Cyclisme - Tour de France
28/07/2007 - 11:30Casar: "Je la voulais"

A force de persévérance, Sandy Casar (Française des Jeux) a fini par décrocher sa première victoire d'étape sur le Tour de France. Le Francilien, coureur offensif par nature, a sans doute trouvé sa voie en adoptant un style de baroudeur. Le classement gén
Racontez-nous les derniers kilomètres...
Sandy CASAR : Ils ont été difficiles. C'était nerveux, tendu. Michael Boogerd attaquait depuis un petit moment. Je pense qu'il était le plus fort dans l'échappée. Quand vous avez trois gars comme Axel Merckx, Laurent Lefèvre et Michael Boogerd, qui ont vraiment du métier, il faut être vigilant. J'essayais de montrer que j'étais le moins fort, c'était peut-être le cas d'ailleurs...
Votre attaque aux deux kilomètres les a surpris visiblement...
S.C. : Il venait d'y avoir une première attaque et un regroupement. J'ai vu le terre-plein central. Merckx a pris à droite, le virage était à gauche. Je me suis dit qu'il fallait que je me lance. J'avais décidé de lancer de loin pour ne pas me faire battre comme à Marseille sur la ligne. J'avais creusé le trou mais Boogerd a roulé très fort et ils sont revenus à 600m.
Vous y croyez encore à ce moment là?
S.C. : Je pensais que c'était fini. Après, j'ai attendu au maximum pour lancer le sprint. A 200m de la ligne, je sentais que les jambes étaient encore là. Le public m'a poussé. J'en avais tellement envie. Je savais que c'était ma dernière chance sur ce Tour 2007. J'étais vraiment à bloc.
Pensez-vous que Boogerd vous a sous-estimé à la fin en ne bouchant jamais ce petit trou de quatre-cinq mètres avant le sprint?
S.C. : Je ne sais pas. Je crois qu'il avait fait autant d'efforts que moi. Sur une étape de 210 kilomètres, ça joue. Personne ne lui a pris un seul relais dans les deux derniers kilomètres. Il devait être cuit.
Vous revenez de loin, car vous avez tout de même lourdement chuté en début d'étape. Que s'est-il passé exactement?
S.C. : C'était vers le 30e kilomètre je crois. Nous étions dans une descente, ça roulait vraiment vite car nous n'avions pas encore creusé l'écart sur le peloton. Un chien a traversé. J'ai été surpris. Ma chance, c'est que j'ai réussi à passer la roue avant. C'est le pied qui s'est bloqué dans le chien. Sur le coup, je pensais vraiment que c'était fini. J'ai bénéficié d'un concours de circonstances. Merckx est revenu en contre, je l'ai attendu et on a repris deux autres coureurs, qui nous ont permis de revenir sur la tête. Je les remercie. J'avais mal au dos, aux fesses et aux coudes, mais les jambes tournaient toujours.
Après toutes ces deuxièmes places, aviez-vous fini par penser que vous ne gagneriez jamais d'étape?
S.C. : Bien sûr, on y pense. C'est pour ça aussi que dans le final, je ne voulais pas attendre le sprint. Je ne voulais pas finir deuxième. Alors j'ai pris des risques. Je ne suis pas arrivé tout seul, c'est vrai. Mais la motivation était plus forte, je voulais absolument gagner et ça a fait la différence.
Ce style offensif n'est-il pas finalement celui qui vous convient le mieux?
S.C. : Oui, c'est ma façon de courir. J'avais pensé au classement général, mais en fait j'aime attaquer, j'aime courir dans les échappées. Je me fais beaucoup plus plaisir comme ça. Rester dans les roues, c'est frustrant.
Le classement général, c'est fini?
S.C. : Après mon bon Tour d'Italie l'année dernière, je pensais jouer le général sur le Tour. Comme ça fait plusieurs Tours de France que je galère en montagne, que j'ai des difficultés à passer avec les meilleurs, je crois que pour les prochaines éditions, je continuerai dans ce sens là, en attaquant.














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