroit, juge Jalabert. Ça ressemble beaucoup à un profil de classique. Sur ce tracé, la difficulté va revenir très vite. Car la descente est très rapide et elle n’intervient pas directement après la côte. Les difficultés sont concentrées en 140 kilomètres." Après ça, le peloton gagnera le nord, à travers Leatherhead, Esher, Kingston et Richmond Park avant de revenir sur The Mall. "Il restera 40 kilomètres de plat, après le neuvième tour pour rejoindre le Palais de Buckingham, prévient Jalabert. Cela peut favoriser un regroupement, mais sur l’épreuve préolympique, cela avait été très compliqué de revenir sur un garçon que personne ne connaissait".
Contrairement à ce que beaucoup pensent, Mark Cavendish n’est donc pas LE favori de cette course en ligne. C’est en tout cas ce qu’estime le sélectionneur tricolore, à l'instar d'Arnaud Démare, qui donne plus de chances à Peter Sagan. "Il n’est pas le seul. Il y en a d’autres", reconnaît Jalabert qui pourra compter, de son côté, sur le sprinter de la FDJ-BigMat et Tony Gallopin si emballage final il y a. "En cas d’arrivée au sprint, évidemment, le Britannique sera l’épouvantail. Mais je pense qu’il y aura des garçons pour mettre le bazar sur le circuit avant une arrivée massive".
(*) Sylvain Chavanel (qui prendra part aussi au contre-la-montre), Tony Gallopin, Arnaud Démare et Mickaël Bourgain.
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