2012 Liege-Bastogne-Liege Maxim Iglinsiy - AFP
 
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Iglinskiy crucifie Nibali

Iglinskiy crucifie Nibali

Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 22/04/2012 à 18:23 -
Par Eurosport - Le 22/04/2012 à 18:23
Maxim Iglinskiy a remporté Liège-Bastogne-Liège dimanche, signant la plus belle victoire de sa carrière. Le Kazakh a déposé Vincenzo Nibali juste avant la flamme rouge, alors que l'Italien semblait s'envoler vers la victoire. Enrico Gasparotto, troisième, complète le triomphe Astana.
 

L'an dernier, le printemps ardennais avait été phagocyté par un homme, Philippe Gilbert. Cette fois, aucun coureur n'a dominé la concurrence de la tête et des épaules. Mais l'équipe Astana, elle, apparait comme la grande triomphatrice. Une semaine après la victoire d'Enrico Gasparotto sur l'Amstel, Maxim Iglinskiy est allé chercher à son tour le plus grand succès de sa carrière en s'offrant Liège-Bastogne-Liège. Une journée de rêve pour Astana, puisque Gasparotto est venu se hisser sur le podium, à la troisième place. Juste devant Thomas Voeckler, encore excellent. Et juste derrière le pauvre Vincenzo Nibali, héros malheureux de cette Doyenne 2012.

Longtemps, on a cru que l'Italien filait vers sa première victoire dans une grande classique. Il ne l'aurait pas volée. Impressionnant dans la côte de la Roche-aux-Faucons, c'est lui qui a dynamité le peloton des favoris dans cette dernière difficulté majeure, ramenant Philippe Gilbert et quelques autres sur un épatant Pierre Rolland, à l'avant depuis près de deux heures. Puis Nibali a insisté dans la descente. Sa grande spécialité. Le Sicilien a faussé compagnie à tout le monde. Lorsque son avance a dépassé la trentaine de secondes à moins de dix kilomètres de l'arrivée, l'affaire semblait pliée. Mais derrière, Maxim Iglinskyi est sorti en contre. D'abord avec Joaquim Rodriguez. Puis tout seul. Devant, Nibali a coincé avant de s'effondrer.

Voeckler encore placé

Iglinskiy a fondu sur sa proie, opérant la jonction à moins de deux kilomètres de la ligne. Dans la foulée, le Kazakh a planté la dernière banderille, fatale. Pauvre Nibali, planté dans l'ultime bosse sans pouvoir réagir. Pour lui, c'est le cruel scénario du Tour de Lombardie 2011 qui s'est répété. Sa deuxième place sonne comme une énorme désillusion. Iglinskiy, impitoyable bourreau, n'a pas eu d'état d'âme. Il aurait eu bien tort de se priver. A 31 ans, son palmarès prend soudain une toute autre dimension. Sans victoire depuis plus de deux ans, il possède tout de même une carte de visite intéressante sur les classiques, avec des Tops 10 sur des terrains aussi variés que Milan-Sanremo, le Tour des Flandres ou Gand-Wevelgem. Mais en s'octroyant la Doyenne, il effectue un bond de géant. Quelle semaine en tout cas pour la formation Astana !

Elle n'aura pas été aussi florissante pour Philippe Gilbert. Après sa montée en puissance sur l'Amstel et son podium sur la Flèche, le Liégeois paraissait pourtant en mesure de conserver son titre sur ses terres. Il a beaucoup fait travailler son équipe, et, jusqu'à l'offensive de Nibali, il faisait un vainqueur crédible. Mais il n'a finalement pas tenu la distance pour terminer au-delà de la 10e place. Il n'a pu accrocher le premier groupe des battus derrière Iglinskiy et Nibali. Thomas Voeckler, lui, y était. Huitième du Ronde, cinquième de l'Amstel, le leader d'Europcar a fait encore un peu mieux dimanche en prenant la quatrième place, à une demi-roue de son premier podium sur une course de cette envergure. Un beau bilan d'ensemble. Mais rien ne vaut une victoire. Dommage. C'était le printemps des surprises et des premières sur les Ardennaises...