Déjà vainqueur l'an dernier à Montelupone, Joaquim Rodriguez semble avoir pris un abonnement avec la victoire sur les hauteurs de cette pittoresque commune des Marches. Outsider plus que favori au départ de cette 4e étape de la Course des deux Mers, l'Espagnol ne s'est pas raté dans la seconde ascension du jour de cette courte mais si difficile montée que beaucoup comparent au Mur de Huy. Tant mieux pour ce grimpeur-puncheur qui a fêté ses 30 ans jeudi et qui a fait des classiques ardennaises son grand objectif de la saison.
A un peu plus de cinq semaines du début de la campagne limbourgo-wallonne qui l'avait vu finir l'an dernier l'Amstel Gold Race, la Flèche Wallone et Liège-Bastogne-Liège à une même 8e place, l'ancien champion d'Espagne affiche déjà une condition avancée. A un peu moins de 500 mètres de l'arrivée, c'est en effet avec une "grinta" qui ne trompe pas sur ses aptitudes du moment que le Catalan s'est dressé sur les pédales pour creuser un écart irréversible sur ses adversaires du jour.
El Farès résiste
Quelques dizaines de mètres derrière lui, Davide Rebellin (Serramenti-Diquigiovanni) avait longtemps fait illusion mais à 200 mètres du but, il s'était soudainement rassis sur sa selle, résignée par l'insistance de Rodriguez à faire le trou. Sur la ligne, le vétéran italien, tenant du titre de Paris-Nice jusqu'à dimanche, se contentait donc de la deuxième place à 6 secondes du vainqueur du jour juste devant Thomas Lokvist (Team Columbia), plus que jamais favori de l'épreuve à la veille du chrono de Macerata, Danilo Di Luca (Serramenti-Diquigiovanni), Stefano Garzelli (Acqua & Sapone) et un certain Julien El Farès.
Admirable de combativité, accrocheur jusqu'au bout, le vainqueur de la première étape de l'épreuve transalpine ne voulait pas lâcher son maillot bleu de leader sans s'être mis les tripes à l'air. Echouant à 21 secondes de Rodriguez au sommet de la bosse d'arrivée, le coureur de l'équipe Cofidis se rendait les armes à la main. Certes, il se voyait dépossédé de son élégante tunique pour 6 secondes mais il pouvait se dire avec certitude qu'un cap manifeste avait été franchi ces quatre derniers jours. Fort de cette belle expérience transalpine, Julien El Farès s'est révélé à lui-même et pose les jalons d'une belle carrière. A 23 ans, il a tout l'avenir devant lui.
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