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Peter Sagan : "Les résultats ne sont pas importants... Ce qui compte, c'est de faire le spectacle"

Sagan : "Les résultats ne sont pas importants... Ce qui compte, c'est de faire le spectacle"

Le 18/03/2017 à 23:08

MILAN-SANREMO - Présent dans le top 10 pour la cinquième fois sur Milan-Sanremo, Peter Sagan, battu samedi au sprint par Michal Kwiatkowski, continue de tourner autour du succès sur la Primavera. Mais si la Classicissima se refuse toujours à lui, le Slovaque peut surtout s'en vouloir à lui-même. Car ces "défaites" sont souvent venues d'erreur de sa part...

Pourtant, ce n'est pas faute d'y jouer la gagne depuis plusieurs années et de connaître parfaitement chaque centimètre de la via Roma. A l'exception de ses débuts (17e) sur la Classicissima, Sagan a quasiment toujours pesé dans le final avec deux quatrièmes places (2012 et 2015), deux deuxièmes places (2013 et 2017) et des 10e et 12e places en 2014 et 2016. De nombreuses places d'honneur sans jamais venir monter sur la plus haute marche du podium.

Des scénarios toujours plus cruels

Et, comme si cela ne suffisait pas, les scénarios ont souvent été cruels pour le Slovaque, qui n'a jamais hésité à donner de sa personne. En 2012, Sagan repart de Sanremo avec des regrets. Alors qu'il est le plus rapide du peloton, il échoue au pied du podium, piégé par le trio Gerrans-Cancellara-Nibali, parti dans la descente du Poggio. En 2014, il est bloqué au moment du sprint, avant d'être battu par plus fort que lui lors de l'arrivée massive l'année suivante. Mais que dire de 2013, où il parvient à sortir dans le final pour arriver dans un groupe de sept, tout ça pour être battu par Ciolek ? Ou l'an passé, où il est gêné par la chute devant lui de Gaviria, l'empêchant de disputer le sprint...

2013 Milan Sanremo Ciolek Sagan Cancellara Chavanel

2013 Milan Sanremo Ciolek Sagan Cancellara ChavanelAFP

Mais, ce samedi, Peter Sagan a encore atteint un nouveau niveau dans les regrets à Sanremo. Tactiquement, le Slovaque avait décidé de ne pas tout miser sur une arrivée massive, se sentant peut-être moins costaud que des purs sprinteurs comme Fernando Gaviria, Alexander Kristoff ou Arnaud Démare. Un choix assez logique, lucide et au final efficace. Son démarrage dans le final du Poggio, au plus fort de la pente, a éliminé tous les spécialistes de la dernière ligne droite. Seuls deux puncheurs, Michal Kwiatkowski et Julian Alaphilippe, sont parvenus à le suivre. Et franchement, lorsque le trio a basculé au sommet avec 15 secondes d'avance, on voyait mal comment le leader de la Bora-Hansgrohe pouvait ne pas gagner. Très costaud, clairement plus rapide au sprint - sur le papier - que le Polonais ou le Français, le Slovaque avait une autoroute tracée vers un premier sacre sur la Primavera. On connaît la suite...

A trop donner, Sagan le paie souvent

Comme souvent lors de ce premier monument du printemps, Peter Sagan a assumé son statut de favori de l'épreuve, un statut renforcé par la situation de course à 3km de l'arrivée. Le problème, généralement, lorsqu'on est supposé être le plus fort, c'est que personne ne veut rouler avec vous. Demandez donc à Cancellara, lui aussi souvent malheureux sur Milan-Sanremo. Sauf que Kwiatkowski a bien roulé dans le final, au contraire d'Alaphilippe. Finalement, le problème est venu de Sagan lui-même. Et ce n'est pas la première fois. On le sait, le Slovaque n'hésite jamais à donner de sa personne, à courir comme s'il n'avait pas d'équipe. On pense notamment aux éditions 2013 et 2015 où il avait suivi des attaques entre la Cipressa et le Poggio. Un moment crucial de la course où chacun tente plutôt de s'économiser. Surtout les coureurs qui peuvent s'imposer au sprint.

La folle arrivée de Milan-Sanremo : Peter Sagan, Michal Kwiatkowski et Julian Alaphilippe

La folle arrivée de Milan-Sanremo : Peter Sagan, Michal Kwiatkowski et Julian AlaphilippePanoramic

Au-delà de sa débauche d'énergie, Peter Sagan paie aussi une mauvaise gestion du final. Attaquer dans le Poggio était clairement le bon choix. Emmener dans la descente, une obligation pas si fatigante. Mais le Slovaque a encore une fois trop roulé sur le plat menant à la via Roma. "Au début, j'étais seul à travailler, raconte-t-il. Les autres m'ont ensuite donné quelques relais. Évidemment, dans les derniers kilomètres, ils ont récupéré plus que moi. J'ai continué car j'ai cru que je pouvais gagner au sprint..." En théorie, le champion du monde était bien le plus rapide. Au terme des 291 km de course, avec un coureur du calibre de Kwiatkowski dans la roue, capable de dominer un Matthews au sprint sur l'Amstel 2015, la donne n'était pas la même. Et, ça, le Slovaque, qui connaît parfaitement le Polonais pour avoir lutter avec lui chez les jeunes, aurait dû y penser. Mais, à trop vouloir faire le show, Sagan manque, parfois de lucidité. Mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime tant.

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