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Cyclisme > Tour de France

Contador: "Je suis clair"


Par Eurosport
Par Eurosport - Le 27/07/2007 à 10:30
Alberto Contador a endossé pour la première fois de sa carrière le maillot jaune, jeudi soir à l'issue de la 17e étape. Une prise de pouvoir dans des circonstances particulières. Les soupçons qui pesaient sur Michael Rasmussen se sont déplacés sur l'Espag

"C'est étrange de porter le maillot jaune dans ces circonstances". Drôle de prise de pouvoir, effectivement. Alberto Contador a assouvi un rêve de gosse jeudi à Castelsarrasin. Mais pas comme il l'avait imaginé. Sur le podium, au terme de la 17e étape, l'Espagnol a goûté, pour la première fois, aux honneurs du maillot jaune. Peut-être le premier d'une longue série. Pas le plus facile à assumer, vu le contexte. Si le Madrilène récupère le paletot, c'est par défaut, après la mise à l'écart de Michael Rasmussen. Il hérite du pouvoir, et des problèmes qui vont avec. C'est désormais sur lui que vont se focaliser les soupçons. C'est triste, peut-être injuste, mais inévitable.

Patrice Clerc n'a pas dit autre chose jeudi matin lors de la conférence de presse tenue en compagnie de Christian Prudhomme. "Malheureusement, il n'y a plus de présomption d'innocence dans notre sport, mais presque une présomption de culpabilité. C'est donc à chacun de prouver qu'il est irréprochable", a rappelé le patron d'ASO. Cette charge incombe à Contador encore plus qu'aux autres depuis quelques heures, car ces dernières années, de Bjarne Riis à Michael Rasmussen en passant par Floyd Landis, le maillot jaune, étoffe sacrée du Tour de France, a été copieusement souillé.

"Si je n'étais pas propre, je ne serais pas là"

Alberto Contador ne l'ignore sans doute pas. En se présentant devant les journalistes, drapé dans sa belle tunique et sa vertu, il a opéré une première mise au point. "Oui, je suis propre", a-t-il assené, avant d'ajouter une phrase presque surréaliste: "Si je n'étais pas propre, je ne serais pas là". C'est bien connu. La perspective de le voir en vainqueur à Paris dimanche, hypothèse hautement crédible, fait pourtant encore grincer quelques dents. A tort ou à raison. Toujours cette fameuse présomption de culpabilité.

Dans le cas de Contador, le soupçon repose sur son éventuelle connexion avec l'affaire Puerto. Cité l'an dernier dans le dossier alors qu'il courait chez Liberty Seguros, il avait été mis hors de cause par la suite. "D'après nos informations, le nom de Contador est apparu dans le dossier. Mais dès le lendemain, il a été disculpé. Il n'y a eu que des conversations téléphoniques à propos de courses. Rien montrant que Contador a été lié à Fuentes ", a souligné Patrice Clerc. N'empêche, le nouveau leader du Tour a dû revenir sur cet épisode jeudi. "J'ai toujours été présent à tous les contrôles, en course et hors compétition et je n'ai aucune connexion avec l'affaire Puerto. Je me suis juste trouvé dans la mauvaise équipe au mauvais moment", plaide-t-il.

Le cadeau devenu fardeau

Il a également nié catégoriquement tout lien avec le sulfureux italien Michele Ferrari, le préparateur physique d'Alexandre Vinokourov. "Je n'ai jamais rencontré Ferrari, je n'ai jamais échangé un mot avec lui, et je ne travaille pas avec lui, mes médecins sont les médecins de l'équipe et je ne travaille qu'avec eux ". Pour un peu, on plaindrait presque Alberto Contador. Ce maillot jaune, le plus beaux des cadeaux, est aussi aujourd'hui le plus lourd des fardeaux.

Même si la jeune vedette de l'équipe Discovery Channel est réellement 100% clean, elle devra malgré tout apprendre à vivre avec ce regard soupçonneux en permanence. L'espace d'une question, d'une réponse, Alberto Contador a tout de même réussi à témoigner, simplement, de son bonheur. "Il y a trois ans, a-t-il rappelé, je me demandais si j'allais survivre, j'avais un problème au plan cérébral. Et maintenant, je suis parvenu à l'apogée de ce qui se fait dans le cyclisme." Même si, aux yeux de beaucoup, son éventuelle victoire souffrira d'un terrible déficit de crédibilité.

 
 
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