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Peter Sagan conserve son maillot arc-en-ciel, en coiffant Mark Cavendish et Tom Boonen !

Sagan, roi du désert et légende arc-en-ciel

Le 16/10/2016 à 15:45Mis à jour Le 16/10/2016 à 16:47

MONDIAUX DE CYCLISME - Incroyable Peter Sagan. Le Slovaque a conservé ce dimanche son maillot arc-en-ciel de champion du monde en s'imposant au sprint devant Mark Cavendish (Grande-Bretagne) et Tom Boonen (Belgique), au terme d'une course complètement débridée sur le parcours de Doha. Le premier Français, William Bonnet, a pris la 8e place.

Le désert qatari ne pouvait guère sacrer un plus beau roi. Au terme d'une course des championnats du monde marquée par un coup de bordure digne des classiques flandriennes, Peter Sagan a conservé son titre mondial ce dimanche à Doha, un an après son sacre à Richmond. Le Slovaque a réglé une vingtaine de coureurs au sprint au terme des 258 kilomètres d'une course dantesque dans le vent et la chaleur. Royal, le podium l'est aussi. Il est complété par deux autres légendes et anciens porteurs du maillot arc-en-ciel : Mark Cavendish et Tom Boonen. Seul Français à ne s'être pas fait piéger en début de course, William Bonnet termine 8e.

Le vent allait-il saccager le peloton et empêcher une course de l'ennui dans ce Mondial de l'absurde, sans spectateur et par près de 40 degrés ? La réponse a été oui. Oh que oui. Comme sur un tableau noir, tout s'est décanté dans la première boucle de 151 kilomètres tracée dans le désert, sans abri possible. C'est ici, à 180 kilomètres du but, que la Grande-Bretagne et la Belgique ont placé un grand coup d'accélérateur. Une trentaine de coureurs se sont alors détachés. Parmi eux, tous les favoris. Ou presque. L'Allemand Andrei Greipel était piégé. Tout comme les leaders tricolores Nacer Bouhanni et Arnaud Démare.

Bouhanni et Démare piégés d'entrée

Si Démare, vainqueur sortant de Milan-San Remo et pourtant rôdé aux course du Nord, a vite rendu les armes, Bouhanni a longtemps cru à un retour. Placé dans le premier groupe de contre, fort d'une trentaine d'unités, il a longtemps stagné à une minute de la tête de course. Le mano a mano a duré près de cent kilomètres. Mais une fois que les coureurs sont arrivés sur le circuit final de l'île artificielle "The Pearl"(15 kilomètres à parcourir sept fois), l'écart n'a jamais cessé de grandir.

Les Belges ont joué le principal rôle dans ce Mondial. Surreprésentés à l'avant (cinq coureurs sur 26), ils ont assuré l'essentiel du travail. Et à l'arrière, dans le peloton Bouhanni, ils ont parfaitement désorganisé la poursuite, rendant fou, d'ailleurs, John Degenkolb. L'Allemand, qui avait été éjecté du premier groupe sur crevaison, finira par jeter l'éponge après avoir aspergé d'eau le visage de Jens Debusschere, l'une des images de ce Mondial.

Leezer y a cru jusqu'aux 400 derniers mètres

Pour beaucoup, la course s'est perdue d'entrée. Mais pour la gagner, il fallait attendre le tout dernier moment. Personne n'a osé attaquer avant la vaine tentative, à 8 kilomètres de l'arrivée, de Niki Terpstra et du champion olympique Greg Van Avermaet. Incognito au milieu de toutes les stars, le Néerlandais Tom Leezer a lui failli réaliser le coup du siècle. Sorti à 2,5 kilomètres de la ligne, il n'a été repris qu'à 400 mètres du but sous l'impulsion des Norvégiens, finalement battus, Alexandre Kristoff (7e) et Edvald Boasson Hagen (6e) échouant aux portes du Top 5.

C'était le jour de Sagan. À 100 mètres de la ligne, le Slovaque a trouvé l'ouverture en débordant Giacomo Nizzolo sur la droite, le long de la balustrade. Pour être couronné une deuxième fois. Et forger un peu plus sa légende.

Peter Sagan, vainqueur des Mondiaux au sprint devant Mark Cavendish et Tom Boonen

Peter Sagan, vainqueur des Mondiaux au sprint devant Mark Cavendish et Tom BoonenAFP

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