Cyclisme - Tour de France
02/07/2007 - 15:00Légendes: Laurent Fignon

Talentueux, orgueilleux, maheureux. Trois mots pour résumer la relation entre le Tour de France et Laurent Fignon. Le Parisien, double vainqueur de la grande Boucle, fut le dernier Français en mesure de la remporter, en 1989. Sa défaite, pour huit seconde
Le dernier géant français, avec Bernard Hinault bien sûr. Depuis sa deuxième place en 1989 et son duel mémorable avec Lemond, aucun coureur hexagonal n'a plus été en mesure de remporter le Tour, et ce malgré la deuxième place de Virenque en 1997. Chez Fignon, l'homme et le coureur se ressemblent, au point de ne plus former qu'une entité : intelligent, sûr de lui, incisif, dans la parole comme dans le geste. Il ne faut pas longtemps au Parisien pour se faire remarquer lors de ses débuts.

Par son look d'abord. Avec sa mèche blonde, son bandeau dans les cheveux et ses lunettes rondes, Fignon dénote. Par son caractère ensuite. Entier, franc, pas vraiment adepte de la langue de bois. Et puis Fignon est présenté comme l'intello du peloton. Il est vrai qu'il a le Bac, ce qui n'est pas forcément fréquent dans le milieu. "Sur la route, il n'y a pas de bachelier. Que des coureurs. Bons ou mauvais ", précise-t-il tout de suite. Lui fait partie des bons. Des grands même.
Laurent le Magnifique
Dès sa première participation, Laurent Fignon ramène le maillot jaune à Paris. Il n'a que 23 ans. Mais le doute subsiste. Le blondinet a hérité du maillot jaune par défaut, avant les Alpes, suite à l'abandon de Pascal Simon, blessé. Alors pour certains, Fignon doit encore faire ses preuves, d'autant qu'Hinault n'était pas là en 83. L'édition suivante est pour le protégé de Guimard l'occasion de calmer les sceptiques. Maillot de champion de France sur les épaules, Fignon devient Laurent le Magnifique, tout spécialement à l'Alpe-d'Huez, où il ramène Hinault, qui l'avait attaqué, à la raison. "Hinault m'a bien fait marrer quand il a attaqué au bas de l'Alpe", dit-il avec un culot monstrueux.
Dominateur en montagne comme dans les chronos, il s'adjuge un deuxième Tour consécutif, plus de dix minutes devant Hinault. Difficile d'imaginer alors que Fignon ne gagnera plus jamais le Tour. Il vient pourtant de manger son pain blanc. Des blessures physiques, puis morales, l'obligeront soit à déclarer forfait, soit à se présenter diminué. Laurent n'est plus que l'ombre du jeune premier fulgurant qu'il fut, jusqu'en 1989. Sortant d'un Giro victorieux, il est à nouveau le favori du Tour. Il en était peut-être le plus fort également.
La suite est bien connue : Un duel d'anthologie avec Lemond, un chassé-croisé en tête du classement avec l'Américain. Et puis ce maudit contre-la-montre final. Ces maudites huit secondes. Le plus triste, le plus injuste, c'est que la carrière du Parisien est trop souvent associée, quand elle ne se résume pas, à ce final dramatique. Elle fait certes partie du parcours du personnage, mais on préfère garder de Fignon l'image de ce vainqueur superbe, plein d'assurance et de panache.
LAURENT FIGNON DIGEST
Né le 12 août 1960
10 participations
Victoires: 2 (1983, 1984)
Podiums: 3
Victoires d'étapes: 9
Jours en jaune: 15
LAURENT VERGNE















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