Patrick, comment abordez-vous Liège-Bastogne-Liège après vos cinquièmes places dans l'Amstel et la Flèche?
Une autre cinquième place à Liège constituerait naturellement un très bon résultat. Mais j'espère aller encore un peu plus haut si je peux. La forme est bonne et l'équipe aussi est très forte en ce moment. Avec un peu plus de réussite dimanche, il n'est pas impossible d'espérer un meilleur résultat.
Quelle serait la course idéale pour vous?
D'abord, j'espère que le temps sera clément. On nous a dit que la température serait un peu plus chaude dimanche et cela me convient tout à fait. Ensuite? J'aimerai qu'il y ait une course sélective, avec un écrémage progressif, pour que seuls les tous meilleurs se retrouvent dans le final. Après, ce sera à nous, les T-Mobile, d'être le plus présent possible à l'avant de la course. Ce serait l'idéal pour nous.
Avez-vous établi une stratégie d'équipe?
Oui, mais il n'est pas toujours facile de la respecter à la lettre. L'important, c'est d'arriver suffisamment nombreux dans les derniers kilomètres pour pouvoir jouer un rôle et peser sur la course. Chacun a un rôle à tenir, mais il faut se montrer flexible, être capables de s'adapter. Matthias Kessler et moi-même avons prouvé que nous étions en très bonne forme. C'est très positif pour nous.
T-Mobile a obtenu beaucoup de places d'honneur, mais certaines critiques pointent l'absence d'une grande victoire. Cela vous agace?
Nous sommes une des meilleures équipes du monde, avec beaucoup de très bons coureurs capables de faire de grandes choses dans les grandes courses. C'est donc normal que l'on attende de nous des victoires dans les classiques. Nous aussi, nous sommes très exigeants avec nous. C'est pour ça que nous nous battons, pour ce genre de victoires. Lors des dernières courses majeures, nous étions dans le coup, et j'espère que ce sera encore le cas à Liège. Mais en cyclisme, il n'y a 200 concurrents au départ, pour un seul vainqueur. Toutefois, si nous continuons sur cette voie, ça va venir, tôt ou tard.
Quel rôle tient l'expérience dans une course comme Liège-Bastogne-Liège?
Ça compte, incontestablement. Plus vous connaissez le terrain, mieux vous gérez la course tactiquement. Mais le plus important, c'est tout de même votre niveau de forme. Si vos jambes sont bonnes, vous pouvez vous permettre une erreur tactique.
Parmi les candidats à la victoire figure votre ancien coéquipier Paolo Bettini. Comment expliquez-vous ces difficultés dans cette campagne ardennaise?
C'est un exemple classique du cyclisme moderne. Aujourd'hui, vous ne pouvez plus gagner tout seul. Vous avez besoin d'une équipe ultra-performante pour vous s'imposer. Faire une super course à titre individuel ne suffit pas forcément. Lors des deux dernières courses, Paolo était peut-être le plus fort, mais il s'est retrouvé complètement isolé dans le final.
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