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Parce que c'était la plus dure, c'est peut-être la plus belle de Froome

Parce que c'était la plus dure, c'est peut-être la plus belle de Froome

Le 22/07/2017 à 21:20Mis à jour Le 22/07/2017 à 21:26

Moins dominateur que lors de ses précédentes victoires, Chris Froome s'apprête néanmoins à être couronné pour la 4e fois dimanche. Et c'est justement parce qu'il a été plus dur à acquérir que le Britannique savoure ce nouveau succès d'une manière toute particulière.

Chris Froome est heureux. Classique, chez lui, à l'heure d'arriver à Paris. Depuis 2013, chaque fois qu'il est allé au bout du Tour de France, le Britannique l'a gagné. Mais cette fois, la joie se teinte d'un certain soulagement. Et ça, c'est nouveau. "Jusqu'à aujourd'hui (samedi), je n'ai jamais été sûr de la victoire. Samedi matin, je ressentais beaucoup de pression, il y avait beaucoup de stress", a-t-il avoué après avoir pris la troisième place du contre-la-montre marseillais, pour enfin verrouiller son quatrième maillot jaune.

Heureusement pour lui, samedi, il n'est pas passé au travers, comme Romain Bardet, et a su éviter des frayeurs majeures, comme Rigoberto Uran, proche de la chute dans le dernier kilomètre après avoir mal négocié un virage. Froome, lui, a fait un sans-faute. "Je n'étais pas dans un mauvais jour, heureusement, et les jambes ont bien tourné", souffle le patron de la Sky. Mais il a vraiment attendu le dernier moment pour sceller son succès. D'ailleurs, il avoue que son meilleur moment du Tour restera "l'entrée dans le stade Vélodrome, avec Romain Bardet en point de mire."

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Brailsford : "Chris pensait avant le départ que ce serait son Tour le plus difficile, les faits lui ont donné raison"

Si le chrono phocéen a donné une autre ampleur à sa victoire, en repoussant son dauphin à près d'une minute, Froome a géré ce Tour plus qu'il ne l'a dominé. "C'était le Tour le plus compliqué à gagner, a-t-il estimé. Moins de trente secondes entre les trois favoris à la veille de l'arrivée, c'est rare. Je ne sais pas si c'est mon Tour le plus difficile, car on souffre à chaque fois sur le Tour. Mais c'est sans conteste le plus serré."

A vrai dire, cela n'a pas été une surprise pour lui. "Chris pensait avant le départ que ce serait son Tour le plus difficile à gagner, et les faits lui ont donné raison, a confié Dave Brailsford, le manager de l'équipe Sky, sur Sky Sports. Sans aucun doute, ça a été les trois semaines les plus longues de sa carrière. Même si nous avons eu le maillot jaune dès le premier jour avec Geraint Thomas, et si Chris l'a pris assez vite, nous n'avons jamais été tranquilles." Si Froome ne s'attendait pas à une promenade, c'est sans doute parce qu'il avait été moins conquérant que les années précédentes en amont du Tour. D'ailleurs, à l'heure qu'il est, il ne compte toujours pas la moindre victoire en 2017...

Cette fois, il n'y a donc pas eu de coup de force du type Ventoux 2013 ou La Pierre-Saint-Martin 2015, ni même un coup d'audace comparable à celui de la descente de Peyresourde en 2016. Non, Froome a surtout capitalisé sur les gains du chrono inaugural de Düsseldorf, avant d'évoluer en expert-comptable, guettant les dividendes probables du contre-la-montre marseillais. "Conservatrice mais efficace", a-t-il résumé samedi à propos de la manière utilisée pour conquérir cette nouvelle victoire.

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Et s'il avait gagné le Tour à Peyragudes... en ne le perdant pas ?

Sa grande force aura aussi été de ne pas perdre le Tour quand il aurait pu lui glisser entre les pédales. Comme à Peyragudes. Là, sur la terrible rampe finale, il a abandonné une vingtaine de secondes à Romain Bardet en l'espace de 300 mètres. Heureusement pour lui, ses rivaux n'eurent pas l'idée de l'attaquer plus tôt. Quelques hectomètres plus tôt auraient pu tout changer, si l'on en croit l'aveu du maillot jaune :

J'ai souffert quand j'ai perdu une vingtaine de secondes à Peyragudes, je suis content que cela n'ait pas été pire que ça. Normalement, on perd des minutes quand on connaît une mauvaise journée en montagne. Si je suis parfaitement honnête, je dois reconnaître que je me suis mal ravitaillé sur cette étape. Je me suis mis dans le rouge, je n'avais pas assez d'essence dans le réservoir.

De par son passé récent sur le Tour, Chris Froome inspire une forme de crainte. On ne l'attaque qu'avec des certitudes majeures. A Peyragudes, le poids du palmarès du Britannique en a peut-être effrayé certains. Le Froome triple vainqueur du Tour a en l'espèce rendu un fier coup de main au Christopher 2017, moins rayonnant que ses prédécesseurs.

Mais à l'évidence, il a aimé cette manière de lutter. "Pour moi, dit-il, c'est un grand tour dans le sens où il a fallu être efficace, prévoyant, pendant trois semaines. La différence ne s'est pas faite sur une étape et c'est beau aussi comme ça. Mais chaque année, c'est de plus en plus difficile." Ça promet pour l'an prochain...

Chris Froome en jaune au Vélodrome

Chris Froome en jaune au VélodromeGetty Images

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