Chaque printemps, le Breton revient à ses fondamentaux. Il renoue avec les mêmes gestes, participe aux mêmes courses, aborde les deux classiques des pavés avec la même motivation. Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix restent deux sommets pour ce coureur solide, endurant, efficace et surtout lucide, conscient de ses qualités et de ses limites.
"Paris-Roubaix m'a permis de toujours me remotiver. Je ne l'ai pas gagné facilement (en 1997). Quand il y a des moments difficiles, je repense à cette victoire. Et puis, ça repart", explique-t-il. A ses côtés, Marc Madiot, qui l'a fait venir à la création de l'équipe Française des Jeux (1997), approuve. Entre les deux hommes existe un lien fort, de confiance, qui n'a pas besoin de mots.
"Le matin (de Paris-Tours), le briefing a duré moins de cinq minutes. Je ne vais pas lui expliquer la course. Au départ, il était prévu qu'il attende le final. Ca s'est passé autrement. C'est ça aussi, la beauté de la course", raconte le directeur sportif de l'équipe française qui couve ses anciens, Frédéric Guesdon et son alter ego Christophe Mengin: "Ils donnent l'exemple aux jeunes et c'est irremplaçable."
L'exemple Durand
Le "roc" Guesdon refuse de fixer un terme à sa carrière. A près de 35 ans, il a prolongé d'un an seulement son contrat: "Ca passe vite. Quand une saison passe vite, d'ailleurs, c'est bon signe. J'espère que cela ne va pas s'arrêter là. Logiquement, il doit me rester deux ou trois ans. Mais je préfère signer un an et ne pas faire l'année de trop. Si on prolonge, tant mieux." Madiot sourit en entendant son coureur. "On est un vieux couple", rigole le Mayennais qui n'aime rien tant que se présenter au départ des classiques des pavés, début avril, avec ses "guerriers": "On a une vraie culture de classiques dans l'équipe."
En terminant septième (et premier Français) du dernier Paris-Roubaix, Guesdon a prouvé qu'il avait toujours la foi. "J'ai pris un petit coup au moral, relativise toutefois le Breton. J'ai vu qu'une nouvelle génération arrivait. Et, pour moi, cela va être difficile de gagner de nouveau". Lucide, toujours. Mais aussi déterminé. "Ce n'est pas toujours le plus fort qui gagne, ajoute Guesdon. Il y a la tactique, d'autres paramètres. L'an prochain, je prendrai le départ pour essayer de gagner. Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres qui me fait toujours rêver aussi".
"Dans une course, ajoute-t-il, si on n'attend pas le sprint, on peut devancer les favoris. Paris-Tours, c'est un parcours ouvert à beaucoup de coureurs. Mais, sur des courses comme le Tour de Lombardie ou le Tour des Flandres, c'est moins ouvert". L'histoire rappelle cependant que Jacky Durand, autre vainqueur français de Paris-Tours (1998), s'y était pris de cette façon pour enlever la dernière victoire française dans les Flandres (1992). En partant de très loin et en persévérant.
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