Etiez-vous le plus fort aujourd'hui ? Ou est-ce l'intelligence de course qui a payé ?
D.D.L. : J'étais l'un des plus forts, c'est sûr. Mais si j'ai gagné, c'est grâce à ma tactique de course. L'an dernier, j'avais attaqué dans la côte de Saint-Nicolas. Cette année, j'ai préféré ne pas me livrer, garder des forces pour le sprint. Avec Schleck, qui allait très fort, on a anticipé. Mais quand Valverde s'est rapproché, il fallait y aller sans attendre.
Comment se fait la différence dans les classiques ?
D.D.L. : Il faut trouver le moment juste pour attaquer. Je l'ai fait mercredi dernier, dans la Flèche Wallonne, sans réussir. A l'avenir, je crois qu'il y aura de plus en plus de coureurs qui se disputeront la victoire dans le final. Je pense que c'est dû aux méthodes d'entraînement. Même des coureurs moins forts sont presque au niveau des meilleurs. Mais cela ne change pas l'ordre à l'arrivée. Regardez la course: on s'est retrouvé à une soixantaine au pied de Saint-Nicolas alors qu'il y a plus de 4000 mètres de dénivelé sur le parcours. Ce n'est pas réservé au cyclisme, d'ailleurs, c'est une constante dans tous les sports, liée à l'amélioration des performances.
Vous êtes apparu très ému...
D.D.L. : Cela fait neuf ans que j'attendais cette victoire. Dès ma première participation, j'ai compris tout de suite que c'était la course la plus belle et la plus difficile du monde. Aujourd'hui, je suis pleinement satisfait. J'ai connu la plus grande joie de ma carrière, sans l'ombre d'un doute. J'ai souvent gagné mais, pour moi, la "Liège" reste la plus fascinante des classiques. C'est la première fois que je ressentais une émotion pareille après une victoire.
Est-ce la classique la plus difficile?
D.D.L. : C'est la course la plus dure du monde. Elle te détruit. Je sentais que c'était ma journée, que je ne devais pas me tromper. J'ai essayé de m'épargner, de garder des forces. Mais j'ai eu très mal aux jambes. Je remercie mes coéquipiers qui ont travaillé pour moi, du premier au dernier kilomètre.
Le Tour d'Italie se présente bien...
D.D.L. : C'est une victoire très importante avant le Giro. Pour gagner ici, il faut avoir les jambes. Je suis en grande condition et j'espère être un protagoniste comme dans le Giro 2005.
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