Rolland: "Je cours libéré"

Pierre Rolland n'aime pas le froid. L'Orléanais a pourtant remporté sa première victoire de la saison sur l'Etoile de Bessèges vendredi dernier. Il l'explique en partie par la confiance accumulée lors du dernier Tour de France et il espère encore en tirer profit sur Paris-Nice, son premier objectif.

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PIERRE ROLLAND, qu'est-ce que vous inspire la suspension d’Alberto Contador ?
P.R. : C'est difficile de réagir à chaud mais cette affaire trainait depuis trop longtemps et il fallait un dénouement. Mais il est arrivé trop tard et la principale victime, c'est le cyclisme.
Vous voilà désormais 10e du Tour de France 2011.
P.R. : J'aurais préféré être 10e à la régulière. Aujourd'hui, mon cas est anecdotique. Je pense plus à Andy Schleck qui n'a pas eu droit à la gloire du maillot jaune en 2010. Peut-être qu'il a le Tour 2010 à son palmarès désormais, mais seul le moment présent compte vraiment.
Est-ce cette victoire à Bessèges vous surprend, vous qui n'aimez pas particulièrement l'hiver ?
P.R. : Ce sont les circonstances, j'ai su être opportuniste. Forcément, ça m'a un peu surpris de lever les bras si tôt dans la saison. Ce n'était pas prévu. C'est bien et ça prouve que le travail de l'hiver paie. La préparation s'est bien passée. Je ne suis pas en avance pour autant, je suis dans mon timing. 
Vous n'êtes pas un coureur qui gagnait beaucoup de courses jusque-là. Est-ce que le succès à l'Alpe d'Huez pourrait agir comme un déclic ?
P.R. : C est certain et Jean-René le répète et il a raison : il y aura un Pierre avant et après le Tour. Quand tu as confiance en toi, que tu es serein, tu as une façon de courir plus juste. Tu vois les choses différemment, tu ne cours plus pour faire voir que tu marches mais pour gagner. Tu cours libéré et ça change tout. 
Regrettez-vous malgré tout de ne pas avoir pu garder les commandes du général jusqu'au bout ?
P.R. : Le général est devenu un objectif quand j'ai remporté l'étape et les coureurs ont travaillé pour moi. Sur le chrono, on est tombé sur plus fort que nous. J'ai fait un chrono honorable mais Jérôme Coppel était plus fort. Il y a des écarts entre les conditions des coureurs à cette époque de l'année et ça s'est vu. Je ne me focalise pas par rapport aux autres coureurs. Je suis à plus d'un mois de mon premier pic de forme. J'ai encore du poids à perdre, l'hiver, ce n'est pas ma saison. Paris-Nice, ce sera davantage révélateur pour moi. Je suis dans le bon tempo. Et puis, l'Etoile de Bessèges, c'était particulier. Le chrono était très dur pour la saison et avec des températures négatives. Cette semaine, ça été un enfer physiquement.
Quels seront vos objectifs justement sur Paris-Nice ? Une place au général ?
P.R. : Je vais courir comme à Bessèges, essayer de saisir des opportunités. Comme Thomas le fait. Quand j'ai senti que c'était bon, j'ai saisi ma chance. Je ne pense pas être le plus fort pour gagner le général, il faudra que je fasse un coup. Aujourd'hui, le but c'est de ne pas tomber malade et de garder cette forme ascendante. 
Votre objectif pendant l'hiver est de travailler le contre-la-montre avec votre nouveau vélo...
P.R. : Il n'est pas encore homologué. Je vais en soufflerie la semaine prochaine pour finir de tester des positions, du matériel. Ce sera pour un peu plus tard dans la saison
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