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Mondiaux 2016 - Doha : Peter Sagan peut-il conserver son titre mondial ?

Quatre raisons de croire au doublé de Sagan

Le 15/10/2016 à 19:03Mis à jour Le 15/10/2016 à 21:41

MONDIAUX SUR ROUTE - Peter Sagan remet son titre en jeu dimanche au Qatar. Il n'est pas le plus rapide des sprinters, sur le papier. Mais le Slovaque est en très grande forme, au point d'en faire l'un des grands favoris. Voici quatre raisons de croire en ses chances de doublé. Il deviendrait alors le sixième coureur à conserver son titre mondial et le premier depuis Paolo Bettini (2006 et 2007).

Il est l'homme en forme

Sa saison de rêve s'étire à n'en plus finir. Vainqueur de sa première grande classiques au printemps (Tour des Flandres, plus un deuxième Gand-Wevelgem) puis de trois étapes sur le Tour de France, le Slovaque n'a pas baissé de pied cet automne. Loin de là. Victorieux du GP de Québec, deuxième à Montréal, il a ensuite remporté le premier championnat d'Europe des professionnels sur le circuit pour puncheurs de Plumelec. Un titre qui, d'ailleurs, lui assure de porter une tunique distinctive qu'importe son résultat aux Mondiaux. Dans la foulée, il a terminé 3e de l'Eneco Tour avec deux étapes la clé et en ne perdant le maillot jaune que le dernier jour. Pour sûr, il en a encore dans le capot.

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Bordures ou sprint massif, tout lui ira

Pour beaucoup, c'est la question qui taraude, le facteur X de ce Mondial. Le vent qatari va-t-il éparpiller le peloton dans le désert et laisser place à une course de mouvement, digne des flandriennes ? Sagan peut s'en moquer. Le Slovaque est le mieux armé pour répondre aux deux types de scénarios envisagés. Des bordures ? Pas de problème. Il s'est montré le plus doué dans ce registre cette année.

Et si la course se révèle une longue et insipide procession jusqu'à un emballage massif, pas de souci non plus. Il pourra très bien régler tout le monde au sprint. D'autant que le petit-faux plat montant final ne sera pas pour le desservir. Intrinsèquement, il est certes moins fort que les tous meilleurs sprinteurs du monde. Mais en ce moment, le plus rapide, c'est bien lui. Il a remporté les deux derniers sprints massifs auxquels il a pris part. C'était sur l'Eneco Tour, il y a trois semaines. Et ce devant les Greipel, Kristoff, Degenkolb, Démare, Groenewegen et autre Bouhanni.

Il sait se débrouiller tout seul

Quand certaines nations évolueront à neuf éléments, la Slovaquie ne pourra aligner que trois coureurs dimanche, comme l'an passé à Richmond. Sagan sera donc seulement épaulé par son frère, Juraj, et Michael Kolar. C'est évidemment peu. Surtout par des températures qui nécessitent un ravitaillement en eau fréquent. Sagan, qui dit ne pas aimer la chaleur, sera peut-être contraint d'aller chercher lui-même les bidons en fin de course. Mais il en a vu d'autres. Il a l'habitude de se débrouiller seul.

Dans un sprint, il sait frotter comme personne pour rouler à l'économie et choisir la bonne roue. Chez Tinkoff, il en a quasiment fait une marque de fabrique, tant ses équipiers sont d'un niveau faible sur les classiques, ou bien dévoués à protéger Contador sur le Tour.

Il aura la pancarte, mais pas la pression

Être isolé possède aussi ses avantages et conduit à ce paradoxe pour Sagan. Il aura la pancarte. Mais pas le poids de la course. Il pourra se cacher derrière le travail des "grandes nations" sans qu'on lui reproche de faire le filou. Ainsi, c'est presque sans pression que Sagan peut aborder ce rendez-vous qui pourrait forger un peu plus sa légende, à défaut de le faire véritablement entrer dans une nouvelle dimension. "Beaucoup de coureurs ont déjà gagné deux fois le titre, certains trois, a justement pointé le Slovaque. Gagner un autre championnat du monde ne sera pas historique, mais je suis ici pour cela, pour courir et donner le meilleur." En ce moment, ça lui réussit plutôt bien.

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