Cyclisme - Tour de France
29/07/2003 - 12:00Entre doutes et promesses
Un bilan honorable

Deux victoires d'étapes (Richard Virenque à Morzine et Jean-Patrick Nazon à Paris), deux maillots jaunes (encore Virenque et Nazon), une huitième place en guise de meilleur classement au général pour Christophe Moreau, et le maillot à pois, le bilan d'ensemble du Tour 2003 est dans la lignée des précédents pour le cyclisme français. Ni génial, ni catastrophique. L'an passé, aucun Français n'avait pu rentrer dans les dix premiers, Virenque et Halgand signant les deux seules victoires hexagonales. Les Tricolores sont donc une nouvelle fois à leur place. Vu les moyens du bord, on ne pouvait guère attendre mieux.
Les jeunes à l'attaque

S'il y a une chose que l'on ne peut reprocher aux coureurs français, c'est d'avoir tenté leur chance. Très offensifs, en plaine comme en montagne, les jeunes ont notamment fait preuve d'un bel esprit d'initiative. Malheureusement, ils n'ont jamais été récompensés. On se rappellera surtout des longues échappées de Frédéric Finot à Sedan, d'Anthony Geslin à Lyon ou encore de Sylvain Chavanel dans les Pyrénées. Tous ont été repris à quelques encablures de l'arrivée. Il ne leur a manqué qu'un poil de réussite pour réussir l'exploit. Ainsi, Chavanel aurait certainement pu rallier Luz-Ardiden en vainqueur si la bagarre entre Armstrong et Ullrich ne s'était déclenchée dès le Tourmalet.
Général: heureusement, les vieux sont là

Christophe Moreau: huitième, 32 ans. Richard Virenque: 16e, 33 ans. Didier Rous: 20e, 32 ans. Les trois premiers français du classement général ont allègrement dépassé la trentaine. Leur talent, et surtout leur régularité, reste un atout important pour le cyclisme français, mais qui sera là pour leur succéder d'ici deux ou trois ans? "Y-a-t-il des jeunes derrière?", s'interroge Jean-Marie Leblanc. "C'est là où c'est un peu inquiétant, apparemment pas." Dans la jeune génération, personne ne présente le profil d'un futur candidat au podium. La France a des bons jeunes. Ils ne sont malheureusement pas forcément taillés pour les grandes courses par étapes. A noter enfin que les cinq premiers tricolores au général sont tous des anciens de la grande équipe Festina...
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MENTION TRES BIEN
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RICHARD VIRENQUE

Le Varois ne pouvait espérer mieux pour ce Tour du centenaire: une victoire d'étape, une journée en jaune, sa première depuis onze ans et surtout un sixième maillot à pois, il a rempli tous ses objectifs. A bientôt 34 ans, il demeure un véritable homme du Tour de France la seule épreuve qui le transcende réellement. Conscient qu'il n'a plus les jambes pour jouer le général, il a habilement tenté (et réussi) des coups. Son autre victoire, c'est au niveau médiatique que Virenque l'a obtenue. Sans avoir retrouvé le faste des années 1994-97, il est à nouveau la coqueluche, après avoir été le banni. Personne ne lui parle plus de dopage...
JEAN-PATRICK NAZON

La belle surprise de ce Tour pour le cyclisme français. Le sprinter de Jean Delatour a explosé pendant trois semaines, en endossant le maillot jaune à Saint-Dizier, avant de triompher sur les Champs-Elysées, un exploit que seuls Bernard Hinault et Eddy Seigneur avaient accompli avant lui. Dommage simplement que son équipe, dont le sponsor se retire à la fin de la saison, se soit délitée au fil des jours. Mais "Jipé", dont la cote, au plus bas cet hiver, est remontée en flèche, ne devrait avoir aucun mal à retrouver une équipe. A 26 ans, il représente un bel atout pour le cyclisme français ces prochaines années.
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MENTION BIEN
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CHRISTOPHE MOREAU

Il était venu pour jouer le général, il s'y est tenu. Christophe Moreau, après deux expériences traumatisantes ces deux dernières années, avait besoin de panser ses plaies. Le leader du Crédit Agricole l'a fait à sa manière, sans panache, sans jamais attaquer ou presque, mais en essayant de repousser ses limites. Après un départ timide, il est constamment monté en régime. Dans les Pyrénées, il est parvenu à accompagner les meilleurs, comme en témoigne sa cinquième place à Luz-Ardiden. Moreau a couru un peu à la manière d'un Ivan Basso, terne mais régulière. C'est respectable, mais on peut se demander si, à 32 ans passés, il ne vaut mieux pas tenter un gros coup à la Virenque que d'aller chercher une huitième place au général, que tout le monde aura oubliée d'ici quelques mois...

