United Colours of Bradley McGee. L'Australien de la Française des Jeux a rejoint un cercle relativement restreint, celui des coureurs ayant eu la chance de porter au moins une fois dans leur carrière le maillot de leader dans les trois grands Tours. Pour le cyclisme australien, c'est en tout cas une grande première. Mine de rien, McGee est donc entré à sa manière dans l'histoire.
En 2003, le protégé de Marc Madiot s'était offert le maillot jaune sur le Tour de France, en remportant le prologue sous la Tour Eiffel. Un an plus tard, c'est le rose qui l'attendait sur le Giro durant la première semaine de course. Et dimanche, il a donc endossé le maillot de oro. "Je suis absolument ravi de ce maillot. Je le voulais. Cela complète ma belle collection après le Tour et la Vuelta. C'est une grande satisfaction car j'étais venu sur la Vuelta pour cela", a confié McGee.
On ne peut pas tout avoir
Vendredi, avant le grand départ, lors de la présentation officielle des équipes à Grenade, il n'avait effectivement pas fait mystère de ses intentions. "Je sais ce que c'est d'être leader sur un grand Tour. C'est une joie immense et un privilège. J'ai vraiment faim de ce maillot or", avait-il annoncé. Mission accomplie, avec 24 heures de retard toutefois, puisque l'ancien poursuiteur avait naturellement ciblé le prologue de samedi.
Mais la victoire d'étape, et le maillot de leader par la même occasion, lui avaient glissé entre les doigts pour trois petites secondes. Grâce au jeu des bonifications, McGee a rattrapé le coup à Cordoue, même s'il lui a fallu céder la victoire d'étape à son compagnon d'échappée, Leonardo Bertagnolli. On ne peut pas tout avoir. Les deux hommes ont rapidement compris que si leurs intérêts divergeaient, ils étaient compatibles. "Je savais que McGee voulait le maillot de leader", note l'Italien, qui a su en tirer profit.
Pour McGee, cette toison d'or constitue en tout cas un sacré rayon de soleil dans une saison plutôt grise. En dépit des deux succès acquis lors du GP de Villers-Cotterêts et à l'occasion d'une étape du Tour de Suisse, 2005 n'a pas répondu à ses aspirations. Après sa huitième place sur le Giro l'an dernier, le rouleur des Antipodes se sentait de taille à jouer une place au général sur le Tour de France. Ses aptitudes dans les chronos, associées à ses progrès en montagne, avaient fait naître certains espoirs.
Une semaine oui, trois semaines non
Ils furent rapidement déçus. Incapable de suivre le rythme des meilleurs, McGee demeura un anonyme parmi tant d'autres. Un échec qui lui a ouvert les yeux. "Je pense que j'ai les capacités pour jouer le classement général. Mais c'est trop risqué de se focaliser sur cet objectif. Alors, je le ferai sur les courses d'une semaine comme le Tour de Suisse ou Paris-Nice, pas de trois semaines comme le Tour de France", conclut-il.
Frustré par sa Grande Boucle, qu'il a achevé sur une ultime déception en terminant deuxième sur les Champs-Élysées dans le sillage de Vinokourov, McGee a peu couru depuis. On ne l'a vu que lors de la Classique de l'Indre, voilà huit jours. Il espère que son enthousiasme palliera son manque de compétition. "Je ne sais pas trop où j'en suis, quelle est ma forme", avoue le nouveau leader. N'empêche, après seulement deux jours de course, il a déjà gagné son pari.
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