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Cyrille Guimard : "On n'est pas sûrs d'être les plus forts, mais on essaiera d'être les plus malins"

"On n'est pas sûrs d'être les plus forts, mais on essaiera d'être les plus malins"

Le 23/09/2017 à 08:00Mis à jour Le 23/09/2017 à 23:03

MONDIAUX SUR ROUTE - L'équipe de France, comme toujours, débarque sur la course en ligne avec une étiquette d'outsider. Mais elle a tout de même quelques armes, et si Cyrille Guimard, le nouveau sélectionneur, refuse de parler de leader, Julian Alaphilippe constitue sans doute sa meilleure carte.

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C'est le genre d'anniversaire que l'on n'aime jamais célébrer. La France n'a plus goûté au maillot arc-en-ciel dans la course en ligne depuis très exactement 20 ans, lorsque Laurent Brochard avait triomphé à Saint-Sébastien. Depuis la création des Championnats du monde sur route en 1927, jamais le cyclisme français n'avait connu une période de disette aussi longue, même en comptant les années de coupure dues à la Seconde Guerre mondiale. Alors, stop ou encore ?

La grande nouveauté de cette équipe de France, c'est son sélectionneur, Cyrille Guimard. Une figure importante du cyclisme tricolore des 40 dernières années, propulsé à 70 ans à la tête de la sélection, avec son volontarisme mais aussi un réel plaisir, assure l'intéressé. "Sinon, je ne serais pas là, je n'ai pas l'âge de faire de l'alimentaire", nous a-t-il confié cette semaine.

" Si la porte s'ouvre, on ne freinera pas"

Ce qui ne change guère, en revanche, c'est la position du groupe France dans le peloton. Face aux armadas belge et italienne, voire australienne, et sans une figure majuscule incontournable tel que Peter Sagan chez les Slovaques, l'équipe de France n'aura sans doute pas les moyens de peser sur les débats. A défaut d'avoir autant de pétrole que les autres, elle tâchera donc d'avoir des idées. Ce qui, en langage guimardien, donne : "on n'est pas sûrs d'être les plus forts, mais on essaiera d'être les plus malins. Si la porte s'ouvre, on ne freinera pas. Il faut y croire, avoir la foi."

Julian Alaphilippe - Paris - Nice 2017

Julian Alaphilippe - Paris - Nice 2017Getty Images

Chez les Bleus, pas de super favori à la Sagan, Van Avermaet, Matthews ou Kwiatkoswki. Pas même de leader. Cyrille Guimard a rayé ce terme de son vocabulaire. Même pour Julian Alaphilippe, objectivement son meilleur atout sur le papier. "On n'aura pas leader, je n'aime pas ce terme", dit le druide. Il lui préfère celui de "fil conducteur" en ce qui concerne Alaphilippe. "On peut avoir un leader sur une course de trois semaines comme le Tour de France, poursuit Guimard. Là, on est sur une course d'un jour où toutes les équipes sont des sélections, avec une stratégie. On peut et doit avoir plusieurs options car tout peut se passer sur une journée. Mais Julian sera le fil rouge, oui."

" Je ne suis pas un dictateur"

Loin de l'image autoritaire qu'il peut véhiculer, Cyrille Guimard veut concevoir avec l'ensemble de son groupe la stratégie pour le Jour J. Comme il nous le confiait il y a quelques jours, il avait prévu de discuter avec ses coureurs à l'issue de la reconnaissance du parcours avant de déterminer la tactique commune. "La stratégie, explique-t-il, on va la déterminer en fonction du ressenti de chacun. Là, on verra ce qu'on veut faire, comment on le fait, et qui fait quoi. Je ne suis pas un dictateur." En revanche, il reste le patron. "Une fois qu'on aura choisi, en commun, notre stratégie, il faut la respecter. Là, je serai intransigeant."

Plus qu'une obligation de résultats, on sent que Guimard veut fixer à ses hommes une obligation de performance. Chacun devra, dans son rôle prédéfini, livrer la course parfaite au regard de son potentiel. "Pour que ça fonctionne, il faut une adhésion, dit-il encore. On peut avoir plusieurs options, mais une seule stratégie. Pour la mener à bien, il faudra des soldats. On n'a jamais trop de soldats dans une équipe." La troupe est prête. Le général Guimard aussi.

Guimard Cyrille

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