Cyclisme - Tour de France
19/06/2006 - 16:58Légendes: Richard Virenque

Chaque jour, découvrez ou redécouvrez une grande figure de l'histoire du Tour de France. Lundi, place à Richard Virenque, le roi des pois. Sacré à sept reprises meilleur grimpeur, le Varois a uni son destin à celui de la reine des épreuves.

Avec Raymond Poulidor, Richard Virenque est le coureur français le plus populaire à ne jamais avoir remporté le Tour de France. Le Varois a bâti sa carrière presque exclusivement autour de la Grande Boucle. Pour le meilleur, souvent. Pour le pire, parfois. Une chose est sûre, Virenque n'a jamais laissé personne indifférent. Beaucoup l'aimaient, certains le détestaient. Mais chacun admettra que pendant dix ans, le Tour, au moins du point de vue français, aura largement vécu par et pour Richard Virenque.
La belle histoire, passionnelle et fiévreuse, de Virenque avec la Grande Boucle commence ironiquement sur un malentendu. Sélectionné in extremis pour le Tour 1992, le gamin de 23 ans se fait remarquer aux yeux de la Belle en prenant le maillot jaune dès la deuxième étape, à Pau. Un bonheur intense, immense. Mais c'est sans doute trop beau, trop tôt. Dès le lendemain, le Varois cède sa tunique dorée à son coéquipier Pascal Lino. "Un jour, c'est trop court. Si ça se trouve, je ne pourrai plus jamais le porter" râle Virenque.
La France a la rougeole
Le pronostic, en forme de crainte, aura presque valeur de prophétie. Il devra en effet attendre onze années pour goûter à nouveau au précieux paletot, l'espace d'une journée. De toute façon, l'image de Richard n'a jamais épousé celle du maillot jaune, mais celle d'une autre fameuse tunique du Tour. Un peu moins légendaire, peut-être, mais qui sied si bien à ce grimpeur au regard noir: la maillot à pois. Grimpeur dans l'âme, dans le coeur et dans les jambes, Virenque se découvre une passion pour le GP de la Montagne, qu'il remporte à cinq reprises entre 1994 et 1999. La France a la rougeole. Les cols font sa gloire, immense, mais tracent aussi ses limites.

Car Virenque rêve toujours de jaune. Son ambition lui commande d'aller plus haut. Alors, il va monter, monter. Troisième du général en 1996, deuxième derrière Ullrich en 1997, avec notamment une victoire de légende a Courchevel, le ciel se rapproche... Oui mais voilà, au plus haut de sa popularité, le Sudiste va se brûler les ailes pour avoir voulu approcher trop près du soleil. C'est l'affaire Festina, les humiliations de la justice, les affres de la suspension et la douleur des aveux, si tardifs. Convaincu de dopage, à l'insu de son plein gré ou pas, Virenque chute du piédestal sur lequel il s'était installé.
Victime et coupable

Dans les médias, l'image de l'icône est écornée. Mais le public, aveugle pour les uns, fidèle pour les autres, ne lui en gardera aucune rancune. Au contraire. Pour beaucoup, Virenque n'a été qu'une victime du dopage, pas un coupable. Après ce passage difficile, le Sudiste entame une seconde carrière, presque aussi heureuse que la première. Il renoue avec la victoire à Morzine en 2000, s'impose à nouveau, au sommet du Ventoux, deux ans plus tard, à nouveau à Morzine en 2003 puis à Saint-Flour, le 14 juillet 2004.
Un ultime feu d'artifice, accompagné d'un record, avec ses sept titres de meilleur grimpeur. Virenque tient enfin sa place dans l'histoire. "Je me suis fait plaisir", dit-il simplement à Paris. Plus mûr, moins guidée par sa folle ambition, le Virenque post-Festina a su puiser dans des valeurs plus simples les sources de ses exploits. Sans jamais se départir de sa volonté de victoire. Toujours avide de reconnaissance, Virenque avait encore envie, et besoin, de rêver...
















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