Il n'a pas gagné la moindre étape, il a terminé ce Tour à la 93e place du général, et pourtant, Carlos Da Cruz peut se targuer d'avoir réussi un très bon Tour de France. L'Audonien est un coureur précieux dans une équipe. Toujours présent dans les échappés, il n'y a pas toujours joué sa carte personnelle, sa mission première étant de prendre des points au sprints intermédiaires pour protéger le maillot vert de Baden Cooke. L'Australien lui doit une fière chandelle. Son omniprésence a bien failli être récompensée à Saint-Maixent L'Ecole, où il ne lui a manqué que quelques mètres pour s'imposer. Dommage, mais Da Cruz n'en a jamais perdu son éclatant sourire. Sur ce Tour, il a même gagné un surnom, trouvé par Marc Madiot pour signifier sa prise de galon au sein de la fdjeux.com: "Monsieur le ministre".
Et aussi... Samuel Dumoulin (Jean Delatour), Anthony Geslin et Frédéric Finot (Jean Delatour), pour leur sacré culot et leur esprit d'initiative. Trois garçons plein d'avenir.
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MENTION PASSABLE
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SYLVAIN CHAVANEL

On attendait beaucoup de Sylvain Chavanel. Sans doute trop. Encore un peu tendre pour les Grands Tours, encore très marqué par la disparition de son copain Fabrice Salanson début juin, le natif de Châtellerault termine à la 37e place, soit quasiment au même niveau que l'an passé (36e). On le voyait plutôt dans le Top 20. Chavanel a connu quelques journées très difficiles entre la sortie des Alpes et le début des Pyrénées, où il fut bien près d'abandonner. Toutefois, sa dernière semaine laisse augurer de jours meilleurs sur la Grande Boucle pour lui: auteur d'une superbe échappée dans Aspin, le Tourmalet et Luz-Ardiden, il n'a baissé pavillon qu'à quatre kilomètres du sommet, avant de signer un très bon chrono à Nantes: neuvième et meilleur Français.
DIDIER ROUS

Le champion de France sort frustré de son Tour de France. Au sein de l'équipe Brioches La Boulangère, il était le seul à pouvoir jouer le général. Jean-René Bernaudeau lui a donc demander de courir dans cette optique. Lui aurait préféré aborder la course autrement, à la Virenque plus qu'à la Moreau. 20e au final, assez loin de son meilleur classement (11e en 2001), Didier Rous n'a sans doute plus assez de volume pour envisager de terminer dans le Top 10 d"une course comme le Tour de France. A méditer pour l'avenir.
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RECALES
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David Moncoutie. Le gros bide côté tricolore. 13e et meilleur français en 2002, il n'a jamais été dans le coup. Catalogué parmi les bons grimpeurs, on ne l'a jamais vu en montagne, où il a souvent décroché bien avant la dernière montée. Une énorme déception.
Sandy Casar. 111e à 3h20 de Lance Armstrong, Sandy n'est évidemment pas à sa place. Mais il a des circonstances atténuantes. Le protégé de Marc Madiot n'avait pas récupéré de l'enchaînement Tour d'Italie-Tour de Suisse. Forcément décevant, mais il a eu le mérite de s'accrocher pour finir.
Laurent Brochard. Il avait annoncé à son directeur sportif, Vincent Lavenu, qu'il ne se sentait pas de taille à jouer le général. Bien vu, sa 33e place le confirme. En revanche, on espérait voir le Sarthois partir dans des coups dont il a le secret. Raté. Le champion du monde 1997 n'a plus la même forme qu'en début de saison.
Nicolas Vogondy. L'an dernier, il avait fièrement arboré son maillot de champion de France. Il lui avait même fait honneur en terminant à une prometteuse 19e place. Cette année, on a fini par se demander s'il était bien inscrit sur ce Tour de France. 117e, jamais dans le coup, jamais devant, Nicolas a beaucoup déçu.












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