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Equipe de France : Démare-Bouhanni, le mariage de raison

Démare - Bouhanni, le mariage de raison

Le 15/10/2016 à 20:10Mis à jour Le 16/10/2016 à 10:20

CHAMPIONNAT DU MONDE – Le maillot arc-en-ciel semble promis à un sprinter dimanche sur le parcours rectiligne de Doha. Avec Nacer Bouhanni et Arnaud Démare, la France dispose de deux cartes maitresses. Mais ces deux-là peuvent-ils vraiment cohabiter ? Oui, assure-t-on à tous les étages de la fusée tricolore.

Bien sûr, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans le sport, encore moins en cyclisme et a fortiori dans une course d'un jour comme le Championnat du monde, où la composition du peloton en équipes nationales tend à rebattre les cartes. N'empêche. Sans le garantir à 100%, il y a quand même très fort à parier que le maillot arc-en-ciel 2016 se joue sur un sprint massif dimanche, à Doha. Or, ça tombe bien pour l'équipe de France, voilà un domaine où elle est bien armée. Presque trop bien ?

Les Bleus s'avancent en tout cas au Qatar avec deux véritables chances de décrocher le titre mondial, qui leur échappe depuis le siècle précédent et le sacre de Laurent Brochard en 1997 à Saint-Sébastien. Nacer Bouhanni et Arnaud Démare sont deux atouts enviables et on ne tomberait pas franchement du placard si l'un ou l'autre parvenait à se hisser sur le podium et même, pourquoi pas, sur sa plus haute marche. "On fera tous les deux le sprint, c'est clair, prévient Démare. Nacer est capable d'être champion du monde, moi aussi."

" Ce sont les journalistes qui ne comprennent pas ou qui font semblant de ne pas comprendre "

Sauf que ces deux-là n'ont jamais affiché d'affinités particulières, pour reste sobre, que ce soit du temps de leur vie commune à la FDJ ou depuis le départ de Bouhanni chez Cofidis. Bernard Bourreau, le sélectionneur tricolore, un peu blasé par ce (faux, selon lui) débat, balaie cette crainte. Pour lui, il n'y a pas Bouhanni et ses Cofidis d'un côté, et Démare et ses potes de la FDJ de l'autre. "J'ai réuni les meilleurs coureurs pour faire une seule équipe de France avec deux sprinters. Il n'y a pas deux trains, il y a une seule équipe de France", clame-t-il.

Même son de cloche du côté des deux principaux intéressés. La rivalité Démare-Bouhanni ? Elle n'existe pas. Pure fantasme médiatique. "Ce sont les journalistes qui ne comprennent pas ou qui font semblant de ne pas comprendre", assure Démare, quand Bouhanni jure que ce sont "les médias qui aiment beaucoup parler de ça."

Bonnet : "S'il faut aider Nacer à se replacer, on le fera"

Plus que jamais, le rôle de Bernard Bourreau sera capital dimanche. Tous les cas de figure devront être envisagés et, en fonction des différents scenarii, chacun devra être dans son rôle. Nacer Bouhanni ne demande d'ailleurs pas autre chose. "Au vu du nombre de sprinters dans chaque nation, je ne pense pas qu'on échappe à un sprint massif. Si on arrive à bien cohabiter, on peut avoir une grande équipe de France. Il faudra collaborer, que les consignes soient claires. C'est à Bernard Bourreau de dire les choses", rappelle la flèche de Cofidis.

Démare comme Bouhanni seront "protégés" par quelques-uns de leurs habituels coéquipiers préférés dans leur équipe respective. Mais là aussi, pas question de choisir. "Il faut courir ensemble, on en est tous conscients", assure William Bonnet, l'un des deux capitaines de route de la sélection et habituel lieutenant de Démare. "Nous avons deux sprinters et il vaut mieux en avoir deux qu'un seul, à cause des risques de chute, de bordure".

Et si Bonnet rêve de voir Démare endosser le maillot irisé, il n'aura aucun état d'âme à rouler pour celui qui sera le plus à même de gagner. "S'il faut aider Nacer à se replacer, on le fera", promet-il. Si les actes sont en corrélation avec les mots, le cyclisme français peut rêver à quelque chose de grand dimanche.

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